Arte Magazine n°36 29 aoû 2020
Arte Magazine n°36 29 aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de 29 aoû 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : 50 nuances de Grecs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°36. LE PROGRAMME DU 29 AOÛT AU 4 SEPTEMBRE 2020 6 Pour la deuxième saison de 50 nuances de Grecs, la série animée adaptée de sa bande dessinée à succès, le dessinateur Jul revisite avec la même insolence la Grèce antique, miroir de notre époque contemporaine. Entretien. Jul Mille et une folies grecques Cette deuxième saison résonne plus que jamais avec l’actualité… Jul  : Elle a eu une dimension quasi prophétique sur les violences policières. Cette saison aborde aussi le racisme via la place des divinités étrangères dans le panthéon gréco-latin ou le harcèlement sexuel à travers le mouvement #MythToo. Dans ses Métamorphoses, Ovide dépeignait déjà les pulsions sexuelles des dieux. Replonger dans la folie grecque aide à mieux comprendre nos passions contemporaines. Ce qui me plaît, c’est de mélanger les cultures populaire et savante, par exemple, parodier Hélène et les garçons et le duo Catherine et Liliane, devenu « Catherine et l’Iliade », pour conter la guerre de Troie mais aussi réaliser des épisodes en alexandrins. L’écologie et la politique vous ont également inspiré... Les récits antiques offrent des outils pour réfléchir à ces questions. Je me suis amusé à parodier la démission, sur Grèce Inter, du ministre Nicolas Éole, chargé de la transition écologique de la mythologie. Par ailleurs, j’ai beaucoup réfléchi à la manière d’aborder le mouvement des « gilets jaunes ». J’ai opté pour les « toisons jaunes », qui évoquent la quête de la Toison d’or par les Argonautes, cette dream team de princes, dirigée par Jason, fils du roi Éson, qui contestait l’ordre établi et le pouvoir divin. Au début, j’ai envisagé cette référence comme une boutade. Il s’avère qu’il existe une résonnance forte entre les deux histoires. La liste des invités de marque prêtant leur voix aux personnages s’est aussi étoffée… J’aime faire dialoguer des personnes qui ne se seraient peut-être jamais fréquentées. Cette année, des comédiens du grand répertoire comme Michel Vuillermoz (Dionysos) côtoient des hommes et des femmes politiques tels que Yannick Jadot (Éole) et Audrey Azoulay (Pasiphaé). La série a pu compter aussi sur la chroniqueuse Hapsatou Sy (Isis) ou le rabbin Delphine Horvilleur (Sirène). Les réunir autour de l’héritage commun laissé par le monde gréco-latin est formidable. Votre rentrée est marquée par la publication du troisième tome de Lucky Luke... Exactement, la bande dessinée sortira cet automne. Je dois aussi partir aux États-Unis sur les traces de Lucky Luke dans le cadre d’une série documentaire coproduite par ARTE. Par ailleurs, le programme Silex and the City va connaître un nouvel envol grâce à son adaptation prochaine au cinéma. Je prends part également, toujours pour la chaîne, à l’animation de Meuh ! L’épopée des cornes, une série découverte sur les vaches. Là encore, il s’agit de faire ce que je préfère  : instruire tout en amusant. Propos recueillis par Clara Le Quellec Tous les jours, sauf le mardi et le samedi à 20.50 Série d’animation 50 nuances de Grecs Saison 2 Lire page 16 28/8/2025 HAUT ET COURT TV/ARTE FRANCE 2020
ISTOCKPHOTO De plus en plus d’affaires de violences sexuelles éclaboussent le monde sportif. Dans une enquête alarmante, Pierre-Emmanuel Luneau-Daurignac décrypte les mécanismes qui broient tant d’athlètes. Abus de pouvoir Mardi 1er septembre à 20.50 Documentaire Violences sexuelles dans le sport, l’enquête Lire page 18 25/8 30/10 Pierre-Emmanuel Luneau-Daurignac Pourquoi assiste-t-on actuellement à autant de révélations sur les abus sexuels dans le sport ? Pierre-Emmanue Luneau-Daurignac  : Les mentalités ont changé. Dans le monde occidental, le patriarcat est remis en cause et les violences sur les enfants, de plus en plus dénoncées. Le mouvement #MeToo a certainement délié les langues, même si beaucoup de victimes sont des hommes. Mais il y a aussi une question de génération. Ceux qui, dans les années 1980, ont été abusés ont aujourd’hui une cinquantaine d’années. Ils sont parents, et leurs enfants ont le même âge qu’eux lorsqu’ils ont subi ces violences. Certains aussi attendent que leurs propres parents décèdent pour parler, car ils ne veulent pas leur faire de mal. Autant de facteurs qui peuvent aider à libérer la parole et à en affronter les conséquences. Car raconter, c’est vivre à nouveau... Ces violences ne sont-elles pas consubstantielles à la pratique du sport en club, régie par un rapport de domination entre l’entraîneur et le jeune ? Le sport d’aujourd’hui est une machine à abuser du sportif. Selon une étude de 2015, 14% des mineurs inscrits en club ont été agressés sexuellement. Si l’on veut changer quoi que ce soit, il faut prendre conscience des mécanismes qui favorisent ces dérives  : une sacralisation de la personne de l’entraîneur, une trop grande proximité entre adultes et enfants, la réification du corps, la déresponsabilisation des parents, la mercantilisation des sportifs, ces pions auxquels on fait cracher les performances avant de les jeter, la puissance, aussi, des fédérations. Les agressions sexuelles participent des autres violences infligées à l’athlète – physiques, émotionnelles, psychologiques –, sans parler de l’homophobie et du racisme. Le sport de haut niveau n’exacerbe-t-il pas les tentations ? Un sportif de haut niveau sur trois serait victime d’abus. Je connais de nombreux cas chez les champions dont je respecte, bien entendu, le silence. Ce qui favorise les rapports de domination et les abus de pouvoir, c’est que l’athlète n’a pas le choix  : s’il parle, il sait que sa carrière sera terminée. L’entraîneur ou le dirigeant a conscience d’avoir du pouvoir et peut donc être plus facilement tenté de passer à l’acte, même s’il est important d’affirmer que ce n’est pas un problème de pédophilie. L’enjeu n’est pas d’éliminer les brebis galeuses mais de réformer le système qui les engendre. Les fédérations peuvent perdre le sens des réalités, mais lorsqu’elles font prendre trop de risques aux enfants, ou lorsqu’ils sont maltraités, c’est à l’État d’agir. Il n’est pas acceptable qu’il ne se donne pas les moyens de les protéger. Propos recueillis par Pascal Mouneyres 7ARTE MAG N°36. LE PROGRAMME DU 29 AOÛT AU 4 SEPTEMBRE 2020



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