Arte Magazine n°43 17 oct 2020
Arte Magazine n°43 17 oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de 17 oct 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Moloch, la série envoûtante d'Arnaud Malherbe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
ARTE MAG N°43. LE PROGRAMME DU 17 AU 23 OCTOBRE 2020 8 Rédactrice en chef et présentatrice du Dessous des cartes depuis trois saisons, Émilie Aubry s’apprête à présenter sa 100 e émission. L’occasion d’un point d’étape, alors que ce magazine géopolitique a conquis le monde numérique. Rebattre les cartes Samedi 17 octobre à 19.30 Magazine Le dessous des cartes La Chine, un pays, plusieurs visages Lire page 10 10/10 15/12 I Le dessous des cartes est aujourd’hui présent à l’antenne et sur le Web… Émilie Aubry  : En plus du magazine le samedi soir à l’antenne, Le dessous des cartes s’est enrichi d’un nouveau rendez-vous 100% numérique le mercredi, « Une leçon de géopolitique », à cause ou à la faveur du confinement. Frustrée d’interrompre la fabrication de nos émissions en cette période de pandémie, géopolitique comme jamais, j’ai commencé à tourner des vidéos dans mon salon en puisant, en lien avec l’équipe, dans notre stock de cartes et en faisant appel, via Skype, à des interlocuteurs sur le terrain. Le succès a été immédiat, comme si ces interviews « cartes sur table », pays par pays, correspondaient à ce que le public attendait. Depuis, on a gardé ce format léger et complémentaire du magazine. Pour réagir à l’actualité libanaise, je viens par exemple d’interviewer Zeina Antonios, journaliste à L’Orient-Le jour, en reprenant nos cartes sur la relation France-Liban. Le numérique apporte un supplément de liberté et de créativité, et notre chaîne Youtube compte déjà plus de 250 000 abonnés ! Qu’a changé le Covid-19 en matière de géopolitique ? La crise sanitaire a accéléré la prise de conscience de nos interdépendances. Chaque jour, Londres regardait Paris qui regardait Milan qui regardait Wuhan, mettant fin à un traitement souvent « ethnocentré » de l’actualité. Du jour au lendemain, la géopolitique a tout envahi et notre identité marquée en la matière nous a valu d’emblée une légitimité. Avant que la crise ne survienne, j’étais en train de boucler avec nos éditeurs (ARTE et Tallandier) une nouvelle édition de l’Atlas du « Dessous des cartes ». J’avais émis l’idée de le titrer « Avant le monde d’après » ! Car nous sentions déjà, avant le Covid-19, les mutations en cours, à commencer par le déplacement du centre de gravité des relations internationales de l’Occident vers l’Orient. D’où votre envie de consacrer votre 100 e émission à la Chine ? Depuis des mois, dans chacune de nos émissions ou presque, nous finissions par évoquer ce pays, incontournable par ses appétits de puissance ou ses routes de la soie. Mais étonnamment, nous ne nous étions pas encore intéressés à la Chine en tant que telle, de l’intérieur, ce territoire gigantesque et divers qui est à la fois une force et un handicap, avec ces différences criantes entre Est et Ouest, mondes urbains et ruraux, sa structure sociétale et la domination persistante des Han… Aujourd’hui encore, peu de dirigeants européens connaissent ce pays et parlent sa langue. C’est une faiblesse, car les Chinois, eux, nous connaissent ! Propos recueillis par Sylvie Dauvillier MATTHIEU VALLUET
IVAN ALBRIGHT/WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC./THOMAS FAGE – HAUTEVILLE PRODUCTION Mercredi 21 octobre à 22.30 Documentaire Dorian Gray Un portrait d’Oscar Wilde Lire page 21 I 1/10 10/1/2021 Éternelle jeunesse 1890. Le XIX e se meurt, prêt à renaître dans un XX e siècle aussi plein de promesses que d’angoisses face à une modernité galopante. Oscar Wilde va parvenir à encapsuler l’esprit de cette époque crépusculaire et à créer l’un des derniers mythes littéraires à travers un conte noir aussi concis que vertigineux  : Le portrait de Dorian Gray, au cœur du documentaire de Jérôme Lambert et Philippe Picard, diffusé dans la collection « Les grands romans du scandale ». Figure immédiatement iconique, cet aristocrate voyant son vœu de beauté éternelle exaucé, par la grâce d’un portrait se défigurant à sa place à chacun de ses crimes, s’inscrit dans une tradition de personnages ambigus et corruptibles, qui en fait autant le descendant de Faust que le frère du Mister Hyde de Robert Louis Stevenson. Surtout, Oscar Wilde fait du cruel Dorian Gray l’enfant dévoyé de l’Angleterre victorienne, confite dans des traditions mortifères et des règles castratrices. À l’instar de ce portrait à double tranchant, le livre, autobiographie fantasmée synthétisant contradictions et secrets inavouables, vaudra à son auteur la gloire et la déchéance. La bonne société décidera de ne plus tolérer les provocations de cet Irlandais trop lucide pour être honnête, et le condamnera pour cette homosexualité qu’il confesse de façon à peine voilée. 50 NUANCES… L’influence de ce texte fondateur d’une vision de l’hédonisme à la fois narcissique, décomplexée et critique va survivre à l’écrivain. Six ans après sa parution, Dorian Gray semble engendrer le vampire Dracula, autre aristocrate sanguinaire à la jeunesse surnaturelle. De même, le loup-garou, autre créature ensauvagée par ses pouvoirs de transformation et pur produit de l’ère victorienne, établit un pont thématique avec le héros de Wilde. Au cours du siècle suivant, les années 1960 et leur atmosphère contestataire établiront un Comment Le portrait de Dorian Gray, roman fantastique et délicieusement pervers d’un dandy provocateur et visionnaire, s’est-il imposé comme une œuvre clé de la littérature, irriguant de son poison noir plus d’un siècle de culture populaire ? dialogue fertile avec cette œuvre désenchantée, au point d’inspirer un pan de la scène rock, de Brian Jones à David Bowie. Avec sa beauté androgyne, ce dernier semble avoir incarné Dorian Gray à plusieurs reprises, de ses multiples personnalités scéniques à son rôle de vampire atteint d’une maladie du sang accélérant son vieillissement dans Les prédateurs de Tony Scott. Cette infusion au long cours du roman dans la culture populaire a également eu des déclinaisons moins raffinées. Tout lecteur attentif aura su reconnaître en Christian Grey un demi-frère libidineux et aseptisé de son glorieux aîné dans 50 nuances de Grey, le bestseller d’E.L. James… Ce lignage artistique aussi varié qu’intarissable montre, à l’ère des réseaux sociaux et du narcissisme qui les nourrit, la modernité de ce portrait, devenu le miroir de ses lecteurs. Augustin Faure ARTE MAG N°43. LE PROGRAMME DU 17 AU 23 OCTOBRE 2020 9



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :