Arte Magazine n°33 10 aoû 2019
Arte Magazine n°33 10 aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de 10 aoû 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : l'odyssée interstellaire...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°33. LE PROGRAMME DU 10 AU 16 AOÛT 2019 6 En quatre captivants volets, la série documentaire L’odyssée interstellaire expose les conditions permettant d’explorer une planète susceptible d’abriter la vie hors de notre système solaire. Entretien avec Vincent Amouroux, son réalisateur. Exoplanètes, la dernière utopie Nuits des étoiles 2019 Samedi 10 août Sonde « Voyager »  : en route vers l’infini à 8.40 Mission  : vivre sur la Lune à 10.35 Dans l’ombre de la Lune à 11.30 Planètes habitables – Les découvertes de « Kepler » à 13.05 Thomas Pesquet  : objectif Mars à 13.55 Mystérieux trous noirs (1 & 2) à 15.30 L’odyssée interstellaire (1 & 2) à 20.50 Au-delà de Pluton à 22.40 Dernier voyage vers Saturne à 23.35 Samedi 17 août L’odyssée interstellaire (3 & 4) à 20.50 Samedi 10 août à 20.50 L’odyssée interstellaire (1 & 2) Lire page 8 En ligne jusqu’au 8 octobre Vincent Amouroux Qu’aviez-vous envie de raconter en vous lançant dans cette série documentaire ? Vincent Amouroux  : Notre ambition était de dresser un état des lieux des connaissances à cette échelle vertigineuse qu’est l’au-delà de notre système solaire. Nous voulions confronter ce que serait l’exploration d’une exoplanète [une planète orbitant autour d’une étoile autre que le Soleil, NDLR] aux limites de la technologie dont nous disposons. Pour réaliser ce rêve, les scientifiques devront relever des défis colossaux dans un grand nombre de disciplines, que nous examinons en détail avec eux au fil des quatre épisodes. Dans quels domaines devons-nous progresser pour, un jour, explorer une exoplanète ? D’abord, il faudra imaginer de nouvelles techniques de propulsion, peut-être utiliser la fusion nucléaire. De plus, pour envoyer un vaisseau aussi loin dans l’espace, la nature même du combustible demeure un cassetête. Nous devrons également effectuer d’immenses avancées en matière d’intelligence artificielle. En effet, dans la configuration que nous posons – un voyage de cinquante ans, raisonnable au regard de la longévité humaine –, un simple échange entre la Terre et le vaisseau prendrait neuf ans. Forcément inhabité, il devra donc être totalement autonome  : capable à la fois de prendre toutes les décisions, mais également de fabriquer ou de réparer tout ce dont sa mission aura besoin. Où en sommes-nous de la concrétisation de ce rêve ? Nulle part ! Aucune équipe n’est engagée dans un tel projet. Pour le moment, quelques-unes s’essaient à envoyer une mission habitée sur Mars, ce qui est déjà un défi considérable. Il faut bien voir que, si l’on a déjà marché sur la Lune et survolé Pluton, nous sommes jusqu’à présent restés dans les limites de notre système solaire, seules les sondes Explorer, lancées par des fusées, en sont sorties il y a quelques années seulement. Mais il leur faudrait soixante-dix mille ans pour atteindre une exoplanète comme celle de Minerva-B que nous avons imaginée. Penser que dans un futur proche nous puissions explorer, voire coloniser, une planète aussi lointaine, susceptible d’abriter la vie, relève de l’utopie. Cela étant posé, cette « lubie » passionne tous les scientifiques que nous avons rencontrés ! D’où proviennent les images du vaisseau et de l’espace que vous utilisez ? Concernant le vaisseau, nous sommes partis du postulat qu’il devait pouvoir propulser une sonde de 20 tonnes composée essentiellement de matériel scientifique, vers une planète qui graviterait autour de l’étoile la plus proche de nous, à 4,5 annéeslumière et ceci en une cinquantaine d’années. Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA de Saclay, s’est prêté à un long jeu de ping-pong avec les graphistes du studio d’animation Fauns, qui l’ont modélisé en 3D en suivant ses directives selon les lois de la physique et des matériaux. Pour créer notre planète, nous avons fait appel aux connaissances de l’astrophysicien François Forget du CNRS, et pour en imaginer la vie, nous nous sommes tournés vers le paléontologue Jean-Sébastien Steyer du Muséum national d’histoire naturelle. Les quatre ans qu’il nous a fallu pour boucler la réalisation des quatre volets de L’odyssée interstellaire ont, eux aussi, été une épopée ! Propos recueillis par Christine Guillemeau ARTE FRANCE/CURIOSITY STREAM/ZED/ESSENTIAL MEDIA AND ENTERTAINMENT
TIME & LIFE PICTURES ; RADIO FRANCE/CHRISTOPHE ABRAMOWITZ À l’occasion des 50 ans du festival de Woodstock, ARTE diffuse le mythique documentaire qui y fut tourné en 1969. Analyse avec le journaliste et écrivain Michka Assayas, qui a consacré un livre * à ces trois jours « de paix et de musique ». « La fin d’une époque » Vendredi 16 août à 22.50 Documentaire Woodstock Three Days of Peace and Music Lire page 21 Chaque dimanche, en juillet et août, Michka Assayas retrace l’histoire du festival dans son émission Very Good Trip sur France Inter Woodstock est-il le début ou la fin d’une ère ? Michka Assayas  : Woodstock marque la fin d’une époque  : c’est le dernier grand événement hippie, dans cet esprit candide contre la guerre au Viêtnam, pour l’amour et la paix. Le rassemblement était sans précédent, et ne s’est pas répété. On n’avait jamais fait de festival en pleine nature, dans un champ de luzerne. L’organisation était dépassée, des centaines de milliers de gens arrivaient de tous les côtés, il a plu quasiment tout le temps, personne ne jouait à l’heure prévue… Tout était réuni pour que ce soit un fiasco, et ça n’a pas été le cas. Les festivals qui ont suivi ont été bien mieux organisés. Ils se sont peu à peu professionnalisés. Quelle est votre histoire avec Woodstock, le film ? À sa sortie en salles, en 1970, j’avais 11 ans. J’ai découvert sur grand écran des musiques qui, avant, n’avaient pas d’image. Dans les années 1960, il y avait des magazines et quelques apparitions de groupes rock à la télé, mais les vidéos n’existaient pas. Le documentaire offrait une expérience sensorielle complète, totalement inédite, et a eu un très grand succès. Au collège, on s’est mis à écouter Santana et Hendrix parce qu’on l’avait vu. Il y a eu un avant et un après. Il s’agissait aussi d’un événement sociologique, à propos duquel, par exemple, les critiques du Masque et la plume, sur France Inter, se sont écharpés. Il représentait l’incursion d’un continent sauvage dans une France encore archaïque. Quel est votre passage préféré dans ce documentaire ? Quand les Who arrivent sur scène alors que le soleil se lève. C’est d’un lyrisme et d’une puissance incroyables. J’aime aussi le concert de Santana, que tout le public accompagne en faisant les percussions, comme dans une transe collective fabuleuse. Il y a eu néanmoins un moment de violence à Woodstock  : quand Abbie Hoffman, un militant révolutionnaire, monte sur scène entre deux chansons des Who, et que Pete Townshend l’assomme à coup de manche de guitare… Dans quelles circonstances le film a-t-il été fait ? Le réalisateur Michael Wadleigh et son assistant, Martin Scorsese, voulaient tourner un documentaire sur les pionniers du rock’n’roll. Les hippies, ce n’était pas leur truc. Arrivé sur place quelques jours avant le festival, Wadleigh a appelé Scorsese pour lui dire qu’il se passait quelque chose de démentiel. Rien n’avait donc été programmé, mais ils sont parvenus à saisir ce qui s’est joué durant ces trois jours. C’est un exemple captivant de cinéma vérité. Propos recueillis par Stéphane Deschamps * Woodstock, Three Days of Peace and Music, GM Éditions, 2018. 7ARTE MAG N°33. LE PROGRAMME DU 10 AU 16 AOÛT 2019



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