Arte Magazine n°37 8 sep 2018
Arte Magazine n°37 8 sep 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de 8 sep 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : 1918-1939, rêves brisés...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°37. LE PROGRAMME DU 8 AU 14 SEPTEMBRE 2018 8 Longtemps cantonnées au rôle de muses, les femmes ont pourtant sculpté aussi, avec passion. Galerie d’artistes pionnières qui ont su s’emparer des corps, féminins comme masculins, pour forcer les portes de l’anonymat. Et pourtant, elles sculptent... Dimanche 9 septembre à 17.35 Documentaire Sculptrices, ni muses ni modèles Lire page 14 Corbis. All Rights Reserved. Qui, au débotté, pourrait citer cinq sculptrices ? Longtemps privées de visibilité, ces femmes artistes ont dû lutter pour conquérir leur place. Au XVI e siècle, la première d’entre elles à s’imposer se nomme Properzia de’Rossi, laquelle signe un bas-relief détonnant de la basilique San-Petronio de Bologne  : Joseph et la femme de Putiphar. Cette scène biblique, qui narre la fuite d’un esclave pour échapper aux avances de l’épouse de son maître, force l’admiration – non seulement par la virtuosité technique de ses drapés, mais surtout par l’audace de traiter du désir féminin. La précision du corps masculin, surprenante pour une artiste non mariée qui n’a jamais étudié le nu, résulte des cours d’anatomie qu’a suivis l’habile Properzia pour contourner l’interdit. Il faudra ensuite attendre 1864 avant qu’une femme ne se fasse remarquer pour un nu d’homme. Le Jeune Gaulois prisonnier d’Hélène Bertaux s’inscrit ainsi comme un manifeste, la jeune sculptrice ambitionnant d’intégrer un système académique dont l’entrée lui est refusée. Alors que l’École des beauxarts reste fermée aux femmes, l’engagement de l’artiste contribue à faire évoluer le rapport des sculptrices à la nudité masculine. LES FEMMES SCULPTÉES PAR LES FEMMES Lorsque le sujet est féminin, les artistes s’emparent alors d’un corps qu’elles connaissent pour mieux repousser les limites de la bienséance. Ainsi, Marcello, pseudonyme derrière lequel se cache Adèle d’Affry, duchesse de Castiglione Colonna, pour exercer librement son art dans le Paris du Second Empire, ose montrer la jambe de sa Pythie (1870) entièrement dénudée  : la sensualité de la statue fait scandale. Camille Claudel poussera plus loin encore l’érotisme, les corps de ses œuvres traduisant la passion – et la douleur – de l’artiste, et réinventant le nu. Avec l’émancipation des femmes, le terrain de jeu artistique s’élargit. En témoigne l’œuvre de Niki de Saint- Phalle (photo) qui, avec ses monumentales « Nanas », présente dès les années 1960 des corps féminins en dysmorphose, au service de son féminisme. Dès lors, la représentation du corps se dégage de tout réalisme pour mieux traduire la seule émotion de l’auteure. L’araignée géante – baptisée Maman – de la plasticienne franco- américaine Louise Bourgeois (1999) ou l’Hydre de Germaine Richier (1961) achèvent d’évacuer le corps pour proposer un langage artistique universel, au féminin singulier. Emmanuelle Bour NORBERT SCANELLA/ONLYFRANCE.FR
LA GROSSE BOULE Le vêtement recomposé Étouffée par la cadence infernale de la fast fashion, la création renaît grâce à de nouveaux stylistes qui misent notamment sur la high-tech. Présentées dans un documentaire détonant coécrit par Ariel Wizman, leurs pratiques bousculent l’univers de la mode. Vendredi 14 septembre à 22.30 Documentaire Révolte dans la mode Lire page 25 Le 24 avril 2013, à Dacca, au Bangladesh, plus de 1 130 ouvriers périssent dans l’effondrement du Rana Plaza, un bâtiment qui abrite les ateliers de grandes marques internationales de prêt-àporter, comme Mango et Primark. Un an après ce « 11-Septembre de la mode », Li Edelkoort, célèbre prévisionniste hollandaise dont les cahiers de tendances sont vendus à prix d’or aux éditeurs de mode, fait trembler le milieu avec son manifeste brûlant « Anti-fashion ». Considérée comme l’une des personnalités les plus influentes par le Time – et intervenante « star » du documentaire Révolte dans la mode –, elle s’insurge contre une industrie du textile qui, à force de surproduire des vêtements « informes » à des prix toujours plus bas, tue à petit feu l’essence de la création. La papesse du style appelle à un changement radical. Depuis 2016, chaque année, de jeunes créateurs, étudiants et entrepreneurs se réunissent lors d’états généraux à Marseille pour imaginer une mode éthique et responsable, représentant à peine 5% des ventes mondiales aujourd’hui. On y parle artisanat, recyclage, commerce équitable, mais aussi high-tech, l’un des extraordinaires moteurs de ce renouveau. SOIE D’ARAIGNÉE ARTIFICIELLE En s’emparant des nouvelles technologies, l’Israélienne Danit Peleg a ainsi pu réaliser une veste, tirée de sa collection « The Birth of Venus », grâce à une imprimante 3D. Le résultat – un maillage d’une extrême précision obtenu à partir de FilaFlex, un matériau plastique souple – est surprenant. De son côté, la styliste anglaise Stella McCartney, qui a reçu le prix spécial de l’Innovation aux Fashion Awards 2017, s’est associée avec Bolt Threads, une société de biotechnologie. Elle a confectionné une magnifique robe jaune en soie d’araignée artificielle, issue de levures génétiquement modifiées. Une alternative écologique prometteuse pour remplacer les matières premières actuellement utilisées. De la production à la commercialisation, l’innovation révolutionne l’ensemble de la chaîne. Instagram tient désormais lieu de podium sur lequel défilent les collections des créateurs. À terme, l’open source, ou logiciel libre, pourrait même permettre aux consommateurs de créer leur propre garde-robe depuis chez eux. « J’attends avec impatience qu’un couturier mette en ligne un patron, comme c’est déjà le cas dans le design », confie Li Edelkoort. Si ces initiatives frisent parfois l’utopie et ne concernent, pour le moment, que des marchés de niches, elles insufflent un vent de fraîcheur sur un monde devenu « obsolète ». Comme l’annonce son manifeste, « la mode est morte. Vive le vêtement ». Hélène Porret ARTE MAG N°37. LE PROGRAMME DU 8 AU 14 SEPTEMBRE 2018 9



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