Arte Magazine n°35 22 aoû 2020
Arte Magazine n°35 22 aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35 de 22 aoû 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Meryl Streep, l'actrice surdouée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°35. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 AOÛT 2020 6 Au fil des archives de ses interviews, réunies par Charles- Antoine de Rouvre dans le beau portrait qu’il lui consacre, Meryl Streep se confie sur la manière dont elle a abordé les rôles qui ont marqué son exceptionnelle carrière. Extraits. Le cran et la grâce Dimanche 23 août à 20.55 Lire pages 14-15 Film Out of Africa Suivi du documentaire Meryl Streep Mystères & métamorphoses 16/8 21/9 Rôles « Si vous prenez le cinéma américain, ce n’est pas comme s’il y avait quinze grands rôles complexes et riches parmi lesquels choisir, comme si vous aviez l’embarras du choix entre une multitude de personnages. Il n’y en a peut-être qu’un par an. » « Quand je lis un texte, je visualise un personnage et cette image reste. C’est comme si je l’avais rencontré. Et j’ai toujours envie de voir tout ce que je ressens à l’intérieur et comment cela transparaît. [...] Je m’imagine comme une chose malléable, que je peux transformer, autant pour y trouver un intérêt que pour intéresser les autres. » « On ne saura jamais comment l’on devient Hitler, comment le mal prend racine chez quelqu’un. Ce genre de rôles est passionnant, car l’on essaie de répondre à ces questions. Parce que vous êtes obligé d’aimer le personnage que vous jouez, et qu’il est extrêmement difficile d’aimer ces gens-là. » Sex-appeal « Je dois le rôle d’Out of Africa, à mon formidable agent, Sam Cohn, qui m’a dit que Sydney Pollack trouvait que je n’étais pas assez sexy pour Isak Dinesen [NDLR  : le pseudonyme sous lequel la baronne Karen von Blixen-Finecke publia le roman autobiographique La ferme africaine]. Pour jouer Marilyn Monroe, je veux bien, mais Isak Dinesen, je dois quand même pouvoir... Je suis donc allée chez mon couturier, j’ai acheté une robe à 15 dollars avec un profond décolleté, j’ai rembourré mon soutien-gorge, et je suis allée voir Sydney. Et ça a marché ! » Moments de grâce « Je ne sais pas pourquoi Sur la route de Madison a touché tant de gens. C’est peut-être lié à un désir, à un fantasme ancré en chacun de nous et qui est assouvi dans le film. Des gens, qui mènent une vie assez routinière, se voient offrir soudain un instant magique et précieux de façon totalement inattendue. » « Que faut-il faire pour devenir la première femme dans quoi que ce soit ? Il faut du cran. Et il faut de la grâce. » Peur du lendemain « Les actrices ont toutes peur de ne plus rejouer. Elles mettent de l’argent de côté pour pouvoir cesser de tourner sans mourir de faim. » « Je ne me suis jamais sentie au-dessus de la mêlée. J’ai toujours peur à la fin d’un tournage que cela soit le dernier, et je suis toujours ravie qu’on m’en propose un autre. » Christine Guillemeau RUE DES ARCHIVES/EVERETT/BRIDGEMAN IMAGES
MARIE SKOVGAARD En 2016, au Danemark, Sherin Khankan * a pris la tête de la première mosquée pour femmes. Un documentaire intimiste, issu de la collection « La vie en face », raconte plusieurs années d’un combat hors norme. Entretien. Sherin Khankan Au nom de la femme Mercredi 26 août à 22.30 Documentaire Quand l’imam est une femme Lire page 21 3/6 31/10 Les vingt documentaires de société de la collection « La vie en face » sont diffusés le mercredi en deuxième partie de soirée et déjà en ligne sur arte.tv. Quelles valeurs porte votre mosquée ? Sherin Khankan  : Le droit des femmes à être imam au sein d’une institution islamique, à se marier avec un non-musulman et à divorcer. Autrement dit, la mosquée Mariam de Copenhague redonne aux femmes musulmanes leurs droits les plus élémentaires. On propose également une relecture du Coran à travers le prisme de l’égalité des genres. On se bat enfin contre l’homophobie. Nous voulons changer les pratiques et les structures de l’islam. Vous êtes prise entre deux feux  : l’islamophobie galopante et la radicalité de certains musulmans. Quelle est votre marge de manœuvre ? Je le sais, j’entends dire qu’on n’y arrivera jamais, que la situation empire… Très bien, les gens parlent, mais moi je suis une activiste. J’agis pour créer un pont entre les différentes religions, les différentes cultures. C’est ma mission. Je trace un chemin alternatif pour l’islam qui permettra de lutter contre les extrémismes, quels qu’ils soient. Vous accordez une grande importance aux mariages interreligieux. Pourquoi ? Je suis fière que ma mère soit une émigrée finlandaise catholique et mon père un réfugié syrien musulman, fière d’être l’enfant de deux religions. Autoriser les mariages interreligieux, c’est créer le changement dans la société, permettre ce dialogue entre les cultures. J’ai deux filles  : quelles sont les chances pour qu’un jour, elles tombent amoureuses de garçons d’une autre religion ? Au Danemark, elles sont énormes et il faut l’accepter ! Notre mosquée a déjà célébré près de soixante unions entre musulmanes et non-musulmans. La société évolue. On vous voit quand même souvent isolée dans le documentaire… Lorsqu’on veut changer les choses, en effet, il faut accepter la solitude comme compagne de route. Des personnes ont un pouvoir et ne veulent pas le lâcher. Mais je ne suis pas seule. Il existe des femmes imams en Chine, aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, en France… Le phénomène se développe. Au fond, personne ne nous oppose d’arguments crédibles. Vous poursuivez votre combat en dehors de la mosquée ? Oui. Mes activités à la mosquée Mariam sont bénévoles. À côté, je dirige Exit Circle, une ONG laïque qui aide les victimes de violences psychologiques. J’ai toujours ce même objectif  : combattre les structures oppressives patriarcales. Vous êtes parfois menacée. Vous sentez-vous en danger ? Je n’ai jamais peur. Je crois qu’Allah me protège. Dans ma famille, quand j’étais jeune, on m’appelait Fearless (« sans peur »). J’avais un autre surnom  : Tigresse. Propos recueillis par Raphaël Badache * Auteure de La femme est l’avenir de l’islam (Stock, 2017). 7ARTE MAG N°35. LE PROGRAMME DU 22 AU 28 AOÛT 2020



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