Arte Magazine n°6 5 fév 2000
Arte Magazine n°6 5 fév 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de 5 fév 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Comment vivrons-nour demain ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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jeudi 10 février Le rôle de Paul est tenu par Conrad Veidt, immense acteur de l’expressionnisme allemand (le Cabinet du docteur Caligari). A b err a t i on s La nature humaine se révèle sur ARTE ! Méconnus, bizarres ou scandaleux : honneur aux grands films malades. 23.55 Différent des autres (Anders als die anderen) Film de Richard Oswald (Allemagne, 1919-45mn) - Noir et blanc, muet Scénario : Richard Oswald et Magnus Hirschfeld Avec : Conrad Veidt (Paul Körner), Fritz Schulz (Kurt Sivers), Frank Bollek (Reinhold Schünzel), Magnus Hirschfeld Photographie : Max Fassbender Décors : Emil Linke Conseiller scientifique : Magnus Hirschfeld Production : Richard Oswald Film Produktion Musique (1999) : Bernd Schultheis, interprétée par l’ensemble Kontraste, dirigée par Frank Strobel Production (musique) : KirchMedia, en collaboration avec ZDF/ARTE Restauration (1998) : Musée du Cinéma de Munich en association avec KirchMedia ZDF Version restaurée Un jeune violoniste qui refoule son amour pour les garçons rencontre un sexologue qui prêche le droit à la « différence ». Le premier film traitant ouvertement de l’homosexualité, mêlant fiction et discours pédagogique. Paul Körner a eu une adolescence difficile et s’est fait renvoyer du lycée pour tendances homosexuelles. Évitant les garçons, il s’est alors totalement investi dans la musique, jusqu’à devenir un grand virtuose du violon. Un soir de carnaval, il fait la connaissance d’un jeune homme. Cette relation va permet t re à un maître chanteur de faire pression sur lui E n t re 1914 et 1938, Richard Oswald a réalisé en Allemagne des dizaines de films dont la plupart ont été censurés ou détruits. ARTE présente deux raretés dans leur version restaurée : D i ff é rent des autres, plaidoyer en faveur du droit à l’homosexualité, et le Doute p e r p é t u el, l’un de ses meilleurs m é l o d r a mes. en invoquant le fameux article 175 qui réprime durement l’homosexualité. Paul paie jusqu’à ce qu’il entende parler de Magnus Hirschfeld, le fameux sexologue berlinois et défenseur de la « diff é re n c e » … Le premier film homosexuel ? D i ff é rent des autre s fut le premier film traitant de l’homosexualité à être interdit dans l’h i s t o i re du cinéma. Les autorités allemandes de la censure précisent alors qu’il ne pourra être projeté « qu’à certaines catégories de personnes, à savoir les médecins et le personnel médical et paramédical dans le cadre d’établissements d’enseignement et d’instituts de re c h erc h e ». Il fut e ffectivement possible de le voir à l’Institut berlinois de sexologie créé par Magnus Hirschfeld (1868-1935), brillant sexologue et militant ardent de la cause homosexuelle sous la République de Weimar. Malgré la censure, il est resté des traces de ce film grâce à un documentaire tourné en 1927 par Hirschfeld dans lequel le sexologue avait intégré une version abrégée de D i ff é rent des autres. Ce passage, à nouveau coupé par la censure, fut maintenu par miracle dans une copie destinée à l’exportation en Ukraine ! Grâce aux fiches des autorités de censure, le musée du Cinéma de Munich est parvenu à remonter 45 minutes du film d’Oswald. Même si cette version ne représente qu’un quart du film d’origine, elle donne une idée de l’œuvre, de ses qualités artistiques et de son engagement politique. On s’en doute, la version d’Oswald était beaucoup plus subtile et complexe : elle se composait de scènes jouées et d’éléments semi-documentaires, le réalisateur n’hésitant pas à intégrer des extraits de conférences de Magnus Hirschfeld. Oswald qualifiait lui-même son film d’œuvre à vocation sociale et hygiénique : « La conférence est au cœur du film, mais autour d’elle c’est tout simplement l’histoire d’une vie personnelle qui se joue. »
00.45 Le doute perpétuel (Der Ewige Zweifel) Film de Richard Oswald (Allemagne, 1917/18-41mn) - Noir et blanc, muet Scénario : Ewald André Dupont Avec : Leonard Heskel (Max Thomas), Johanna Terwin, (Henriette), Arthur Wellin (Paul Brünner), Ernst Pittschau (Georg) Photographie : Max Fassbender Production : Richard Oswald Film GmbH Musique (1999) : Bernd Schultheis, interprétée par l’ensemble Kontraste, dirigée par Frank Strobel Production : KirchMedia en collaboration avec la ZDF/ARTE Restauration : Bundesarchiv/Filmarchiv ZDF Version restaurée Un homme apprend que sa femme a un amant et doute que son enfant soit de lui. Sur une histoire simple, Oswald construit un mélodrame d’une grande intensité. Un intérieur bourgeois à l’époque wilhelmienne. Dans le salon, un homme joue avec un enfant. Son épouse arrive et une scène de ménage commence. La femme p art re j o i n d re son amant. Mais, le soir même, son mari apprend l’existence de cette liaison. Il demande à sa femme de quitter la maison et lui annonce qu’il s’occupera de l’enfant. Elle lui annonce alors que l’enfant n’est peut-être pas de lui. L’homme est brisé, des années passent. Le bonheur des ret rouvailles avec son fils ne sera que de courte durée… Tragédie bourgeoise Après Différent des autres, le Doute perpétuel p ermet de découvrir une autre facette du talent de Richard Oswald. Il privilégie les sujets mélodramatiques, ancrés dans la banalité quotidienne. Il sait narrer avec des moyens très simples une histoire d’une grande intensité : l’action se déroule dans un nombre de lieux restreint, les textes des c artons sont laconiques et l’acteur sait c on f é rer une grande sensibilité aux moments de bonheur et de deuil. Le compositeur Bernd Schultheis a conçu pour cette version restaurée du film une musique très rigoureuse. Elle accompagne les différentes scènes en créant à la fois une présence forte et une distance, tout comme la l u m i è re qui les baigne. Ici la musique ne s ert en aucun cas à illustrer l’action, elle transforme l’intrigue en une parabole sur le destin. Richard Oswald (1880-1963) Né en 1880 à Vienne, Oswald est tour à tour acteur, dramaturge et metteur en scène de théâtre. En 1914, il réalise à Berlin son premier film, la Croix de fer, interdit pour « pacifisme ». Entre 1916 et 1921, il réalise et produit une série de mélodrames et d’œuvre s fantastiques. Surtout, il devient l’un des pionniers du cinéma dit de vulgarisation. Ses films traitent de l’homosexualité (D i ff é rent des autre s), de la pro s t i t u t i on (notamment dans la pre m i è re version du J o urnal d’une fille perd u e) et de divers sujets forts. Le succès ne vient cependant qu’avec les films parlants : le Capitaine de K ö p en i c k, D re y f u s et l’Année 1914. Le public réserve un excellent accueil à U n chant fait le tour du m on de, mais Oswald doit émigrer peu après. Après un périple à travers l’Europe, il e m b arque en 1938 pour les États-Unis, où il ne réussira pas à s’intégrer comme cinéaste. En 1957, la RFA le d é c o re, en même temps que Fritz Lang, de l’Ordre du mérite. Max Thomas (Leonard Heskel) doute de sa femme Henriette (Johanna Terwin).



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