Arte Magazine n°7 12 fév 2000
Arte Magazine n°7 12 fév 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de 12 fév 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : L'amour mixte, une histoire d'amour en Amérique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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m ardi 15 février « Être noir, c’est un boulot stressant ». (Bill Sims) American Way of En se fondant sur un millier d’heures de tournage couvrant une période d’un an et demi vécue auprès de la famille Sims, Jennifer Fox crée ce qui est à ce jour le documentaire le plus exhaustif sur la vie privée d’une famille américaine. Une famille certes inhabituelle – même si beaucoup d’autres couples mixtes se sont formés depuis – mais qui demeure néanmoins typique de la classe moyenne, avec ses problèmes de couple et ses conflits de générations. Tout au long du film, des événements débordants d’intensité dramatique se succèdent : l’opération de Karen, la dépression et l’alcoolisme de Bill, la malaria de Cicily... « Au bout de trois mois passés auprès d’eux, j’ai réalisé que leurs vies ressemblaient à ce qu’on voyait dans les séries télévisées : un problème survenait, ils trouvaient une solution, puis ils passaient à autre chose. C’est cette perpétuelle succession de situations nouvelles qui m’a donné l’idée d’en faire une série documentaire », explique Jennifer Fox. Mais, même si elle utilise des techniques narratives propres à la fiction, la réalisatrice se refuse à verser dans le mélodrame. Il s’agit plutôt de dresser un portrait intime et authentique de la famille Par son ampleur (un an et demi de tournage, plus de mille heures de rushes…), Une histoire d’amour en Amérique est une série documentaire exceptionnelle. Et le regard de Jennifer Fox, admirable de pudeur et de sensibilité, donne au quotidien des Sims une dimension universelle. Sims. En posant sa caméra dans une proximité affectueuse, respectueuse, elle s’immisce par touches successives dans leur vie quotidienne, avec toujours le même souci rigoureux du témoignage. Et, peu à peu, ses images sans prétention gagnent en profondeur, grâce aux confidences en voix off recueillies lors d’entretiens intimes avec chaque membre de la famille. Les personnalités se dévoilent, les désarrois et les secrets se laissent sur-
Love prendre au détour d’une conversation anodine, l’amour qu’ils se portent s’affirme. De petits drames en grandes angoisses, Jennifer Fox invite ainsi le spectateur à vivre au rythme de leur vie, sachant parfois se retirer et laisser certains plans de côté. Préférant suggérer plutôt que démontrer, elle choisit de surprendre ce qu’il y a de remarquable dans l’ordinaire, ces petits gestes qui acquièrent, par la délicate insistance du regard, une valeur quasi métaphorique. Ainsi lors d’une brève scène de plage où Karen, assise dans un canot pneumatique, prend peur comme une enfant et veut revenir sur la terre ferme, ou lors de ces moments fréquents autour de la table familiale. Évitant ainsi les travers du kitsch et du mélodrame, Jennifer Fox parvient à reconstruire leur histoire comme une expérience unique. Bien sûr, cette expérience tire son originalité de la mixité – Une histoire d’amour en Amérique est avant tout une exploration exceptionnelle des relations entre les races –, mais cette particularité s’efface petit à petit pour laisser place à des questions qui, elles, nous concernent tous : comment élever ses enfants dans les années 90, assurer la continuité de son mariage, faire face aux conflits de génération, grandir dans une société multiethnique... Grâce à une complicité délicate et efficace avec les Sims, Jennifer Fox réussit au final une série pleine de finesse qui, pour peu qu’on s’y laisse prendre, offre une expérience intense, une chance unique de partager l’intimité d’une famille américaine. ■ Jennifer Fox Rédactrice et assistante de pro du c t i on pour le journal télévisé PM Magazine et pour plusieurs épisodes de Sesame Stre et, Jennifer Fox décide en 1980 de monter sa pro pre société de production. Elle réalise deux courts métrages, Pomello : One Day and a Boy (1980) et The First Illusion (1981). En 1987, elle réalise et écrit le documentaire Beyrut, the Last Home Movie, le portrait des derniers jours d’une famille aristocratique pendant la guerre du Liban. Le film obtient une dizaine de prix et une reconnaissance internationale. En 1989, elle passe un an et demi à filmer la tournée mondiale du lama tibétain Namkhai Norbu Rimpoche. Aujourd’hui, elle enseigne le cinéma à l’université de New York et vient de terminer le scénario d’un long métrage, The Cemetery Man. Jennifer Fox, productrice, réalisatrice et cadreuse, ici lors du tournage avec Jennifer Fleming, sa coproductrice et preneuse de son. Fax Le prix Ernst-Lubitsch à Rencontres nocturnes L’acteur Michael Gwisdek a remporté le prix Ernst-Lubitsch 2000, qui récompense son interprétation dans Rencontres nocturnes d’Andreas Dresen, coproduit par ARTE. Andreas Dresen avait déjà reçu l’Ours d’argent pour ce rôle lors de la Berlinale 1999. Le prix Ernst-Lubitsch sera attribué le 29 janvier, date anniversaire du grand réalisateur né à Berlin en 1892 et décédé à Hollywood en 1947. L’année dernière, le prix Ernst-Lubitsch avait récompensé Tom Tykwer pour son film Cours, Lola, cours !, une coproduction ARTE/WDR. L’audience d’ARTE continue à progresser Sur les huit premiers mois de l’année 1999, la part de marché moyenne de la chaîne s’est établi en France à 3,7% et en Allemagn à 0,7% (contre respectivement 3,3% et 0,6% en 1998). Chaque semaine, ARTE attire 9,4 millions de téléspectateurs français et 3,2 millions de téléspectateurs allemands sur au moins un de ses programmes. La chaîne a enregistré sa plus for progression en prime-time (20.45-22.30) avec en France 4,2% contre 3,5% en 1998 et 0,8% contre 0,7% outre-Rhin. Ainsi, en France, Ma vie en Rose d’Alain Berliner a rassemblé 2 millions de téléspectateurs (8% de part de marché) lundi 27 décembre ; Out of Africa de Sidney Pollack, diffusé dimanche 2 janvier dans la Thema « Karen Blixen », a séduit 2,6 million de téléspectateurs (15% de part de marché) et battu tous les records d’audience de la chaîne.



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