Arte Magazine n°43 20 oct 2018
Arte Magazine n°43 20 oct 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de 20 oct 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : les réfugiés de Saint-Jouin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°43. LE PROGRAMME DU 20 AU 26 OCTOBRE 2018 6 Tous les dimanches à 20.05 Magazine Vox pop Lire page 13 Nora Hamadi Le goût de l’Europe Depuis le 2 septembre, la journaliste Nora Hamadi présente l’émission Vox pop, désormais diffusée le dimanche à 20.05. Entre les tournages, le montage, les réunions avec la diligente rédaction du magazine, en charge des enquêtes et des reportages, et l’interview qu’elle assure chaque semaine, son planning est bien rempli. D’autant que cette spécialiste des questions européennes – elle animait avant Europe hebdo sur Public Sénat – suit de près l’actualité de l’UE, qu’elle tente de rendre moins rébarbative  : « Quand je dis que le sujet me passionne, les gens me regardent, ébahis. Mais cela permet de découvrir vingt-huit scènes politiques, avec leur culture et leurs enjeux. L’aspect technique, je le trouve stimulant. Ils font tout pour rendre les choses inintelligibles ? OK, allons-y ! J’aime jouer à la béotienne. » Vive, combative, Nora Hamadi a bataillé pour se « faire une place ». Elle a vécu à Longjumeau, dans l’Essonne, ville scindée entre les pavillons au nord et les « barres » au sud, où elle a grandi. Plus tard, au cours de ses premiers jobs d'été, elle découvre la violence de la condition ouvrière. Après des études de sociologie, elle se destine à l’enseignement et à la recherche. Elle vient d’une famille de militants algériens qui « considéraient un peu les journalistes comme vendus à la doxa libérale ». Mais à la faveur d’un remplacement au Parisien, elle sent naître une vocation pour le métier. PEU IMPRESSIONNABLE Le journaliste Christophe Barbier, qui chapeaute à l’époque le service Politique de L’Express, lui met le pied à l’étrier. La jugeant « peu impressionnable », il lui conseille ensuite de tenter sa chance à la télévision. Pendant plusieurs années, Nora Hamadi apprend le métier à iTélé, dans « la lessiveuse du tout-info ». On peut compter sur cette journaliste brillante et passionnée pour revigorer le débat européen. Portrait de Nora Hamadi, qui, depuis la rentrée, a repris le flambeau du magazine Vox pop. Elle en ressort épuisée, avec l’envie de prendre du recul. « Mais c’est une super école », nuance-t-elle. Si sa profession suscite encore quelques débats familiaux, la nouvelle de son arrivée à Vox pop a comblé ses parents, fidèles spectateurs d’ARTE. « Pour eux, c’était la consécration », s’amuse-t-elle. Pour sa part, Nora Hamadi se réjouit de dépasser le débat politico-politique, « pour aborder les vrais problèmes, faire remonter la parole citoyenne. On se nourrit de l’expérience de nos voisins, c’est ce qui est passionnant dans cette émission ». Alors que le scrutin européen de mai 2019 se profile, « les enjeux vont être dantesques ! », ajoute-t-elle. Cela ne l’effraie pas. Elle a déjà vu la machine s’emballer, notamment à Public Sénat, où elle avait dû se forger une spécialité européenne... en pleine crise grecque. Noémi Constans MAGNETO PRESSE
CINÉTÉVÉ Dans un documentaire terrifiant et essentiel, la réalisatrice Cécile Allegra expose un système organisé de viols infligés aux hommes dans le conflit libyen. Elle livre des preuves accablantes sur un crime de guerre jamais dévoilé jusqu’ici. Entretien. Silence, on viole Mardi 23 octobre à 22.45 Documentaire Libye Anatomie d’un crime Lire page 19 Qu’avez-vous voulu démontrer à travers ce documentaire ? Cécile Allegra  : À l’origine, le projet portait sur la question du viol de guerre de façon générale. Avec ARTE, nous voulions faire comprendre qu’il ne s’agit pas d’un dommage collatéral, mais d’une arme à part entière. En tant que réalisatrice engagée, je m’interdis de travailler uniquement sur le pathos. Ce qui m’intéresse est d’inscrire dans une narration la démonstration du viol comme système, pensé et organisé. Pour qu’un spectateur accepte de voir en face la mécanique de l’horreur, j’ai choisi de raconter une histoire inédite  : comment deux militants libyens, seuls et sans appui, vont peu à peu faire émerger un crime d’une ampleur sans précédent. En Libye, il y avait eu des rumeurs de viols lors de la chute de Kadhafi, mais aucune ONG n’avait réussi à apporter des preuves substantielles de l’existence d’un tel système. Vous révélez qu’en Libye les hommes sont ciblés prioritairement… Au départ, je pensais que les victimes étaient surtout des femmes. De toute façon, personne ne voulait me parler. Au bout de six mois d’enquête infructueuse, j’ai tenté une autre approche. Je savais que les victimes n’avaient pas accès aux soins. J’ai donc fait distribuer sur place les extraits d’un ouvrage de sophrologie donnant des outils pour soulager les symptômes du stress post- traumatique liés à la guerre. Deux semaines plus tard, j’ai reçu les premiers coups de fil. Tous venaient d’hommes. Qu’est-ce que cela signifie ? Dans les conflits, le viol des femmes reste le fléau le plus répandu. En Libye, le viol des hommes a émergé en pleine guerre civile. C’est une arme qui ne laisse pas de cadavres, peu de traces visibles. Mais un homme violé est vu comme un être « souillé » qui n’a plus de place sociale et n’a plus droit à la parole dans l’espace politique. Surtout, le système génère sa propre protection  : un homme, chef de famille, chef de tribu, ne parlera jamais, de crainte que la souillure ne s’étende à ses proches, à sa descendance, et n’en fasse des parias. Dès qu’une victime sort de geôle, un cycle de vengeance s’enclenche  : on cherche quelqu’un du camp adverse à violer. Et ce cycle, sans fin, s’amplifie aujourd’hui. En Libye, depuis 2011, le viol est donc bien utilisé comme une clé de voûte de la stratégie militaire. Votre film a mis en route une enquête internationale… À ma connaissance, c’est sans précédent. Mais je n’y serais pas parvenue seule. J’ai d’abord suivi le travail de ces deux militants libyens exilés en Tunisie, puis celui de Céline Bardet, présidente de We Are Not Weapons of War, spécialiste du viol de guerre. Rapidement, Céline a été convaincue que le crime relevait bien d’une mécanique généralisée. Elle se bat depuis pour monter un dossier recevable, qui structure les témoignages épars. Sans ce dossier, qui précisera la chronologie des faits et les responsabilités de chacun, il ne peut pas y avoir de justice. Propos recueillis par Laetitia Moller 7ARTE MAG N°43. LE PROGRAMME DU 20 AU 26 OCTOBRE 2018



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