Arte Magazine n°47 14 nov 2020
Arte Magazine n°47 14 nov 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de 14 nov 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : cold war.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°47. LE PROGRAMME DU 14 AU 20 NOVEMBRE 2020 6 À l’occasion de la Journée mondiale des toilettes le 19 novembre, un documentaire passionnant brise les tabous et recense à travers le monde les innovations en cours pour inventer les sanitaires du futur. Tour d’horizon. Les WC sont boostés Samedi 14 novembre à 22.25 Documentaire Toilettes sans tabou Lire page 9 M 7/11 12/1/2021 Cuvettes préventives Au Japon, l’entreprise Toto, créatrice des toilettes à jets d’eau les « plus sophistiquées au monde » selon le Guinness des records, développe depuis dix ans des sanitaires à assistance médicale. Munis de la technologie réputée des WC japonais, du siège chauffant au bruit blanc masquant celui du pipi, ces modèles réservés aux cliniques contrôlent la température ou détectent une grossesse, grâce à un capteur fixé dans la partie supérieure. Mesurant le taux de glucose dans l’urine, de dispendieux WC à 6 000 euros ont récemment été abandonnés, à cause des réticences de certains médecins. Mais ces installations intelligentes devraient continuer à se développer dans les prochaines décennies, car elles visent, à terme, à dépister au stade précoce des maladies comme le diabète. Ainsi, l’université de Tokyo travaille sur un prototype capable de dresser un bilan médical à partir de nos excréments. Hypocondriaques, s’abstenir  : destiné aux particuliers, il permettra de surveiller en temps réel notre état de santé via des données envoyées sur le Cloud ou notre smartphone. Toilettes sèches de compète Ne nécessitant ni eau, ni tout-à-l’égout, ni fosse septique, elles permettent aussi de fabriquer de l’engrais biologique à partir de l’urine, récupérée au moyen d’un système séparant les solides des liquides. Loin de l’image rudimentaire de la cabane posée au fond du jardin, les toilettes sèches se situent aujourd’hui à la pointe de la technologie. C’est le cas des sanitaires à nanomembranes imaginés par une équipe anglaise et financés par la fondation Bill & Melinda Gates. Dotés d’une cuvette rotative qui remplace la chasse d’eau, ils produisent leur propre énergie grâce à un processus de combustion qui transforme les excréments en cendres. Converties en eau propre, les urines peuvent servir au jardinage ou aux tâches ménagères. Des équipements conçus d’abord pour les villes dépourvues d’électricité ou de réseau d’assainissement. Sanitaires autonomes La société française WeCo a imaginé des latrines publiques autonomes en partenariat avec l’Institut de technologie de Californie. Elles fonctionnent en circuit fermé via un système de recyclage des eaux usées. Purifiée grâce à l’électrolyse, procédé qui produit du chlore par la combustion des eaux sales, du sel et de l’électricité, l’eau peut être réutilisée indéfiniment. Installés en Europe, là où il n’existe pas de tout-à-l’égout, et en Inde, où les toilettes manquent et constituent un enjeu de santé publique, ces équipements permettraient aussi d’éviter le gaspillage d’eau potable dans les pays riches. Clara Le Quellec THIERRY BERROD
MARWAN NAAMANI/PICTURE ALLIANCE VIA GETTY IMAGES En finir avec le confessionnalisme Dans un documentaire poignant, tourné de l’automne 2019, en pleine révolution, jusqu’aux lendemains de la double explosion du 4 août 2020, à Beyrouth, la réalisatrice Amal Mogaizel part à la rencontre des Libanais confrontés au chaos, oscillant entre colère et espoirs de renouveau. Entretien. Mardi 17 novembre à 22.25 Documentaire Liban, l’épreuve du chaos Lire page 15 10/11 15/1/2021 Ce film est précédé à 20.50 du documentaire Liban – Un pays dans la tourmente. Amal Mogaizel Comment vit-on au Liban aujourd’hui ? Amal Mogaizel  : On vit sans horizon, ni portes, ni fenêtres, avec un triste fatalisme qui me touche d’autant plus que je suis franco-libanaise. La double explosion du 4 août a constitué le coup de grâce pour un peuple qui souffrait déjà d’une profonde crise économique et sociale, liée à l’indigence de sa classe politique. Produit de la corruption et d’une ahurissante négligence, cette catastrophe, qui a jeté 300 000 personnes à la rue, a été ressentie comme un meurtre de masse. L’espoir a explosé en même temps que le nitrate d’ammonium. Avec l’appauvrissement de la classe moyenne, la plus cruellement frappée − 50% des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté −, le peuple a perdu sa légendaire et sacro-sainte joie de vivre, parce que la flambée des prix ne lui en donne plus les moyens. Quelles sont les priorités pour sortir le pays de la crise ? Le plus urgent serait de réformer le système bancaire et de rétablir les grandes infrastructures étatiques, en panne à cause de la corruption. Privés d’eau potable et ne disposant que de deux heures d’électricité par jour comme au temps de la guerre, les gens ne peuvent même plus travailler. Il faut aussi rapidement mettre en place un régime viable de protection sociale  : 80% des Libanais ne sont pas assurés, et sont dans l’incapacité d’acheter des médicaments s’ils tombent malades. L’État n’est plus en mesure de répondre aux besoins essentiels de sa population. Les interlocuteurs de votre film dénoncent la faillite du confessionnalisme. Le Liban peut-il se réinventer ? Absolument. Je crois beaucoup en cette nouvelle génération qui n’a pas connu la guerre civile et dont la mémoire n’est pas encombrée des traumatismes, des rancœurs et des deuils qu’elle a entraînés. Dans un monde globalisé et connecté, les leaders communautaires ne peuvent plus la prendre en otage. Louable à l’origine, le projet libanais du vivreensemble a échoué. Il est temps de dépasser le confessionnalisme pour inventer un modèle laïque, même s’il ne s’agit pas de reproduire le schéma français dans un pays attaché à ses religions. Le recrutement dans les administrations, par exemple, ne doit plus dépendre des quotas des confessions, mais des compétences. Cette évolution prendra des décennies, avec des générations sacrifiées. Ceux qui s’exilent peuvent espérer pour leurs petits-enfants un Liban déconfessionnalisé. Propos recueillis par Sylvie Dauvillier 7ARTE MAG N°47. LE PROGRAMME DU 14 AU 20 NOVEMBRE 2020



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