Arte Magazine n°49 30 nov 2019
Arte Magazine n°49 30 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de 30 nov 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Cuba, l'héritage de la révolution.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°49. LE PROGRAMME DU 30 NOVEMBRE AU 6 DÉCEMBRE 2019 8 « Une histoire vraie » Vendredi 6 décembre à 20.55 Téléfilm Huguette Lire page 24 En avant-première dès le 29 novembre 2019 Disponible jusqu’au 4 janvier 2020 Qu’est-ce qui vous a le plus touchée dans le personnage d’Huguette ? Line Renaud  : À quel point son histoire est vraie. Par hasard, au moment du tournage, j’ai lu un article dans La Voix du Nord sur une femme de 85 ans qui dormait dans sa voiture, n’ayant nulle part où aller. Elle se heurtait à l’impossibilité d’accéder à un logement social, et n’avait pas les moyens de payer une chambre d’hôtel. J’ai été frappée de constater qu’elle rencontrait les mêmes problèmes qu’Huguette, cette femme isolée, sans famille, ruinée par les frais de la maison de retraite dans laquelle son mari a été placé. Le sort des personnes âgées me touche énormément. Comment avez-vous abordé le personnage d’Huguette ? À l’opposé de moi, Huguette est un vrai rôle de composition ! Antoine Garceau, le réalisateur, en qui j’ai toute confiance, m’a demandé de jouer une femme sans fard, démunie, usée par la vie et les ennuis. Au final, j’étais tellement Huguette que je ne me suis pas reconnue à l’écran, et que j’ai même eu du mal à me regarder ! Ce fut pour moi une expérience d’actrice très forte, mais aussi très dure. Moi qui, à 91 ans, me maquille toujours, me sens si pleine d’énergie, je vais devoir apprendre à jouer des personnes vieillissantes qui perdent leurs moyens... Malgré la situation dramatique dans laquelle Huguette se débat, le film est empreint d’humour et d’espoir... Romane Bohringer, absolument magnifique, et le jeune et très talentueux RomannBerrux, qui jouent respectivement Marion, la mère, et Rémi, le fils, y sont pour beaucoup. Ils incarnent des personnes bienveillantes, qui sont récompensées en retour. Dans Huguette, émouvante fiction d’Antoine Garceau, la pétillante Line Renaud incarne avec pudeur une retraitée expulsée de chez elle, recueillie par sa voisine (Romane Bohringer). Entretien. Que vous inspire la situation de Rémi qui rencontre des difficultés dans sa scolarité et qu’Huguette va aider ? Les parents doivent tenir compte des désirs de leur enfant sans le forcer à faire ce qu’il n’aime pas, car cela ne le mènera nulle part. Quand j’étais jeune, ma mère s’opposait à ce que je devienne chanteuse, et elle a dû céder. C’était mon destin, on ne peut aller contre. Quel enseignement tirez-vous de l’histoire d’Huguette ? Quel que soit l’âge, il ne faut jamais lâcher les rênes. Face aux épreuves, Huguette a baissé les bras. Ellemême reconnaît qu’elle aurait dû se battre et ne pas se laisser gagner par la déprime et le découragement. J’ai toujours vu ma mère et ma grandmère lutter pour s’en sortir. Moi aussi je me bats. Il ne faut pas attendre que les choses viennent à vous, il faut aller les chercher. Propos recueillis par Laure Naimski PASCAL CHANTIER/MON VOISIN PRODUCTIONS/ARTETIER/MON VOISIN PRODUCTIONS/ARTE
PHOTO JOSSE/BRIDGEMAN IMAGES/LOPEZLI FILMS Dimanche 1er décembre à 17.35 Documentaire Francisco de Goya Le sommeil de la raison Lire page 13 En avant-première dès le 24 novembre 2019 Disponible jusqu’au 29 janvier 2020 Jean-Claude Carrière Vous avez déjà écrit, avec Milos Forman, un film sur Goya (Les fantômes de Goya, 2005). Pourquoi y revenir ? Jean-Claude Carrière  : Il y a tant à dire sur ce peintre. Dans l’histoire de l’art pictural espagnol, deux périodes s’avèrent particulièrement foisonnantes  : les XVI e et XVII e siècles avec Le Greco, Ribera, Velázquez, et le début du XX e avec Picasso, Dali, Miró. Entre les deux, il y a Goya, absolument seul dans son temps  : une singularité extraordinaire, tout comme le sont ses contradictions. Peintre officiel de cour, Goya était aussi un artiste sans concession, qui a peint dans sa maison des créatures monstrueuses, le reflet sidérant de son âme. Je voulais montrer la place unique de cet homme dans une époque tumultueuse, assourdissante, au cours de laquelle il a d’ailleurs luimême perdu l’ouïe. Ce « regard du sourd » me fascine. Le film propose une approche sensible, très incarnée... Je ne suis ni historien de l’art ni critique. Pour le réalisateur José Luis López-Linares comme pour moi, il était impensable de faire sur Goya un documentaire académique. Mais comment faire des images en mouvement sur la peinture, immobile par définition ? J’avais déjà tenté cet intéressant défi avec Milos Forman, ainsi qu’avec Julian Schnabel, à propos de Van Gogh (At Eternity’s Gate, 2018). Féru de peinture et de culture espagnole, Jean-Claude Carrière invite à une balade intimiste dans l’univers en clairobscur de Francisco de Goya y Lucientes. Manière, une fois encore, de partager son insatiable appétit d’histoires et d’images. Le regard du sourd Il faut essayer d’entrer dans la main de l’artiste pour comprendre sa manière de peindre. En l’occurrence, Goya résiste à cette exploration ! Plus il vieillit, plus il s’enferme en lui-même, devenant impénétrable. En se rendant sur les lieux où il a vécu, et bien sûr à travers son œuvre, nous avons essayé de l’approcher d’aussi près que possible. Qu’avez-vous découvert de nouveau au fil de ce voyage ? Des émotions, principalement. Me retrouver dans la maison natale de Goya dans le village de Fuendetodos, en Aragon, assis au pied de cette cheminée qui ressemble de façon troublante à celle de la maison de mon enfance, m’a beaucoup touché. Au cours de ce tournage, nous avons vécu des moments excitants, mystérieux, avec parfois la sensation de la présence du peintre parmi nous. Nous avons eu la grande chance de pouvoir tourner au musée du Prado et de pénétrer dans le palais des ducs d’Albe, une des plus anciennes lignées aristocratiques d’Espagne. C’est un lieu rempli d’œuvres extraordinaires et d’histoires incroyables, qui pourtant n’a rien d’un musée, et son atmosphère très intime rend l’énigmatique Goya étonnamment proche. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène ARTE MAG N°49. LE PROGRAMME DU 30 NOVEMBRE AU 6 DÉCEMBRE 2019 9



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