Arte Magazine n°39 19 sep 2020
Arte Magazine n°39 19 sep 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de 19 sep 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : planète méditérranée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°39. LE PROGRAMME DU 19 AU 25 SEPTEMBRE 2020 6 Le nouveau monde du silence Depuis une station pressurisée, le biologiste et photographe Laurent Ballesta et trois autres plongeurs ont pu explorer pendant vingt-huit jours les grands fonds du littoral méditerranéen. Une expédition périlleuse dont il a rapporté des images d’exception. Samedi 19 septembre à 20.50 Documentaire Planète Méditerranée Lire page 11 MM 12/9 17/11 Pour accompagner la diffusion de Planète Méditerranée, arte.tv propose en ligne les précédents documentaires de Laurent Ballesta  : 700 requins dans la nuit (du 5 septembre au 10 novembre), Le mystère Mérou et Antarctica, sur les traces de l’empereur (du 1er septembre 2020 au 28 février 2021). En quoi cette mission en Méditerranée était-elle différente de vos précédentes expéditions ? Laurent Ballesta  : Plonger plusieurs heures durant en complète autonomie, sans être relié par un câble à la tourelle qui nous descendait au fond chaque jour, a constitué une première mondiale. Contrairement aux modèles de scaphandres habituels, les nôtres, recycleurs de gaz, nous rendaient libres de nos déplacements dans la zone de plongée. Nous avons ainsi pu rester jusqu’à six heures par jour à plus de 100 mètres de fond, alors que jusque-là je n’avais jamais pu dépasser trente minutes. Le vrai danger était de se perdre et de ne pas retrouver la tourelle pressurisée, qui nous ramenait en quelques minutes à notre station bathyale. Nous avons donc travaillé en amont sur une série de scénarios catastrophes, et développé une sorte de GPS acoustique novateur, ainsi qu’un système de balises de détresse que l’on pouvait envoyer à la surface. Pourquoi avez-vous choisi d’explorer les grands fonds méditerranéens, des côtes phocéennes jusqu’à Monaco ? Je voulais montrer qu’en Méditerranée, dans cette mer que l’on sait polluée, surpêchée, surfréquentée, il existe encore de magnifiques écosystèmes sauvages qui recèlent des créatures d’une grande singularité, toutes sont des espèces en péril. Pour moi, ce fut comme un voyage à domicile, mais dans un univers parallèle. Si je consultais une carte, j’étais à Fréjus ou à Saint-Tropez, mais si je regardais sous mes palmes, j’étais dans une forêt de corail, dans un autre monde, aussi coloré que les fonds marins des régions les plus exotiques, et avec des espèces parfois inconnues, en tout cas jamais filmées vivantes. Comment avez-vous traversé les vingt-huit jours dans cette station bathyale que vous ne quittiez pas, même revenus à la surface ? Nous ne pouvions pas la quitter en effet, sous peine d’accident fatal ! Rester confinés était le prix à payer pour avoir droit à une liberté sans précédent. À la fin de ces quatre semaines, nous avions un peu mauvaise mine  : nos visages avaient une teinte grisâtre causée par l’anémie, car dans un environnement à haute pression le taux de globules rouges dans le sang s’effondre. En revenant à l’air libre, on souffre donc du mal des montagnes  : migraines, insomnies, souffle court. Nous étions également tous plus ou moins à fleur de peau, car dans notre module de vie de 5 m², nous respirions un mélange d’oxygène et d’hélium qui altère la vibration des cordes vocales à tel point que nous ne pouvions pas nous parler. Par ailleurs, à cette profondeur, l’eau est glacée, et, malgré les combinaisons, nous avons souffert du froid en permanence. Avez-vous dû relever des défis techniques particuliers pour réaliser le film ? Quinze caméras ont été installées dans le caisson pour nous filmer en permanence. Ce matériel a dû être adapté à la pression de l’intérieur de l’habitacle. Il nous a fallu aussi travailler avec l’Ircam [Institut de recherche et coordination acoustique/musique] afin de mettre au point un logiciel qui rende nos paroles compréhensibles. Avec quelles autres missions souhaiteriez-vous enchaîner ? J’ai envie de poursuivre l’aventure en Méditerranée. J’ai notamment pour projet d’explorer une immense grotte creusée dans une île tunisienne, des volcans sous-marins en Italie, des îles grecques, aussi, près desquelles se réfugient des phoques moines, et des chapelets d’îlots totalement inconnus. Propos recueillis par Maria Angelo LAURENT BALLESTA
