Arte Magazine n°42 10 oct 2020
Arte Magazine n°42 10 oct 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de 10 oct 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : François Truffaut, l'homme qui aimait les films.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°42. LE PROGRAMME DU 10 AU 16 OCTOBRE 2020 8 Réflexes klaniques Dans un documentaire fouillé, David Korn-Brzoza retrace l’histoire du Ku Klux Klan pour mettre en lumière son héritage, enjeu clé de la présidentielle américaine selon Mark Potok *, l’un des experts interrogés dans le film. Mark Potok Le Ku Klux Klan appartient-il aujourd’hui au passé ou au présent de l’Amérique ? Mark Potok  : Il se réduit à une trentaine de groupuscules, comptant au plus 5 000 fidèles qui s’accusent mutuellement de trahir l’héritage, et appartient à la vaste nébuleuse d’une extrême droite qu’il ne domine plus. Mais sa violence et son racisme, qui s’enracinent dans l’histoire exceptionnellement longue et brutale de l’esclavage, puis de la ségrégation, continuent d’irriguer des portions importantes de la société. Aujourd’hui, ce passé que le pays n’a jamais véritablement su regarder en face nous revient en pleine figure, au point de se trouver au cœur de l’élection présidentielle de novembre. Donald Trump a-t-il donné un second souffle au racisme d’extrême droite ? Il cherche délibérément à attiser les peurs et les haines ancrées dans un imaginaire raciste. Plus largement, il a su catalyser l’angoisse d’un grand nombre d’Américains blancs face aux bouleversements économiques, sociaux et culturels massifs que nous traversons. Le ravage de pans entiers de l’industrie du fait de la mondialisation y contribue, de même, par exemple, que la légalisation des mariages entre personnes de même sexe par la totalité des États de l’Union, qui semblait encore impensable il y a quinze ans. Le fait que les Blancs, qui représentaient 90% de la population en 1950, en constitueront moins de 50% d’ici à vingt-cinq ans la renforce. Enfin, le racisme a augmenté de façon significative au sein de la population blanche durant les deux mandats de Barack Obama. Donald Trump est l’incarnation de cet esprit de revanche. Pensez-vous qu’il peut l’emporter une fois de plus ? La seule chose que l’on puisse prédire, c’est que s’il est réélu, la situation ne pourra qu’empirer. Il me semble que nous nous trouvons à un point de basculement. Mais même si nous passons à côté de l’occasion, ce nationalisme blanc ne peut empêcher la société d’évoluer. Les mariages mixtes n’ont jamais été aussi nombreux, et chaque année, davantage d’Américains non blancs arrivent en âge de voter, ce qui, à terme, le reléguera inéluctablement dans le passé. Propos recueillis par Irène Berelowitch * Mark Potok est un expert de l’extrême droite américaine au sein du Center for Analysis of the Radical Right, en Alabama. Spécial élection présidentielle américaine Du 13 octobre au 3 novembre, jour du scrutin, un cycle documentaire pour en comprendre les enjeux  : Mardi 13 octobre Ku Klux Klan – Une histoire américaine (1 & 2) à 20.50 Lire page 18 6/10 11/12 I III Mardi 20 octobre Black Panthers (1 & 2) à 20.50 13/10 18/12 Jimmy Carter – Rock & Roll President à 22.45 Amexica  : le monde de la frontière à 0.20 13/10 18/12 Lundi 26 octobre Playland USA à 0.40 24/10 23/1/2021 Mardi 27 octobre Quel président pour l’Amérique ? – Trump contre Biden à 20.50 26/11 12 mois aux USA (1-3) à 22.55 26/11 Mardi 3 novembre La démocratie du dollar à 20.50 27/10 2/12 12 mois aux USA (4 & 5) à 22.25 2/12 America à 0.10 27/10 9/11 Une programmation complétée sur arte.tv par plusieurs documentaires inédits, dont Freedom Riders de Stanley Nelson, MLK  : The Assassination Tapes de Tom Jennings, Klansville USA de Callie T. Wiser, en ligne dès le 12 octobre. LIBRARY OF CONGRESS, PRINTS && PHOTOGRAPHS DIVISION
