Arte Magazine n°40 29 sep 2018
Arte Magazine n°40 29 sep 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de 29 sep 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : sauvages...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°40. LE PROGRAMME DU 29 SEPTEMBRE AU 5 OCTOBRE 2018 8 Génération désenchantée Jeudi 4 octobre à 20.55 Série Les héritiers (1-4) Saison 2 Lire page 22 Maya Ilsoe Quel est le principal fil rouge de cette deuxième saison ? Maya Ilsoe  : Alors que les questions matérielles concernant le domaine et la succession sont réglées, la guerre entre les frères et sœurs se poursuit, parce qu’il leur faut trouver leur place dans une nouvelle configuration familiale. À la fois libérés et privés de la domination maternelle, confrontés à une benjamine dont ils ignoraient l’existence (et qui elle-même vient de découvrir ses origines), de quelle façon vont-ils – s’ils y parviennent – devenir véritablement une famille ? Cette question, que nous explorons tour à tour du point de vue de chacun des membres de la fratrie, traverse toute la saison. Signe s’est installée à Gronnegaard. Frederik lutte pour empêcher sa propre cellule familiale de se disloquer. La situation d’Emil en Thaïlande est désastreuse, et Gro veut le tirer de là coûte que coûte. Chacun des quatre enfants porte l’expérience singulière de l’enfance et du désir douloureux d’être aimé par sa mère, dans une rivalité inconsciente avec les autres. C’est cet héritage émotionnel, affectif, chargé d’attente, de chagrin et de trahison, qu’ils doivent désormais directement affronter. Dans quelle mesure cette fratrie déchirée reflète-t-elle la société d’aujourd’hui ? Tous quatre sont issus de la génération de 1968, et chacun d’eux, à sa manière, tente de s’approprier une vision de la liberté transmise par ses parents – cette liberté qui a porté à la fois, je crois qu’on peut le dire avec le recul, sa part de ravages et sa part de bienfaits. Avec cette trilogie * – j’ai d’emblée conçu la série avec trois saisons, chacune ayant son thème propre –, j’essaie de peindre un tableau nuancé de cette génération post-1968. Les héritiers parle aussi du bouleversement intérieur que représente le fait d’envisager ses parents comme des individus ayant vécu leur propre vie, La deuxième saison des Héritiers, trilogie danoise sacrée meilleure série au Fipa 2014, arrive sur ARTE. Maya Ilsoe, sa créatrice, y explore au travers de ses quatre héros – enfants de soixantehuitards – la complexité des liens familiaux. avec ses erreurs et ses réussites. Des parents que 1968 a fait descendre de leur piédestal d’autorité. Comment le public danois s’est-il identifié aux Gronnegaard ? La deuxième saison a recueilli la meilleure audience de l’année 2015 au Danemark, devant des programmes pourtant très populaires comme X Factor ou Danse avec les stars. Surtout, elle a déclenché un débat important, dans les médias et au-delà, sur le sens que le mot « famille » revêt aujourd’hui, dans toute sa diversité. J’en suis très fière, car cela signifie que cette série relève pleinement d’un service public de télévision. J’imagine que les téléspectateurs, d’une manière ou d’une autre, y ont trouvé un écho véridique de leur histoire. Propos recueillis par Pascal Mouneyres * ARTE diffusera prochainement l’ultime saison des Héritiers. PER ARNESEN/DR
DÉCOUPAGES Navigateur au long cours, le skipper Marc Thiercelin a partagé pour une belle série documentaire le quotidien de vingt communautés vivant en osmose avec la mer. Il revient sur trois étapes marquantes de son périple. Prendre la mer Du lundi au vendredi à 17.35 Série documentaire À la rencontre des peuples des mers Lire page 16 Marc Thiercelin Les pêcheurs nomades de Madagascar « J’ai été fasciné par la migration des Vezos. Ces pêcheurs, qui vivent sur la côte Ouest de Madagascar, quittent chaque année leur village plusieurs mois durant pour aller pêcher dans l’archipel des Barren, 400 kilomètres plus loin. Ils naviguent sans montre ni compas sur de légères pirogues à balancier, les lakas. Ils disent se repérer en fonction des paysages côtiers mais, souvent, on ne voit plus la côte ! Étant moi-même marin, je sais que la couleur de l’eau, la forme des vagues, la présence d’oiseaux sont autant d’indices qui peuvent donner une direction. Il n’empêche, leur connaissance de la mer est époustouflante. Mais ce qui m’a le plus bluffé, c’est leur capacité à repérer les zones poissonneuses. Quand nous avons filmé, il n’y a pourtant pas eu de pêche miraculeuse  : la veille, nous avions vu deux énormes chalutiers sillonner la zone où les Vezos allaient placer leurs filets. Ce qui pose la question de la pérennité de ces communautés dans un contexte de pêche intensive. » Les « femmes-poissons » du Timor « Au nord du Timor, ce sont les wawata topu, les ‘femmes-poissons’, qui nourrissent le village en pêchant au harpon. J’ai été vraiment sensible à l’harmonie qui y règne entre générations. Les grandsmères ont eu l’idée de la pêche, car les sécheresses ont rendu les terres arides. Elles ont dû apprendre à nager, à plonger et ont dû fabriquer leurs lunettes et leurs harpons en bois. Elles rient maintenant de voir leurs petites-filles se baigner avec autant d’aisance. Capables de retenir leur respiration pendant plus de deux minutes, ces femmes continuent de plonger pour nourrir leur famille. Elles font sécher les poissons puis, chaque samedi, elles vont les vendre en ville pour acheter les produits de la vie courante dont elles ont besoin. Grâce à cela, elles ont pu conquérir une certaine liberté. » Les « jangadeiros » du Brésil « Il y a des années, j’ai croisé en mer un de ces petits radeaux de cinq mètres de long appelés jangadas. Je participais à une course lorsque j’ai quasiment survolé sur l’océan une de ces coquilles de noix. Les jangadeiros, des pêcheurs qui vivent dans le nord-est du Brésil, sont d’un courage incroyable  : ils partent à quatre, à plus de 50 kilomètres de leurs côtes, sur une mer où le vent souffle en continu, cinq jours durant, avec une petite glacière pour tout bagage. Quand ils sont fatigués, ils rentrent dans la coque comme des sardines dans leur boîte – le plafond au ras du nez, sans hublot –, et se laissent ballotter par les flots sur une route maritime où croisent des paquebots du monde entier. Une vraie roulette russe ! Ces mêmes jangadas leur servent à confronter leurs talents lors de régates. Pour eux, naviguer est aussi un plaisir et un jeu. » Propos recueillis par Maria Angelo ARTE MAG N°40. LE PROGRAMME DU 29 SEPTEMBRE AU 5 OCTOBRE 2018 9



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