JACQUES PRAYER/GAMMA-RAPHO ; ROCHE PRODUCTIONS Cycle Isabelle Huppert Mercredi 9 septembre Madame Hyde à 20.55 ffl 16/9 Mercredi 16 septembre Valley of Love à 20.55 ffl 22/9 Dimanche 20 septembre L’ivresse du pouvoir à 20.55 Isabelle Huppert – Message personnel à 22.45 13/9 18/11 Lire pages 14 et 15 Mercredi 23 septembre La séparation à 20.55 Mercredi 30 septembre Eva à 20.55 23/9 6/10 William Karel Au nom d’Huppert Vous n’êtes pas un habitué des portraits d’acteurs. Qu’est-ce qui vous a amené à celui-ci ? William Karel  : C’est vrai, j’ai plutôt l’habitude de réaliser des documentaires politiques ou historiques. Mais il se trouve que je connais Isabelle Huppert, car nous nous sommes plusieurs fois croisés à nos débuts. J’ai été photographe de plateau et réalisateur des making of de certains de ses films, au début des années 1980. Je lui ai parlé de l’envie d’ARTE de diffuser un portrait d’elle, et elle a accepté. Comment la forme du film s’est-elle décidée ? C’est un documentaire atypique, qui n’obéit pas aux standards du genre. Isabelle ne voulait pas d’entretien filmé. Elle a proposé que la narration prenne la forme d’un journal en voix off, avec pour fil conducteur Malina (1991), le film de Werner Schroeter où on la voit en train de taper à la machine. Elle écrit ainsi son histoire, uniquement par le biais d’images de films dans lesquels elle a joué et d’extraits d’interviews passées. C’est donc un documentaire conçu à quatre mains ? Isabelle ne sera pas d’accord, mais pour moi c’est son film ! Ce qui est sûr, c’est que nous l’avons fait ensemble. Nous avons d’abord enregistré un long entretien, qui a donné naissance à un texte qu’elle est venue ensuite lire en studio. Voix et images se répondent, depuis les archives familiales où elle apparaît enfant jusqu’à La caméra de Claire de Hong Sang-soo (2017). Sur les près de cent cinquante films qu’elle a tournés, nous en avons choisi vingt. Parmi ces films, y en a-t-il dont vous vous sentez particulièrement proche ? Je dirais Loulou, parce que ma rencontre avec Maurice Pialat, auprès de qui j’ai travaillé plusieurs années, a été déterminante * et La dentellière de Claude Goretta (1977), pour moi l’un des plus beaux. À la fin du portrait, Isabelle dit qu’elle ne s’arrêtera jamais de tourner. J’aime cette idée. C’est une actrice hors du commun, d’un professionnalisme qui met à Pour sa première incursion dans le portrait de star, William Karel accompagne Isabelle Huppert dans une introspection inédite, qui prend la forme d’un voyage dans son incroyable filmographie. Entretien. rude épreuve. Si certains la disent froide, c’est parce qu’elle ne veut rien laisser paraître de sa vie personnelle. Nous avions enregistré un joli moment où elle évoque l’émotion de son père quand il a découvert La dentellière. Elle n’a pas voulu qu’il figure dans le film ! Ce portrait amorce également une réflexion sur les rapports entre personne et personnage, entre vérité et fiction... Pour Isabelle Huppert, le personnage n’existe pas. Un acteur ne fait qu’incarner une succession d’états. En racontant sa biographie avec des morceaux de fiction, ce portrait fait écho à cette idée. Finalement, il s’agit peut-être du film de fiction que je n’ai jamais fait avec elle, mais dont j’ai toujours rêvé... Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène * William Karel prépare pour ARTE un portrait de Maurice Pialat. 7ARTE MAG N°39. LE PROGRAMME DU 19 AU 25 SEPTEMBRE 2020



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