BELLOTA FILMS En s’appuyant sur de nouvelles techniques de fouilles, les chercheurs bousculent notre vision de la préhistoire. Entretien avec le paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin *, dont les découvertes nourrissent le documentaire Homo sapiens – Les nouvelles origines. « Une image du passé de plus en plus nette » Jean-Jacques Hublin Fête de la science 2020 Comme chaque année, ARTE s’associe à la Fête de la science à travers une passionnante programmation, diffusée le 10 octobre  : Quand les animaux sauvages emménagent en ville (1-3) à 11.45 7/4/2021 Génération écrans  : génération malade ? à 14.00 26/9 1/12 Dormir à tout prix à 14.55 22/9 27/11 Homo sapiens – Les nouvelles origines à 20.50 Lire page 10 3/10 8/12 À la rencontre de Neandertal à 22.20 3/10 8/12 Congo – Au royaume des hominidés à 1.30 8/10 14/10 En quoi vos découvertes sur le site marocain de Djebel Irhoud se sont-elles révélées importantes ? Jean-Jacques Hublin  : Elles modifient totalement le schéma des origines de l’humanité. On a longtemps cru qu’Homo sapiens était apparu il y a 200 000 ans dans un « jardin d’éden » en Afrique de l’Est, avant d’en sortir pour conquérir le reste du monde. En réalité, il y avait également des Homo sapiens il y a 300 000 ans en Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, le Sahara n’a pas toujours été la barrière de sable que l’on connaît. Au gré des variations climatiques, les dunes ont périodiquement cédé la place à la savane, et les populations ont circulé dans toute l’Afrique. Nous sommes le résultat de cet immense brassage. Le site avait déjà été fouillé dans les années 1960. Pourquoi y être revenu ? Les connaissances scientifiques ne sont pas gravées dans le marbre, elles évoluent. Peu de chercheurs se sont intéressés à cette zone géographique, sur laquelle n’existaient que d’anciennes publications en français. Quand votre laboratoire vous finance pour chercher des fossiles, vous allez là où vous êtes certain d’en trouver, soit souvent en Afrique de l’Est. Qu’ont apporté les nouvelles techniques ? Les nouvelles méthodes de datation ont plus que doublé l’âge des fossiles trouvés au Maroc. Grâce aux logiciels d’imagerie, on peut reconstituer leurs formes, ajuster les parties manquantes. Notre image du passé devient ainsi de plus en plus nette. La recherche de nouveaux fossiles mais aussi les possibilités d’analyse nouvelles justifient de refouiller de nombreux sites, en Europe notamment. Que reste-t-il à découvrir ? Jeune, j’avais le sentiment d’arriver après la bataille. Or on a trouvé ces quarante dernières années plus de fossiles que dans le siècle précédent. Aujourd’hui, on maîtrise des techniques qui relevaient de la sciencefiction au début de ma carrière. Comment et pourquoi sapiens a-t-il pris le dessus sur les autres espèces humaines ? Les jeunes chercheurs pourront bientôt y répondre. Êtes-vous toujours ému devant ces ossements ? Des fossiles humains aussi anciens étant très rares, il est toujours très stimulant d’en découvrir de nouveaux. Par ailleurs, je n’y vois pas simplement des bouts d’os, mais des personnes. Se retrouver là où elles ont vécu, toucher les objets qu’elles ont utilisés s’avère extrêmement émouvant. J’exerce ce métier pour sauver de l’oubli des êtres perdus. Propos recueillis par Maria Angelo * Directeur du département d’évolution humaine à l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionnaire de Leipzig. ARTE MAG N°42. LE PROGRAMME DU 10 AU 16 OCTOBRE 2020 9



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