Arte Magazine n°51 12 déc 2020
Arte Magazine n°51 12 déc 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°51 de 12 déc 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : la cité qui voulait devenir éternelle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°51. LE PROGRAMME DU 12 AU 18 DÉCEMBRE 2020 8 Mardi 15 décembre à 20.50 Documentaire Drôle de guerre Lire page 18 I 8/12 4/12/2022 Cédric Gruat L’absurde attente En quoi la « drôle de guerre » vous a-t-elle particulièrement intéressé ? Cédric Gruat  : Après avoir réalisé pour ARTE Le temps du retour, qui traitait de la fin de la Seconde Guerre mondiale, il était intéressant de travailler sur l’ouverture du conflit, autre moment charnière de l’époque. La période 1939-1940 a été assez peu explorée et souvent à travers le prisme de la défaite, biaisant ainsi notre regard. Je suis au contraire parti du postulat qu’en septembre 1939, lorsque la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne, rien n’est joué, tout est possible, et que la défaite française n’est pas déjà écrite. Comment avez-vous abordé la question des archives ? Je me suis appuyé sur les travaux de l’historien Fabrice Grenard *, qui a notamment étudié le « fonds de Moscou », un important ensemble d’archives saisies en 1945 en Allemagne par les Soviétiques et restituées à la France entre 1994 et 2001. Elles montrent sous un jour nouveau l’opinion publique au moment de l’entrée en guerre, et révèlent que les Français font confiance à la stratégie militaire adoptée. Le retrait derrière la ligne Maginot est bien compris et accepté, dans la mesure où la France n’est pas encore prête à combattre. Quelles autres archives avez-vous utilisées ? J’ai tenu à mettre en lumière les points de vue des deux camps pour expliquer comment cette stratégie, Si l’on présente souvent la « drôle de guerre » (1939-1940) comme le prélude à une victoire inéluctable de l’Allemagne nazie sur les Alliés, rien ne fut joué d’avance, souligne le réalisateur Cédric Gruat dans un documentaire riche d’archives passionnantes. Entretien. cohérente au départ, s’est progressivement avérée mauvaise. J’ai donc collecté des images françaises, britanniques et allemandes, essentiellement tournées par les armées, ainsi que d’autres archives assez rares, provenant de films amateurs, pour insuffler de la vie au récit. Très émouvantes, certaines lettres de soldats qui ont passé le filtre de la censure montrent aussi combien l’attente qui perdure finit par paraître absurde. Quelles sont les grandes étapes de la « drôle de guerre » ? À la fin de l’été 1939, à la déclaration de guerre, la confiance prime tant du côté français que du côté anglais. Elle commence à s’effilocher avec l’automne. Le doute s’installe. Les Français se demandent combien de temps la guerre va durer et pourquoi l’armée n’attaque pas. Chez les soldats, l’ennui cède le pas à la dépression au cours d’un hiver très rigoureux. La propagande allemande contribue à saper le moral des troupes. Au printemps, tout s’accélère. En avril, l’Allemagne attaque le Danemark et la Norvège. Les Alliés ripostent, marquant la fin de la « drôle de guerre » quelques jours avant l’offensive d’Hitler à l’ouest et la débâcle en France. Propos recueillis par Laure Naimski * Auteur notamment de La drôle de guerre – L’entrée en guerre des Français (Éditions Belin, 2015). ECPAD
DE LA PRODUCTION DU DOC De péplums en westerns, Yul Brynner a érotisé la boule à zéro au cinéma. Benoît Gautier et Jean- Frédéric Thibault retracent dans un portrait documentaire le flamboyant destin de l’acteur star. Dimanche 13 décembre à 18.00 Documentaire Les mille et une vies de Yul Brynner 6/12 9/1/2021 à 20.55 Film Les sept mercenaires Lire pages 14 et 15 Yul Brynner L’âme nomade À l’aube des années 1970, les babyboomers, à peine sevrés en France de Nounours dans Bonne nuit les petits, découvrent dans la série Anna et le roi une figure paternelle autrement plus sexualisée avec Yul Brynner, (bon) génie comme surgi d’une lanterne magique. L’acteur y incarne Mongkut, monarque sensible du Siam aux irrésistibles colères, qui s’initie aux valeurs occidentales par l’entremise de la gouvernante anglaise de sa pléthorique progéniture. Ce rôle fétiche, que Yul Brynner ne cessera de jouer à Broadway au fil de 4 633 représentations, lui vaut même un Oscar, en 1957, avec la comédie musicale Le roi et moi. Lèvres ourlées et regard de braise piqué d’une lueur de malice, le crâne rasé le plus érotique d’Hollywood s’amusera de son abonnement aux héros exotiques, du Ramsès II des Dix commandements de Cecil B. DeMille à Taras Bulba en passant par Salomon et la reine de Saba. Car si la star, au charisme plus marquant que la carrière, s’offre avec le vétéran des Sept mercenaires de John Sturges un rôle à sa mesure, après le rachat des droits des Sept samouraïs de Kurosawa, le cinéma ne représente qu’une étape dans la trajectoire de ce nomade ensorceleur de cœurs – Marlene Dietrich, Judy Garland, Joan Crawford et quatre épouses... SALTIMBANQUE POLYGLOTTE Jouant du mystère de ses origines comme d’une arme de séduction massive, le sex-symbol laisse, avec une impériale désinvolture, le soin aux autres d’écrire sa légende, une cargaison d’aventures enfouies dans ses bagages depuis Vladivostok, où il a vu le jour en 1920. Digne héritier d’un grand-père pirate (fils de médecin), devenu négociant en épices et soies chinoises, il a ainsi traversé le monde d’est en ouest à un train d’enfer. Né d’une mère artiste tsigane et d’un père helvéto-slave déserteur de foyer, Juli Borissovitch Bryner s’exile à l’adolescence à Paris, baladant sa guitare et son charme ravageur dans les cabarets russes en vogue des années 1930. Puis, converti par défi au trapèze par des amis circassiens, le saltimbanque polyglotte (il parlait onze langues, dont le russe, le japonais et un merveilleux français) s’envole dans les airs du cirque d’Hiver jusqu’à une chute qui le cloue sept mois durant dans un plâtre, avant la résurrection, miraculeuse, et un passage par le Théâtre des Mathurins. À 22 ans, en plein conflit mondial, il embarque sur un transatlantique pour New York, à la conquête du Nouveau Monde, qui lui ouvre les portes des studios du petit écran, avant son sacre par le grand. Mais Yul Brynner préférera bientôt sillonner la planète pour l’ONU afin de venir en aide aux réfugiés, jusqu’à sa mort en 1985. Même ses cendres, d’abord inhumées dans son manoir normand, voyageront jusqu’à l’abbaye royale Saint-Michel de Bois-Aubry, en Touraine. Ornée d’une simple croix orthodoxe, sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage pour les Tsiganes, qui voient en lui un demi-dieu. Sylvie Dauvillier ARTE MAG N°51. LE PROGRAMME DU 12 AU 18 DÉCEMBRE 2020 9



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