Arte Magazine n°4 18 jan 2020
Arte Magazine n°4 18 jan 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de 18 jan 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : la série policière l'instinct de vie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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I ARTE MAG N°4. LE PROGRAMME DU 18 AU 24 JANVIER 2020 8 Mardi 21 janvier à 20.50 Documentaire 1944  : il faut bombarder Auschwitz Lire page 18 19/2 Auschwitz, l’impossible bombardement Quand deux prisonniers juifs évadés d’Auschwitz alertent les Alliés sur la réalité du génocide, au printemps 1944, il est envisagé de bombarder le camp. Un documentaire retrace cet épisode méconnu, soixantequinze ans après la libération d’Auschwitz. Un témoignage de l’intérieur Miraculeusement évadés d’Auschwitz en avril 1944, deux juifs slovaques, Rudolf Vrba et Alfred Wetzler, atteignent la Slovaquie, où ils contactent les organisations juives clandestines. Ils leur livrent un témoignage exceptionnel sur le fonctionnement de la machine génocidaire nazie et alertent sur l’imminente extermination de 800 000 juifs hongrois. Ils produisent ensuite un document, le « rapport Vrba-Wetzler » ou « protocole d’Auschwitz », dans lequel, schéma des chambres à gaz et des crématoriums à l’appui, ils décrivent minutieusement la sélection, la mise à mort et les conditions inhumaines endurées par les survivants. Diffusé en mai 1944 par le rabbin Michael Weissmandl, le rapport parvient au War Refugee Board, une agence créée en Suisse par Roosevelt pour venir en aide aux victimes du nazisme. Le rabbin y a ajouté un post-scriptum suppliant les Alliés de bombarder Auschwitz. Pour et contre Avec Winston Churchill, les leaders des organisations juives à Jérusalem sont d’abord favorables à une opération. Mais ces derniers changent d’avis, de peur de causer des pertes parmi les prisonniers sans pour autant parvenir à enrayer l’extermination. Le Premier ministre britannique se ravise lui aussi, car il estime que les préparatifs du Débarquement doivent primer. Un résumé du rapport parvient par ailleurs à John Pehle, directeur du War Refugee Board à Washinton, qui réclame en vain à l’assistant du secrétaire d’État à la guerre, John McCloy, des frappes aériennes sur Auschwitz. Un mélange d’antisémitisme larvé et de scepticisme quant à la véracité du rapport fait également obstacle. Un débat subsiste entre historiens quant à l’hypothèse que Roosevelt lui-même ait été consulté. La presse entre en jeu En septembre 1944, les Alliés bombardent le camp par erreur, faisant une cinquantaine de victimes parmi les prisonniers et les SS, alors que l’usine mitoyenne de caoutchouc IG Farben constituait leur cible. En octobre, John Pehle reçoit l’intégralité du rapport et conjure McCloy de revenir sur sa décision, mais son interlocuteur, au nom de la « faisabilité militaire », demeure inflexible. Pehle divulgue alors le rapport à la presse américaine qui titre en une sur le génocide en cours. Fin novembre, alors que l’information se répand dans l’opinion publique, les Allemands détruisent les chambres à gaz. Le 27 janvier 1945, il y a près de soixante-quinze ans jour pour jour, le camp d’Auschwitz-Birkenau, où 1,1 million de personnes ont péri, est libéré par l’Armée rouge. Laure Naimski OXFORD FILMS
MMV NEW LINE PRODUCTIONS Dimanche 19 janvier à 20.55 Film Le Nouveau Monde à 23.10 Documentaire La conquête de l'Amérique Lire page 15 M 17/2 WiHter f Of T011aSil ; Si Pocahontas m’était contée « Une grande femme » se cache-t-elle, comme on a coutume de le dire, « derrière chaque grand homme » ? Peut-être la grande nation américaine n’aurait-elle en tout cas jamais eu son visage actuel sans l’aide providentielle apportée aux premiers colons anglais par une princesse amérindienne de la tribu des Powhatan nommée, ou plutôt surnommée Pocahontas (c’està-dire « l’effrontée », « l’espiègle »). C’est de la rencontre, en 1607, de cette très jeune fille avec leur chef John Smith, sur les rivages de ce qui deviendra la Virginie, qu’aurait dépendu la survie des marins et soldats anglais envoyés par la Virginia Company pour y installer un comptoir. Capturé par les Powhatan, Smith n’a eu la vie sauve que grâce aux prières de la princesse, avant de se voir intégré à la tribu. Par la suite, confrontés à une terre inconnue et inhospitalière, et au bord de la famine, les colons pourront compter sur la relation privilégiée que leur commandant a nouée avec Pocahontas. Alors que l’histoire aurait pu inaugurer une cohabitation pacifique entre les deux peuples, Pocahontas profitera bien peu des fruits de sa bonté  : abandonnée par Smith, puis enlevée pour faire pression sur son père et le forcer à cesser ses attaques, elle sera ensuite envoyée, devenue chrétienne et mariée à un colon, comme curiosité à la cour d’Angleterre, où elle mourra de maladie sans avoir revu sa terre natale. « DESTINÉE MANIFESTE » Après plus de quatre cents ans d’une histoire tragique depuis longtemps retravaillée et manipulée à des fins politiques et idéologiques, ce premier symbole de la « Destinée manifeste » et divine des États-Unis à étendre la « civilisation » vers l’ouest ne pouvait qu’être sublimé par la plus puissante machine à fabriquer des mythes  : le cinéma. La fin des années 1990 verra ainsi deux dessins animés estampillés Disney redonner un visage à celle dont il n’existe qu’un seul portrait peint de son vivant, et Retour sur l’histoire de la princesse Pocahontas, dont la permanence dans l’inconscient collectif américain évoque autant l’importance des peuples indigènes que les clivages raciaux du pays. livrer de son histoire une version fortement édulcorée, voire franchement révisionniste (le second volet met par exemple en scène son retour purement imaginaire en Virginie). Un choix douteux que s’interdit le réalisateur Terrence Malick lorsqu’il propose en 2006 sa version de la légende, avec Le Nouveau Monde, poème élégiaque et panthéiste ne cachant rien de la violence subie par la jeune fille. La figure de Pocahontas continue ainsi d’irriguer la culture populaire américaine et permet de garder vivace la mémoire des Native Americans ayant jadis peuplé ce pays-continent. Mais son évocation peut aussi se transformer en outil de discrimination raciale, comme lorsque Donald Trump a affublé Elizabeth Warren de ce surnom pour moquer les supposées racines amérindiennes de sa potentielle rivale démocrate à la présidentielle. Augustin Faure ARTE MAG N°4. LE PROGRAMME DU 18 AU 24 JANVIER 2020 9



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