Arte Magazine n°39 22 sep 2018
Arte Magazine n°39 22 sep 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de 22 sep 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : vitamines, fantasme et vérités.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°39. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 SEPTEMBRE 2018 8 Centenaire de la mort de Claude Debussy Dimanche 23 septembre Prélude à Debussy à 23.25 Pelléas et Mélisande à 0.15 Lire page 15 Dimanche 30 septembre Barenboim, Crebassa, Pahud... jouent Debussy à 1.10 Issu d’une famille de non-musiciens, Claude Debussy touche au piano un peu par hasard. Au Conservatoire de Paris, qu’il rejoint à 10 ans, il se fait remarquer tant pour ses aptitudes musicales exceptionnelles que pour son mauvais caractère  : la carrière de virtuose comporte des exigences qu’il refuse. Cet anticonformisme sera sa signature. Ainsi, il n’hésitera pas à claquer la porte de la Villa Médicis, dont l’académisme l’étouffe. « J’imagine que ce n’était pas un homme facile. Il était très critique envers les autres, mais aussi envers lui-même. Il a toujours essayé de se réinventer. J’aurais bien voulu le connaître », s’amuse le chef d’orchestre suisse Philippe Jordan, directeur musical de l’Opéra de Paris, dans le documentaire de Marie Guilloux Prélude à Debussy. Reconnue par ses pairs, sa modernité a ouvert la voie à la musique du XX e siècle. Elle puise son inspiration dans l’amour que le compositeur voue à ses muses successives, dans les poèmes de Verlaine, l’art de Turner ou de Hokusai, qu’il admire, dans les sonorités asiatiques entendues lors des Expositions universelles de Paris, dans la relation fusionnelle qu’il entretient avec sa fille Chouchou, mais surtout dans la nature, qu’il ne cesse de contempler. ARTISTE LIBRE « Sensoriel », « physique », « puissant », « infini », « coloré », « parfumé », « sauvage », « hypnotique »  : les stars de Disparu il y a un siècle, Claude Debussy, auquel ARTE rend hommage au travers d’une programmation spéciale, fut à la fois ovationné et conspué pour son audace musicale et ses choix de vie. Portrait d’un génie anticonformiste. Debussy, contre vents et marées la musique classique, de Pierre Boulez à Leonard Bernstein, rivalisent d’adjectifs pour qualifier le rapport de Debussy à la nature, qu’il parvient à coucher sur ses partitions. « C’est un compositeur de l’immatériel », analyse le directeur artistique du Ballet royal de Suède, Nicolas Le Riche. Debussy l’exprime luimême dans l’une de ses lettres  : « La sagesse pour un musicien est de n’écouter les conseils de personne, sinon du vent. » Son œuvre prouve avec force qu’il n’a jamais suivi que son propre adage. En 1902, son opéra Pelléas et Mélisande est si novateur que la critique s’écharpe, le qualifiant d’« affaire Dreyfus de la musique ». Révolutionnaire, Debussy l’est encore lorsqu’il accepte de confier son Prélude à l’après-midi d’un faune à Nijinski. Hué pour son indécence, le ballet attire malgré tout un public émoustillé par cette danse à la fois impudique et harmonieuse. Si la carrière de Debussy a été émaillée de controverses, sa musique, médiatrice des émotions du monde, continue de toucher artistes et profanes, un siècle après sa disparition. Alexandre Tharaud traduit ainsi sa puissance révélatrice  : « À 8 ans, j’ai joué ma première pièce de Debussy. Jusque-là, ce qui m’attirait dans le piano, c’était l’aspect physique, le toucher. Debussy a ouvert une porte en moi, qui m’obligeait à une écoute intérieure des sons, en osmose avec le piano. » Emmanuelle Bour ULLSTEIN BILD/GETTY IMAGES
M BARTHOUT Jean-Charles de Castelbajac L’aristo pop Fashion week-end 2018 Vendredi 28 septembre L’épopée pop de Jean-Charles de Castelbajac à 22.45 La ligne Balmain à 23.40 Lire page 25 Dimanche 30 septembre British Style à 17.35 Love & Friendship à 20.50 Les dessins de Christian Dior à 22.20 Au fil des enchères – La robe du soir Balenciaga à 23.15 Sasha Waltz & Guests  : « Kreatur » à 23.40 Keith Haring et Jean-Michel Basquiat comptaient parmi vos amis. Quel est votre rapport au street art ? Jean-Charles de Castelbajac *  : Plus que le street art, c’est le graffiti, comme acte de résistance et de subversion, qui m’a toujours fasciné. Lorsque j’ai rencontré Jean- Michel Basquiat à New York dans les années 1980, puis Keith Haring, je leur ai emprunté une technique qu’ils utilisaient tous deux, la craie. J’ai commencé à dessiner sur les murs de Paris, puis d’autres capitales, voilà déjà vingt-cinq ans  : des anges, des images ou des personnages qui me viennent à l’esprit en relation avec le lieu où je me trouve. L’un de mes comptes Instagram, @craieateur, présente ces dessins. J’apprécie beaucoup cette dimension de proximité, presque d’intimité, avec ceux qui suivent et aiment mon travail. Le dessin est-il à l’origine de votre vocation ? Non, ma vocation est venue de la contrainte, de mon appropriation des contraires. Elle est née en pension, où j’ai passé onze années, de 6 à 17 ans. J’avais une mère extraordinaire, d’une grande originalité, qui, lorsque je demandais une couverture que je voulais classique pour ressembler aux autres, beige avec trois bandes marron, m’en envoyait une rouge avec des carreaux bleus. Je me suis très vite aperçu que je devais m’imposer comme celui qui détenait la vérité si je ne voulais pas être une victime. On vous appelait « l’aristo punk » dans les années 1980. Où est votre côté punk à présent ? Ce qu’il y a de punk en moi, c’est ma manière de détourner les choses et de toujours regarder la société par un autre prisme que celui qu’elle m’impose. Je travaille actuellement sur un geste artistique et scénographique pour la Biennale des antiquaires au Grand Palais. J’ai installé une boutique éphémère dédiée à Napoléon, le transformant ainsi en marque de luxe. Je me suis mis dans l’idée que Bonaparte m’avait convié pour me dire  : « Castelbajac, réinvente mes codes pour être dans la modernité. » Créateur multifacette, à l’affiche d’un élégant documentaire retraçant sa carrière, il a joyeusement dynamité la mode au tournant deseighties. Entretien avec un enthousiaste en perpétuelle ébullition artistique. Vous sentez-vous à l’aise dans l’époque actuelle ? J’adore notre époque où la jeunesse a enfin la possibilité de prendre le pouvoir, que ce soit par le biais des nouvelles technologies, par la science ou que sais-je encore. Je souhaite y être associé, dans un rôle de passeur, de transmetteur, de « chaman », comme m’appelle mon petit-fils. Je me sens par exemple très proche de musiciens comme ceux de The Shoes, qui se sont proposés pour composer la bande-son du documentaire. Quel serait votre vêtement fétiche aujourd’hui ? Il reste encore à créer. Je voudrais inventer, réinventer une garde-robe du futur, à la fois intemporelle et mobilisant des principes d’écologie et de technologie. Dans la mode, l’écologie est restée quelque chose de marginal, n’ayant pas fait la paix avec la beauté et le style. Propos recueillis par Marie Gérard * jeancharlesdecastelbajac.com ARTE MAG N°39. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 SEPTEMBRE 2018 9



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