Arte Magazine n°50 5 déc 2020
Arte Magazine n°50 5 déc 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de 5 déc 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : les nuits magnétiques de la lucarne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°50. LE PROGRAMME DU 5 AU 11 DÉCEMBRE 2020 6 Paroles dégoupillées Dans la cadre des nuits de «La lucarne», rendezvous dédié aux écritures documentaires singulières, ARTE diffuse Headshot, où Antonia Buresi et Lola Quivoron captent la révolte de jeunes Européens participant à une performance théâtrale. Une parole émancipée et jouissive. Antonia Buresi et Lola Quivoron Lundi 7 décembre à 0.35 Documentaire Headshot Roulette russe Lire page 17 30/11 4/2/2021 1 En quoi cette performance théâtrale a-t-elle pu vous donner matière à documentaire ? Antonia Buresi  : En tant qu’actrice et performeuse, je travaille depuis dix ans avec Ana Borralho et João Galante, les deux créateurs de Gâchette du bonheur, une performance sur la prise de parole de jeunes âgés de 18 à 23 ans. J’ai participé à la conception de son dispositif dramaturgique. Quand la réalisatrice Lola Quivoron est venue assister aux premières répétitions avec des jeunes de la commune de Vieux-Condé, dans la banlieue de Valenciennes, elle a été frappée par leur engagement, la façon dont ils et elles prenaient d’assaut l’espace scénique. Le désir d’en faire un film est né à cet endroit. De quelle manière avez-vous travaillé pour saisir Gâchette du bonheur ? Lola Quivoron  : En filmant la danse ou le théâtre, le danger est de tomber dans la captation. L’enjeu consistait donc à nous infiltrer dans le processus du travail théâtral pour saisir la nécessité de ces jeunes à faire exploser la parole, et à s’en emparer comme d’une arme. Pour nous démarquer de la scène, nous avons choisi d’observer en gros plan, de scruter les visages, avec cette grande proximité que permet la caméra. Ce point de vue découpé construit un autre espace, plus abstrait, où dialoguent les histoires. En passant d’un pays à l’autre – l’Italie, l’Espagne, la France, l’Autriche et la Slovénie –, le film établit de nouveaux rapports entre les visages, les langues, crée des écoutes et des résonances, au-delà des territoires. Une simulation de roulette russe enjoint à la prise de parole. Quel est le sens de ce dispositif dont vous avez fait un élément central du film ? A. B.  : Dans la performance, une arme fictive passe de main en main jusqu’à ce que sa détonation aléatoire – un ballon qui explose – désigne celui ou celle qui doit parler. Cette simulation de mise à mort est un appel assez violent à la parole, comme si elle était imposée. Mais ce geste à la symbolique forte LES FILMS DE PIERRE
LES FILMS DE PIERRE/THIS TRAIN I RIDE LES FILMS DU BALIBARI/NAPA FILMS lui donne aussi une intensité, invitant à dégoupiller la parole, comme un acte d’affirmation de soi. Au cours d’une répétition, une jeune fille a dit  : «C’est une façon de mourir pour renaître.» Ces jeunes sont en train de passer d’un âge à un autre, s’apprêtant à se projeter dans la violence du monde. Que raconte le documentaire sur cette jeunesse ? A. B.  : Nous voulions interroger la façon dont elle réagit à des politiques imposant des dispositifs de contrôle et de répression toujours plus forts. Où investit-elle sa révolte et son enthousiasme, qui ne sont plus captés par l’identification à des partis ? L. Q.  : Ce tissage de portraits met en scène les identités plurielles d’une révolution en germe, à la façon d’un commando imaginaire s’entraînant à refaire le monde. Propos recueillis par Laetitia Møller En partenariat avec Headshot This Train I Ride Punks No Limits Trois nuits de «La lucarne» pour illuminer le solstice d’hiver. Pour éclairer les nuits les plus longues, «La lucarne» ouvre une fenêtre documentaire exceptionnelle les lundis 7, 14 et 21 décembre à partir de minuit, sous le titre «No Limits», avec un film inédit suivi de deux rediffusions. Chacune de ces neuf œuvres s’articule en effet autour de personnages en quête de liberté, prêts à transgresser les règles établies et à en payer le prix. Headshot – Roulette russe (voir ci-contre), portrait émouvant et intime d’une Europe en devenir, ouvre la programmation, le 7. Le 14 et le 21, les inédits Punks et This Train I Ride interrogent à leur tour dans d’audacieux huis clos les frontières de la norme et de la marge. RAGES DE VIVRE Reprenant le sens premier du mot anglais punk («voyou»), la réalisatrice néerlandaise Maasja Ooms s’est installée plusieurs mois durant dans une ferme isolée de la campagne française, où cinq adolescents néerlandais en rupture, pour qui l’expérience représente leur dernière chance avant la prison, cohabitent tant bien que mal avec une éducatrice. Dans This Train I Ride, le Français Arno Bitschy suit le voyage sans destination de trois femmes hoboes dans l’Amérique d’aujourd’hui, captant dans le fracas métallique des rails les échos de leur quête, entre rage de vivre et rébellion. Sont aussi rediffusés six autres films emblématiques d’un rendez-vous télévisuel unique, qui n’a jamais cessé, depuis sa création, il y a vingt-trois ans, d’explorer l’universel au travers d’un cinéma documentaire personnel  : Une jeunesse allemande de Jean- Gabriel Périot, Rêver sous le capitalisme de Sophie Bruneau, Le résolu de Giovanni Donfrancesco, Broken Land de Stéphanie Barbey et Luc Peter, Je vois rouge de Bojina Panayotova et Fugitif, où cours-tu ? de Nicolas Klotz et Élisabeth Perceval. Tous ont connu un beau parcours en salles et en festivals. Les nuits de «La lucarne» No limits Lundi 7 décembre Headshot – Roulette russe à 0.35 Je vois rouge à 1.35 Broken Land à 3.05 Lundi 14 décembre Punks à 0.40 Une jeunesse allemande à 2.10 Rêver sous le capitalisme à 3.45 Lundi 21 décembre This Train I Ride à 0.10 Fugitif, où cours-tu ? à 1.25 Le résolu à 2.55 Sur arte.tv, douze autres «Lucarne» du patrimoine documentaire seront disponibles six mois durant à partir de décembre. Parmi elles  : Un blues de Valérie Jouve, Sud et De l’autre côté de Chantal Akerman, Une fenêtre ouverte de Khady Sylla, Août avant l’explosion d’Avi Mograbi et Le livre d’image de Jean-Luc Godard. 7ARTE MAG N°50. LE PROGRAMME DU 5 AU 11 DÉCEMBRE 2020



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