Arte Magazine n°43 20 oct 2018
Arte Magazine n°43 20 oct 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de 20 oct 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : les réfugiés de Saint-Jouin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°43. LE PROGRAMME DU 20 AU 26 OCTOBRE 2018 8 Mardi 23 octobre à 21.45 Documentaire Les réfugiés de Saint-Jouin Lire page 18 Ariane Doublet Dans Les réfugiés de Saint-Jouin, l’installation d’une famille syrienne dans un village normand prend des allures d’odyssée tragi-comique. Entretien avec la documentariste Ariane Doublet. Réponses de Normands Comment l’idée de ce film vous est-elle venue ? Ariane Doublet  : En 2015, j’ai signé l’appel de Calais, dans lequel des artistes et des intellectuels dénonçaient les conditions de vie dans la jungle. Parallèlement, un mouvement des maires de France souhaitant accueillir des réfugiés voyait le jour. J’espérais qu’un village autour de chez moi, territoire sur lequel je travaille, souhaiterait recevoir une famille. Lorsque le maire de Saint-Jouin-Bruneval, en Seine-Maritime, s’est dit intéressé par la démarche, je l’ai contacté. Il m’a alors conviée à filmer le conseil municipal où la question était soulevée. Mon idée était de prendre l’histoire au début, sans savoir ce qui allait arriver par la suite. À partir de là, l’attente de la famille commence... De nombreux maires ont proposé des logements. Mais ils sont restés vides, car la préfecture et l’État ont freiné les procédures. Il a fallu plus d’un an pour que la famille Hammoud, originaire de Syrie, puisse s’installer. La première partie du film est consacrée à cette attente et épouse le point de vue des villageois. D’un côté, ceux qui souhaitent les accueillir et préparent leur venue, de l’autre, ceux moins convaincus, comme le garde champêtre, chargé de rapporter au maire les propos des habitants les plus réfractaires. Y a-t-il eu des manifestations de rejet à l’encontre des réfugiés ? Un message hostile et anonyme a été inscrit sur la porte de l’appartement destiné à la famille. La page Facebook de la municipalité a subi le même sort. Certains habitants ne voulaient plus serrer la main du maire. Mais les opposants refusaient de me parler, car ils n’assumaient pas forcément leurs propos. Après l’arrivée des réfugiés, les mouvements d’hostilité ont cessé. Comment s’est passée la rencontre avec la famille ? J’ai eu beaucoup de chance car deux des enfants vivaient déjà en France. Ils se sont montrés favorables au film et ont convaincu leurs parents, qui arrivaient de Syrie, d’y participer. À l’aéroport, lors de leurs retrouvailles, je n’avais pas prévu de caméra, mais j’ai filmé simplement avec mon téléphone car toute la famille faisait de même. Plus tard, dans l’appartement, le père a saisi ma présence pour dire haut et fort son opposition à la dictature de Bachar el-Assad. J’ai pu également suivre trois générations  : les parents, leurs enfants et leur petit-fils de 2 ans. L’occasion de montrer que l’accueil des réfugiés peut se dérouler dans de bonnes conditions, notamment grâce aux associations qui suppléent les défaillances de l’administration. Propos recueillis par Laure Naimski QUARK PRODUCTIONS
DPA/PHOTONONSTOP Dimanche 21 octobre à 23.05 Documentaire Gershwin, le classique américain Lire page 14 George Gershwin est né à Brooklyn le 26 septembre 1898, l’année où New York, fin prête à entrer dans le XX e siècle, double sa superficie et intègre ce quartier populaire à l’occasion d’un nouveau découpage administratif. En puisant ses influences dans le melting-pot de Big Apple, puis en faisant sauter les verrous entre chanson, jazz et classique, le compositeur a inventé la partition musicale de l’Amérique moderne. Sa vie elle-même, celle d’un self-made-man aussi talentueux qu’ambitieux, a des airs de comédie musicale. Né dans une famille d’émigrés russes arrivés aux États-Unis en 1895, le petit George préfère s’égarer dans les rues de New York plutôt que d’aller à l’école. Lorsque ses parents achètent un piano à son frère Ira, de deux ans son aîné, son existence bascule  : il adopte l’instrument pour ne plus le lâcher jusqu’à sa mort, en 1937. À 15 ans, il occupe un emploi de pianiste chez un éditeur musical, en plein Broadway, où prospère l’industrie du spectacle. Également compositeur, il signe son premier tube à 19 ans avec la chanson « Swanee », interprétée par Al Jolson. Un futur standard qui en annonce beaucoup d’autres  : Rhapsody in Blue, « Embraceable You », « They Can’t Take that away From Me », « The Man I Love » et le plus immortel de tous, tiré de Porgy and Bess, « Summertime ». Gershwin Le magnifique Dans le New York des années 1920, George Gershwin a renouvelé la bande-son du rêve américain, en mariant jazz et musique classique. Retour sur la carrière fulgurante du compositeur, au cœur d’un portrait de Jean-Frédéric Thibault. EUPHORIE CRÉATRICE Le succès est fulgurant pour George Gershwin qui, dans l’effervescence culturelle des années 1920, travaille en hyperactif. Épaulé par son frère Ira, qui écrit ses textes et livrets, il compose des centaines de chansons, des concertos, un opéra, des partitions pour des comédies musicales. Il arrange, orchestre et joue lui-même du piano sur scène. Il voyage aussi. La France lui inspire la partition d’Un Américain à Paris, où il ose intégrer des klaxons de taxis à l’instrumentation symphonique. Sa musique est insolente, euphorique et novatrice, comme cette jeune Amérique où poussent les gratte-ciel. Star internationale, dandy mondain solitaire et parfois excentrique façon Gatsby, Gershwin s’inquiète pourtant de la postérité de son œuvre. Une tumeur au cerveau l’emporte en juillet 1937, alors qu’il travaille à Hollywood sur la musique du film L’entreprenant M. Petrov, avec son vieil ami Fred Astaire. George Gershwin est mort prématurément, mais son œuvre bientôt centenaire est toujours jouée. À New York, depuis 1983, la plus grande salle de spectacle de Broadway porte le nom de ce génie éternel. Stéphane Deschamps ARTE MAG N°43. LE PROGRAMME DU 20 AU 26 OCTOBRE 2018 9



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