Arte Magazine n°6 1er fév 2020
Arte Magazine n°6 1er fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de 1er fév 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : l'année Beethoven.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°6. LE PROGRAMME DU 1 ER AU 7 FÉVRIER 2020 8 La gent féminine, à commencer par son épouse Alma, joua un rôle fondamental dans l’œuvre du maître du suspense. Entretien avec Laurent Herbiet, réalisateur d’un portrait d’Alfred Hitchcock, vu par le prisme de cette influence. L’ombre des femmes Dimanche 2 février à 22.50 Documentaire Dans l’ombre d’Hitchcock Alma et Hitch Lire page 14 26/1 1/4 Laurent Herbiet Pourquoi avoir choisi d’évoquer l’œuvre d’Hitchcock à travers sa relation avec son épouse Alma Reville ? Laurent Herbiet  : J’avais lu une remarquable biographie d’Alfred Hitchcock écrite par Patrick McGilligan *, à qui j’ai proposé d’être le coauteur du documentaire. Le rôle d’Alma Reville y était mis en exergue de belle manière. Hitchcock lui-même n’a cessé de répéter que, sans sa femme, ses films n’auraient pas existé. Elle a fortement contribué à nombre de ses chefs-d’œuvre, quand elle ne les a pas directement écrits. Ce n’était pas une muse, mais une technicienne chevronnée, une monteuse et une scénariste en vue au début de leur carrière commune en Angleterre. À une autre époque, elle serait probablement devenue une grande réalisatrice. Alma est toujours restée la première spectatrice d’Hitchcock, celle dont l’opinion comptait le plus. Votre film s’ouvre avec Grace Kelly, l’actrice fétiche d’Hitchcock… Hitchcock s’est beaucoup plaint de ne plus pouvoir travailler avec Grace Kelly, avec laquelle il s’entendait à merveille. Elle était réceptive à son humour un peu particulier, à ses blagues parfois salaces. Patrick McGilligan l’explique aussi par le fait que Grace Kelly, tout comme Hitchcock, avait grandi dans la religion catholique, alors que des comédiennes comme Kim Novak ou Tippi Hedren venaient d’un tout autre milieu. Le cinéaste avait hérité de son enfance londonienne cet humour cockney, à la fois très anglais et graveleux, ainsi que le souvenir d’une éducation rigoureuse chez les jésuites, deux éléments qui influencèrent beaucoup ses films. On note par ailleurs dans les archives qu’Hitchcock se montrait parfois immature avec les femmes sur les plateaux de tournage, défaillance qu’Alma devait sans doute juguler. Vous revenez aussi sur l’emprise exercée par le cinéaste sur Tippi Hedren. Il était important, dans le contexte actuel, d’évoquer la polémique sur ses relations avec Tippi Hedren lors du tournage des Oiseaux et de Pas de printemps pour Marnie, et de la resituer dans son époque. Il s’agit d’un créateur qui tombe amoureux de sa créature  : « Il a créé une Tippi Hedren qui n’était pas moi », a affirmé l’actrice. De plus, comme le rappelle la scénariste de Marnie, Jay Presson Allen, Hitchcock était las des comédiens réclamant motivations et explications. Il voulait une star à lui. Son attitude n’en est pas moins inacceptable. Tippi Hedren a su faire la différence entre l’homme et l’œuvre avec beaucoup d’intelligence et était présente à son enterrement. Propos recueillis par Marie Gérard * Alfred Hitchcock – Une vie d’ombres et de lumière (Institut Lumière/Actes Sud, 2011). AF ARCHIVE/ALAMY STOCK PHOTO
ZDF/LETTERBOX FILMPRODUKTION/FABRIZIO MALTESE Dans la deuxième saison du thriller Bad Banks, avec Paula Beer, le vieux monde des banques se confronte, dans un duel sans merci, aux jeunes start-up de la finance. Entretien avec le créateur de la série, Oliver Kienle. Jeudi 6 février à 20.55 Série Bad Banks (1-3) Saison 2 Lire page 22 M 30/1 7/3 L’argent à mort Comment avez-vous conçu les enjeux de cette deuxième saison ? Oliver Kienle  : Dans la mesure où la première saison traitait d’une crise financière, la deuxième devait de nouveau mettre en scène un désastre. Cette fois, je l’ai voulu plus intimiste. Chaque personnage est ainsi confronté à des drames et vit en quelque sorte une « catastrophe émotionnelle ». Par ailleurs, la première saison évoquait les banques d’investissement à l’ancienne. Pour la suite, je devais trouver un sujet ancré dans l’industrie financière qui soit pertinent aujourd’hui, voire tourné vers le futur. C’est le cas avec les « fintech », ces start-up qui réinventent la finance à l’aide des nouvelles technologies. Un expert travaillant dans ce secteur m’a orienté sur le développement durable. Ce phénomène constitue la clé de la deuxième saison  : comment les fintech peuvent-elles trouver un équilibre entre profit et préservation de la planète ? Est-ce de la fiction ou bien ces enjeux sont-ils réellement connectés ? Le thème du développement durable s’avère crucial pour les fintech. De nombreux jeunes travaillent dans cette branche et ont une manière différente d’envisager leur futur et celui de la Terre. Il en va de même pour la nouvelle génération qui intègre l’industrie financière classique. La deuxième saison met aussi en scène ce combat entre les anciens et les modernes. Les vétérans de Global Invest à Francfort ne pensent pas plus loin que dans dix ans et cherchent la stabilité, tandis que les jeunes banquiers berlinois veulent changer les choses car ils ont conscience que le système actuel ne fonctionnera pas à long terme. Cela m’intéressait aussi de montrer le contraste entre Francfort et Berlin, deux villes aux antipodes l’une de l’autre. J’aimais l’idée que les banquiers de Francfort viennent dans la capitale, en pleine évolution, pour investir dans le développement durable à travers les fintech. Comment avez-vous fait évoluer le personnage principal de Jana, brillamment interprété par Paula Beer ? Le plus difficile a été de ne jamais essayer de la rendre aimable, mais de donner au public la chance de comprendre cette banquière avide de succès. Le fait qu’elle soit très jeune implique qu’elle puisse encore changer et devenir meilleure, à condition de faire les bonnes rencontres. Le thème central de cette deuxième saison réside dans la manière dont Jana va réussir à évoluer dans une société elle-même en mutation. Propos recueillis par Laure Naimski ARTE MAG N°6. LE PROGRAMME DU 1 ER AU 7 FÉVRIER 2020 9



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