Arte Magazine n°7 8 fév 2020
Arte Magazine n°7 8 fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de 8 fév 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Goulag, une histoire soviétique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°7. LE PROGRAMME DU 8 AU 14 FÉVRIER 2020 6 Dans un saisissant triptyque documentaire, le réalisateur Patrick Rotman, témoignages et images d’archives exceptionnels à l’appui, dissèque la mécanique du Goulag, l’un des systèmes répressifs les plus implacables du XX e siècle. Mardi 11 février à 20.50 Série documentaire Goulag, une histoire soviétique (1-3) Lire page 18 4/2 10/4 arteEDITioNs Le livre Goulag – Une histoire soviétique, de Nicolas Werth, François Aymé et Patrick Rotman, est paru en novembre 2019, en coédition avec le Seuil. Patrick Rotman Goulag, mémoire vive Quels éclairages nouveaux apporte ce documentaire sur l’histoire du Goulag et de ses camps ? Patrick Rotman  : Notre ambition était de raconter une histoire globale de ce système concentrationnaire, de sa naissance à son déclin, là où les rares films existants en livrent une vision partielle. Nous voulions aussi raconter sa mise en place, avant même que le terme de «Goulag» ne fasse son apparition. Contrairement à une idée reçue, le système des camps ne naît pas avec Staline mais immédiatement après la révolution de 1917, dont il est directement issu. Cette histoire, dites-vous, reste largement méconnue... Les gens connaissent l’existence des camps du Goulag mais ils en mesurent rarement l’ampleur, à la fois dans la durée, puisqu’ils ont subsisté pendant plus de quarante ans, mais aussi d’un point de vue numérique. Si, outre les camps, on prend aussi en compte les villages de peuplement, où ont été déportées des populations entières de Polonais ou de Tchétchènes, entre autres, on estime à 40 millions le nombre de personnes concernées, dont 4 millions à 5 millions sont mortes, le tout sur un territoire immense s’étendant sur 10 000 à 12 000 kilomètres, d’est en ouest. Au-delà des camps, nous voulions raconter la démesure de ce système répressif, sans doute le plus perfectionné, vaste et dément de l’histoire. On ignore également que le Goulag a été un instrument économique essentiel... Sa naissance en tant que système organisé correspond au moment où Staline lance le premier plan quinquennal et l’industrialisation à marche forcée du pays, dans les années 1930. Les zeks, comme on appelle les détenus des camps, constituent une main-d’œuvre réduite à l’esclavage, gratuite et inépuisable, qui réalise, au prix de souffrances atroces, les grands travaux du communisme dont s’enorgueillit le régime  : canaux pharaoniques, immenses complexes... Le système concentrationnaire restet-il aujourd’hui tabou en Russie ? C’est une chape de plomb. Nicolas Werth, historien spécialiste de l’Union soviétique et coauteur du documentaire, a d’ailleurs été expulsé par le FSB, héritier du KGB, quand il s’est rendu à Moscou pour prendre des premiers contacts, il y a deux ans. On peut penser que le passé d’agent du KGB de Vladimir Poutine est pour quelque chose dans cette amnésie collective. Mais plus profondément, il existe une forme de nostalgie pour cette période où Staline défiait le monde et où l’Union soviétique dominait la moitié de la planète. Pour autant, les camps du Goulag sont dans toutes les têtes en Russie. Tout le monde connaît quelqu’un dont un parent a été déporté ou fusillé. Cela finira par s’exprimer sous une forme ou sous une autre, mais sans l’aide du régime russe. Propos recueillis par Laetitia Moller En partenariat avec MMCU Historia TOMASZ KIZNY/JEROME PANCONI
HAMID SARDAR-AFKHAMI Ethnographe et cinéaste spécialiste de la Mongolie, Hamid Sardar signe avec Le cavalier mongol un documentaire aux images somptueuses mettant en scène un dompteur de chevaux aux prises avec d’impitoyables bandits. Entretien. Samedi 8 février à 20.50 Documentaire Le cavalier mongol Lire page 11 1/2 7/4 Hamid Sardar Épopée dans la taïga En quoi la Mongolie vous attire-t-elle ? Hamid Sardar  : Je suis amoureux de cette culture nomade, l’une des dernières de la planète. Elle me permet de réfléchir à ce que nous, Occidentaux, avons perdu en devenant sédentaires et urbains, en nous entourant de murs et de clôtures. J’essaie de témoigner de cette culture avant qu’elle ne disparaisse. Ce mode de vie héroïque imprégné de sagesse et de légendes face à une nature somptueuse mais brutale mérite à mon sens d’être filmé en employant les moyens du cinéma. J’ai voulu mettre en scène une épopée humaine afin de nous permettre de rêver, de nous identifier à ces bergers, chamans et chasseurs, et de nous donner envie de protéger cette culture et cette nature. Pourquoi avoir choisi le cavalier Shukhert comme personnage principal ? Parce que c’est à la fois un héros et un antihéros, un peu justicier et un peu voleur de chevaux. Lorsque je l’ai rencontré sur le tournage d’un précédent film, j’ai remarqué qu’il possédait des talents incroyables, un cran au-dessus de ceux des autres. Il parvient à dompter les chevaux les plus sauvages sans jamais montrer sa peur et en usant de douceur. Ce mélange unique incite des chevaux qui d’ordinaire ne se laissent jamais monter à lui faire confiance. Il nous a fallu nous adapter à sa grande mobilité, notamment lorsqu’il part à la poursuite des bandits qui ont dérobé ses bêtes dans la montagne. Quand la jeep et la camionnette chargées de matériel ne pouvaient plus passer, nous étions à cheval et je tenais la caméra. Malgré ce dispositif léger, le tournage s’est avéré difficile, car Shukhert disparaissait parfois plusieurs jours pour chercher ses montures. Votre film dévoile aussi l’évolution de la culture du banditisme et, à travers elle, la manière dont la société mongole se transforme… En effet. Auparavant, les chevaux sauvages suscitaient des rivalités tribales et revêtaient un caractère sacré. Aujourd’hui, ces animaux attisent la convoitise d’un nouveau type de bandits qui n’a aucune admiration pour eux. Ils les abattent et ils vendent leur viande, très appréciée par les Mongols mais aussi les Russes et les Chinois. Devenu un enjeu purement commercial, sous l’effet de l’économie de marché, le cheval est en train de perdre sa dimension quasi totémique. Propos recueillis par Laure Naimski 7ARTE MAG N°7. LE PROGRAMME DU 8 AU 14 FÉVRIER 2020



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