Arte Magazine n°44 27 oct 2018
Arte Magazine n°44 27 oct 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de 27 oct 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : cap sur le futur.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°44. LE PROGRAMME DU 27 OCTOBRE AU 2 NOVEMBRE 2018 6 Du lundi au vendredi à 17.35 Série documentaire Nomade des mers, les escales de l’innovation Lire page 16 arteà ÉDITIONS Dans le monde entier, ils expérimentent la low-tech, des techniques simples pour se nourrir, s’éclairer, etc. À bord de son catamaran, Corentin de Chatelperron, guide d’une passionnante série documentaire, est parti à la rencontre de ces « makers » de génie. Entretien avec cet ingénieur curieux. Les petits miracles de la low-tech Nomade des mers – Le tour du monde des innovations, le livre de Corentin de Chatelperron, paraîtra le 10 octobre 2018. Quelles inventions vous ont le plus impressionné au cours de votre périple ? Corentin de Chatelperron  : J’ai été ébahi par le quartier où l’on récupère tous les objets usagés à Dakar. Guidés par un réparateur de télévision malien dans ce dédale de baraques et de ferrailles – où tout est en fait très ordonné ! –, nous avons pu fabriquer des éoliennes avec des petits moteurs d’imprimantes. Coûtant moins de 10 euros et certes de faible puissance, elles permettent de recharger un téléphone, d’allumer des LED, d’actionner une petite pompe  : un dispositif utile au Sénégal où seule 40% de la population urbaine est reliée au réseau électrique. En matière d’alimentation, j’ai été marqué par la rencontre à Madagascar avec le docteur Vola, une femme qui, depuis 1998, cultive de la spiruline, une algue très riche en protéines  : pour produire 1 kg de protéines, il faut cinquante fois moins d’espace de culture et trois cents fois moins d’eau que pour l’équivalent produit à base de bœuf. Des programmes de nutrition pour des dizaines de milliers de personnes ont ainsi été mis au point grâce à la culture à grande échelle de ce complément alimentaire. Qu’avez vous appris durant ce voyage ? Parti pour étudier des techniques, j’ai finalement été sensibilisé à tous les problèmes auxquels ces lowtech répondent  : malnutrition, déforestation, coût des ressources énergétiques, rareté de l’eau potable. Cela m’a ouvert l’esprit. Qu’est-ce qui freine l’utilisation plus large de ces low-tech ? Parfaites en théorie, certaines solutions ne sont pas encore abouties. Par exemple, le réchaud que nous avons testé à Auroville en Inde donne un très bon feu sans fumées toxiques, mais on ne peut régler l’intensité de la flamme. Il faut donc l’améliorer. Souvent aussi, la technologie est intéressante, mais pas le modèle économique. Modèle viable, le charbon vert ELAINE LE FLOCH
FL CONCEPTS & CO du Sénégal, fabriqué à partir de déchets agricoles (pailles, coques d’arachides, etc.), évite la combustion du bois et limite la déforestation. Mais dans de nombreux autres pays, les populations préfèrent marcher des dizaines de kilomètres pour se procurer du bois. En revanche, il ne tient qu’à nous de faire la promotion des bonnes solutions, simplement méconnues. Avez-vous connu des déboires ? Oui, par exemple, nous avons mis au point une dizaine de prototypes pour désaliniser l’eau de mer, mais aucun ne s’est révélé satisfaisant ! Plus grave, entre le Brésil et Madagascar, nous avons essuyé trois jours de tempête, laquelle a détruit quasiment tout ce que nous avions construit dans les premiers mois de navigation  : un rappel brutal de la fragilité de notre écosystème. Mais les low-tech ont l’avantage de n’être ni compliquées ni chères à reconstruire ! Enfin, les quatre poules mascottes, qui nous fournissaient des œufs, nous ont été confisquées à notre grand dam par les autorités sanitaires des Seychelles. Que faites-vous maintenant ? Mon association, Gold of Bengal, promeut ces technologies grâce au « Low-tech lab ». Nous réalisons des tutoriels en vidéo gratuitement mis à disposition sur le Web. Je prépare également un deuxième voyage, vers une quinzaine de destinations, pour découvrir de nouveaux inventeurs. Propos recueillis par Maria Angelo Un bateau en totale autonomie Produire à bas coût de quoi vivre sur quelques mètres carrés et sans une once de terre, c’est possible ! Pour l’énergie, l’éolienne et le panneau solaire, achetés au départ pour le bateau, ont vite été remplacés par des équivalents low-tech. Il a été plus difficile de trouver des filtres pour recycler les 22 litres d’eau douce (dont 5 litres d’eau potable) utilisés chaque jour. Mais deux systèmes élaborés en Inde ont permis de filtrer quotidiennement une dizaine de litres d’eaux résiduelles, et un peu d’eau potable. Côté alimentation, grâce à l’hydroponie notamment (un système de culture hors-sol nécessitant très peu d’irrigation), des salades et des champignons ont été cultivés à bord, alors que les coléoptères, issus des vers de farine, ont bientôt été remplacés dans les assiettes par des grillons, plus faciles à élever – et qui chantent de surcroît ! Un frigo du désert, fonctionnant sans électricité grâce au refroidissement par évaporation, a été embarqué au Maroc pour conserver fruits et légumes. Enfin, un immense tuyau en plastique transparent entourant le bateau a permis à la spiruline qui s’y développe de recevoir un maximum de lumière  : un « sang vert » pourvoyeur en protéines pour l’équipage. En partenariat avec Pa r›. (15* sate, 7ARTE MAG N°44. LE PROGRAMME DU 27 OCTOBRE AU 2 NOVEMBRE 2018



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