Arte Magazine n°53 26 déc 2020
Arte Magazine n°53 26 déc 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°53 de 26 déc 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Frank Capra, le magicien d'Hollywood.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
ARTE MAG N°53. LE PROGRAMME DU 26 DÉCEMBRE 2020 AU 1 ER JANVIER 2021 6 Ella Confidential Un beau documentaire retrace le parcours et les luttes d’Ella Fitzgerald, jeune femme noire et pauvre devenue « the First Lady of Song » et géniale interprète du jazz. Mercredi 30 décembre à 22.45 Documentaire Ella Fitzgerald Just One of Those Things 23/12/2020 12/2/2021 Suivi du concert Ella Fitzgerald Live at Montreux Jazz Festival 1975 Lire page 17 23/12/2020 27/2/2021 Remarquée en 1935 lors d’un concours amateur à Harlem par le batteur en vogue Chick Webb, Ella Fitzgerald intègre son big band comme chanteuse à l’âge de 18 ans, avant d’être bientôt sacrée « reine du swing » avec des titres comme « A-Tisket, a-Tasket », en tête des hits en 1938. Mais ce n’est qu’à la fin de la guerre que son style incomparable va s’affirmer, quand la révolution du be-bop permet à cette improvisatrice de génie de s’épanouir dans le jazz vocal, aux côtés des plus grands, tels Dizzy Gillespie, dont elle épouse le contrebassiste Ray Brown, ou Louis Armstrong, son alter ego dans la pratique du scat et de ses onomatopées. Cette autodidacte d’une inventivité folle impressionne un public enthousiaste lors de concerts inoubliables. Au tournant des fifties, sa carrière prend une ampleur internationale sous l’égide de son nouveau producteur, Norman Granz, fondateur du label Verve. Avec lui, Ella Fitzgerald, grande interprète de romances et de ballades, va donner ses lettres de noblesse aux standards de Broadway, les huit Song Books qu’elle enregistre entre 1956 et 1964 hissant les répertoires de Cole Porter, d’Irving Berlin, de George Gershwin ou de Duke Ellington au rang de classiques de la musique américaine. COMBAT CONTRE LE RACISME La première Afro-Américaine à remporter un Grammy Award (en 1958) partage avec son producteur la volonté de briser la barrière de la couleur, lors des fameux concerts du JATP (Jazz at the Philharmonic), et de New York jusqu’aux salles du Sud ségrégationniste, où elle subit des affronts. Dans l’ouest du pays aussi, les grands clubs lui ferment leurs portes, craignant d’offusquer leur clientèle blanche en programmant une artiste noire. La star Marilyn Monroe use alors de son influence pour que sa chanteuse favorite se produise au très sélect club Mocambo de Los Angeles en 1955. D’un concert de soutien au Carnegie Hall en 1961 pour Martin Luther King, à la mort duquel elle compose la chanson « It’s Up to Me and You », à des poursuites engagées − avec succès ! – contre une compagnie aérienne, Ella Fitzgerald a lutté toute sa carrière contre les discriminations raciales. En 1963, après trois années passées au Danemark, où elle vit une discrète histoire d’amour, la reine du jazz, d’ordinaire si réservée, fait part au cours d’un entretien à la radio, diffusé pour la première fois dans le documentaire Ella Fitzgerald − Just One of Those Things, de son incompréhension et de sa révolte face au racisme dans son pays natal. « Je m’exprime mieux quand je chante », avait coutume de dire cette artiste d’exception qui se produisit inlassablement jusque dans les années 1980, sacrifiant sa vie privée à son art et à son public, avant de disparaître il y a bientôt vingt-cinq ans, le 15 juin 1996. Marie Gérard HERMAN LEONARD PHOTOGRAPHY, LLC
IMPERIAL WAR MUSEUM Chantre d’une Amérique de conte de fées, Frank Capra a forgé son œuvre au feu d’un idéalisme immédiatement reconnaissable. Retour sur l’homme derrière l’artiste, avec Dimitri Kourtchine, réalisateur d’un documentaire sur le petit immigré italien devenu roi d’Hollywood. Frank Capra La vie réelle Dimitri Kourtchine Mardi 29 décembre à 20.50 Film La vie est belle Suivi du documentaire Frank Capra Il était une fois l’Amérique Lire page 15 I 22/12/2020 26/2/2021 Quel est, selon vous, l’aspect le plus fondamental du cinéma de Frank Capra ? Dimitri Kourtchine  : Une concordance de thématiques. Son optimisme forcené, sa volonté de parler des classes populaires et sa foi inébranlable dans le système américain le poussent à se tourner vers le conte de fées social. Mais l’idée de mon documentaire était de rappeler que Capra est avant tout un très grand réalisateur et technicien, qui a réussi à faire des films résolument modernes et qui a participé à l’élaboration du langage cinématographique tel qu’on le connaît aujourd’hui. Ce qui me touche personnellement dans son œuvre, c’est sa capacité à passer en une seconde du rire aux larmes. J’ai revu La vie est belle dix ou quinze fois pour le documentaire, et il a réussi à me faire pleurer à chaque fois ! Capra est d’une efficacité incomparable, je ne sais pas qui d’autre est capable de faire ça. En mettant son talent et son art au service de l’Amérique, comment Capra s’est-il situé face au pouvoir ? Le problème de Capra est qu’il est très ambigu, ayant dit tout et son contraire. Il ne s’est jamais caché d’être un républicain convaincu, tout en affirmant que la politique ne l’intéressait pas plus que ça. On ressent dans tous ses films un sentiment anti-élite, un peu populiste, antigouvernement, qu’il présentait souvent comme corrompu, par exemple dans Mr Smith au Sénat, où seul l’individu peut renverser l’ordre des choses par son honnêteté et sa simplicité. Sa vision de l’Amérique se résumait à l’individu, mais le peuple en tant que foule lui faisait peur. Ce qu’il lui fallait, c’était une petite communauté, où pouvaient se créer des collectifs. Peut-on dire, en parlant de Capra, « le style c’est l’homme » ? Ce serait plutôt l’inverse en réalité ! Frank Capra a essayé de faire correspondre sa vie aux personnages qu’il imaginait dans ses films. Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’a cessé d’inventer des héros archétypaux qu’on a envie d’aimer, invariablement positifs, toujours innocents, alors que lui-même était très torturé, traversé par des tensions et notoirement dépressif à plusieurs moments de sa vie... Il s’est beaucoup raconté dans ses films, mais en imaginant des reflets inversés de lui-même. Au-delà de la simplicité apparente de son œuvre, et de son autobiographie romancée, Capra était un homme plein de paradoxes. Propos recueillis par Augustin Faure 7ARTE MAG N°53. LE PROGRAMME DU 26 DÉCEMBRE 2020 AU 1ER JANVIER 2021



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :