Arte Magazine n°38 15 sep 2018
Arte Magazine n°38 15 sep 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de 15 sep 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : coincoin et les z'inhumains.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°38. LE PROGRAMME DU 15 AU 21 SEPTEMBRE 2018 6 Tombés pour la finance Jennifer Deschamps Dix ans après la faillite de la banque Lehman Brothers, Jennifer Deschamps met en lumière les mécanismes de sa chute. Une enquête rigoureuse, étayée par le témoignage de lanceurs d’alerte. Mardi 18 septembre à 20.50 Documentaire Inside Lehman Brothers Lire page 18 Comment avez-vous abordé cette enquête ? Jennifer Deschamps  : Les conséquences tragiques de la crise des subprimes et de la faillite de Lehman Brothers ont été abondamment traitées. Pour revenir sur les mécanismes de la crise économique et financière, on peut citer le remarquable Inside Job de Charles Ferguson, Oscar du meilleur film documentaire en 2011. Mais le système de fraudes de Lehman Brothers en lui-même n'avait pas été raconté en longueur. Nous avons alors décidé d’interroger des lanceurs d’alerte, témoins privilégiés des pratiques frauduleuses au sein de cette banque, en explorant les conséquences de leurs dénonciations sur leur vie, afin de faire d'un film financier un film plus humain. Comment ont réagi les « anciens » de Lehman Brothers dont vous avez sollicité le témoignage ? Au départ, nous avons essayé de joindre plus d’une centaine de personnes dont les noms surgissaient au fil des abondantes archives. La grande majorité d’entre eux n’a pas répondu, tandis que d’autres, par l’intermédiaire de leurs avocats, nous ont formellement interdit de les recontacter. Puis, nous nous sommes concentrés sur ceux qui avaient dénoncé les fraudes. Il nous a fallu plusieurs rencontres, étalées sur plus d’un an, avant de gagner la confiance de certains d’entre eux, et en particulier celle de Matthew Lee, un ancien vice-président de Lehman. Licencié pour avoir refusé de valider des bilans maquillés, il s’était pourtant promis de ne plus parler. Que sont devenus ces quatre lanceurs d’alerte après avoir été contraints de quitter leur poste ? Leur vie a été pulvérisée. Blacklisté à Wall Street, Matthew Lee a dû quitter le monde de la finance et faire une croix sur son salaire à six zéros. Il sillonne désormais le monde en solitaire, à moto. Ex-employées de BNC Sacramento, une des filiales de crédit immobilier de Lehman Brothers, Linda, Cheryl et Sylvia, les trois femmes qui témoignent dans le film, ont été poussées à la démission, après un harcèlement moral et/ou sexuel qui les a brisées. Même si elles ont gagné en justice au civil, le montant de leur préjudice n’est aujourd’hui toujours pas fixé. Ce qui a conduit à la chute de Lehman Brothers est-il derrière nous ? On peut craindre que non. Aujourd’hui, l’endettement total des ménages américains dépasse celui de 2007. Les subprimes dans l’immobilier ont récemment fait leur retour, et les pratiques frauduleuses dans le montage de dossiers de crédits immobiliers n’ont pas disparu. Pour « libérer l’argent », Donald Trump vient de décider d’assouplir les règles bancaires instaurées après la crise de 2008. Et, que ce soit aux États-Unis ou en Europe, les lanceurs d’alerte ne bénéficient toujours pas d’une véritable protection. Si la faillite de Lehman Brothers appartient au passé, elle raconte aussi le présent et l’avenir. Propos recueillis par Christine Guillemeau
ROGER ARPAJOU/FRÉDÉRIC ARHANCHIAGUE PAUL BLIND  : « Grossir le trait 1 e , I, ÷.17 41à- I r é 1. pour interroger, Ir 1. I:. Y. - le 4 regard » 11. - La série P’tit Quinquin a ouvert une brèche dans le travail de Bruno Dumont. Sa liberté de ton joue désormais sur le grotesque et le décalage. Coincoin et les Z’inhumains creuse cette veine de manière jubilatoire et radicale. Jeudi 20 septembre à 20.55 Série Coincoin et les Z’inhumains Lire page 23 ma. Bruno Dumont Pourquoi une suite à P’tit Quinquin ? Bruno Dumont  : J’ai beaucoup aimé réaliser cette première série. L’idée de continuer me plaisait. J’avais envie de retrouver les personnages, mais il fallait que du temps passe, pour moi comme pour eux. Reprendre Quinquin et Ève là où je les avais laissés ne m’intéressait pas. J’ai donc imaginé qu’Ève s’était trouvé une copine, ce qui est un problème pour Quinquin, car il l’aime toujours. Lui aussi a grandi, devenant Coincoin... Votre duo de gendarmes se retrouve cette fois face à une invasion extraterrestre. Qu’est-ce qui vous intéressait dans cette idée rocambolesque ? Le fait d’enjamber le réel, d’aller voir ailleurs... Dans le fantastique, l’ailleurs, c’est l’au-delà. Et en l’occurrence, puisqu’on est dans un registre comique, l’audelà, ce sont les extraterrestres ! Il me fallait donc incarner leur présence et j’ai opté pour une version « tarte à la crème » avec cette « Glu » qui tombe du ciel. Une façon grotesque de connecter le haut avec le bas, l’invisible avec le visible. Voilà précisément ce qui m’intéresse  : traiter de grandes questions – l’audelà, l’invisible, l’Autre – de la manière la plus directe possible. Ce n’est ni intellectuel ni sophistiqué sur le plan des effets spéciaux. Le fantastique est un moyen de grossir le trait pour interroger le regard qu’on porte sur l’altérité. Comme le comique. Comment définissez-vous le comique « Coincoin » ? Un comique très simple, de la grosse mécanique. Le rire est de toute façon au bord du drame  : il existe entre les deux une différence de degré, pas de nature. D’une certaine manière, le commandant Van der Weyden peut s’apparenter au flic de L’humanité [film de B. Dumont sorti en 1999]... Je ne fais que pousser les curseurs. On peut donc faire de l’humour intelligent, qui parle de choses difficiles. C’est un terrain périlleux, mais très puissant, parce que c’est par là qu’on peut vraiment toucher l’architecture profonde des êtres. C’est un miroir tendu au spectateur. Quand on rit de Carpentier et de Van der Weyden, on rit de nous-mêmes. Cette saison se caractérise aussi par le motif du carnaval. Pourquoi ? Le carnaval fait partie du folklore du Nord. C’est une autre facette du comique grotesque, qu’on retrouve dans la peinture flamande, dans les tableaux de Brueghel ou de Bosch. Intégrer ces traditions dans l’univers de la série m’intéressait. Le carnaval représente pour moi l’inversion des valeurs, la transgression. À la fin, tous les personnages se mêlent dans une même danse, les hommes, les femmes, les enfants, les Blancs, les Noirs, les vivants et les morts. Comme si le mal avait disparu... C’est jubilatoire, et cela parle aussi de notre ambiguïté fondamentale. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène ÉDITIONS Coincoin et les Z’inhumains sort le 4 septembre en coffret DVD et Blu-ray. 7ARTE MAG N°38. LE PROGRAMME DU 15 AU 21 SEPTEMBRE 2018



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