Arte Magazine n°32 5 aoû 2000
Arte Magazine n°32 5 aoû 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de 5 aoû 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : l’amour dévoilé... Yamina Benguigui enquête sur la sexualité en Orient

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 28 - 29  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
28 29
v en d redi 11 août 22.15 Docteur Lobotomie Il y a près de soixante ans, le neurologue portugais Egas Moniz réalisait la pre m i è re opération chirurgicale sur le cerveau humain. En croisant des commentaires savants avec les témoignages de malades psychiatriques, Joaquín Jordáo raconte l’histoire de la lobotomie et s’interroge sur les conséquences de cette pratique médicale. (Monos como Becky) Documentaire de Joaquín Jordáo (Portugal, 1999-1h37mn) Coproduction : Els Quatre Gats Audiovisuals S.L., avec la participation de La Sept ARTE LA SEPTARTE En 1935, Egas Moniz, un neurologue port u- gais, assiste à un congrès de spécialistes à L on d res. Deux docteurs américains, Fulton et Jacobsen, y présentent un singe appelé B e c k y. Ils expliquent à l’assistance stupéfaite qu’ils ont pratiqué une ablation du lobe central du cerveau et que la bête auparavant agressive est devenue aussi douce qu’une peluche. Le docteur Egas Moniz ret o urne au Portugal avec l’idée d’appliquer la thérapie à ses patients schizophrènes et d’apaiser ainsi leurs tourments. En 1949, il reçoit le prix Nobel pour avoir mis au point la lobotomie… Les patients d’un hôpital psychiatrique reconstituent la vie d’Egas Moniz. « Cette méthode est inhumaine, le patient devient un animal. Il sent juste la faim, le froid… » (Ramses, un patient) 28 - ARTE MAGAZINE n°32 - 5 août > 11 août 2000 Une vie diminuée Le réalisateur a choisi de raconter l’histoire d’Egas Moniz en faisant jouer une pièce det h é â t re aux patients d’un hôpital psychiatrique de Barcelone. En croisant les scènes de répétition avec des commentaire s savants, il retrace l’évolution de la lobotomie, a u j o urd’hui considérée par beaucoup comme l’une des horreurs médicales du X X e siècle. Pourtant, à l’époque, la lobotomie est bien accueillie par les directeurs des hôpitaux psychiatriques. Leurs établissements sont surpeuplés. Dans ce contexte, l’i n t ervention chirurgicale apparaît comme une solution... Le réalisateur a rencontré la famille d’Egas Moniz, visité sa maisonmusée, ret rouvé des images d’archives et i n t errogé des spécialistes. Si les témoignages d’historiens, de neurologues, et celui d’un biopsychologue privilégient une a p proche théorique, le film n’est pourt a n t pas un récit didactique. À travers le re g ard des malades devenus acteurs pour l’occasion, il pénètre dans l’univers psychiatrique. Devant la caméra, certains avouent être complètement drogués par les médicaments, d’autres parlent de perte de mémoire. Jo ao a été opéré à la suite d’une dépre s- sion qui l’a poussé jusqu’à la tentative de suicide. Aujourd’hui, son problème n’est pas résolu : après la lobotomie, il est toujours catalogué comme « maniaco-dépressif ». À travers ces exemples, on comprend que cette opération agit sur les troubles comportementaux sans réduire la souffrance psychique. Le film pose alors une question essentielle : si le but des techniques d’intervention est bien de redonner au patient une chance de vivre en le protégeant contre des pulsions autodestructrices, que signifie vivre dans ces conditions ?
23.50 Cinéma. La flûte enchantée (Troll Flöjten) Film d’Ingmar Bergman (Suède, 1975-2h15mn) - VOSTF Scénario : Ingmar Bergman, d’après l’opéra de W. A. Mozart Avec : Josef Köstlinger (Tamino), Irma Urrila (Pamina), Häkan Hagegard (Papageno), Elizabeth Eriksson (Papagena), Ulrik Cold (Sarastro), Birgit Nordin (la reine de la Nuit), Ragnar Ulfung (Monostatos), Erik Saeden (Talaren, le narrateur) Photographie : Sven Nykvist Décors : Henry Noremark Direction musicale : Eric Ericson Chorégraphie : Donya Feuer Montage : Karin Erskine Production : SR/TV2 ZDF Présenté au Festival de Cannes 1975 (hors compétition) Le prince Tamino et l’oiseleur Papageno décident d’aller libérer la princesse Pamina, enlevée par le sage Sarastro. Une superbe adaptation de Mozart signée Bergman, l’un des plus beaux opéras filmés. La fille de la reine de la Nuit, la princesse Pamina, vient d’être enlevée par le sage S a r a s t ro qui souhaite la fiancer au prince Tamino. Mais le vaillant prince, mal instru i t des intentions de Sarastro, entre prend de d é l i v rer la princesse avec l’aide de l’oiseleur Papageno et de trois suivantes de la re i ne de la Nuit. Celles-ci leur donnent les instru c- tions pour faire évader la princesse et leur o ff rent deux talismans destinés à les pro t é- ger : une flûte enchantée et un carillon magique… Dès lors, il leur arrive toutes les a v en t u res : ils éprouvent la méchanceté du M a u re Monostatos, subissent les épre u v e s de l’initiation, ret rouvent puis perd en t Pamina, et apprennent à connaître la grandeur d’âme de Sarastro … Bergman allegro « Réalisée par Ingmar Bergman deux ans après Scènes de la vie conjugale et produite également par la télévision suédoise, cette adaptation cinématographique de l’opéra de Mozart est, de l’avis de tous, l’un des plus beaux opéras filmés. Chaque séquence de ce film constitue une sourc e d’enchantement : Bergman, passionné depuis l’enfance par la Flûte enchantée, n’a pas souhaité gommer l’aspect ‘théâtral’de l’opéra mais l’a au contraire ingénieusement intégré dans son travail de mise en scène cinématographique. Avec une fluidité plus qu’admirable et une exceptionnelle adéquation avec l’esprit de Mozart luimême, le cinéaste a alterné plans de la scène, gros plans des visages des interprètes (au jeu prodigieusement non sophistiqué : Bergman expliqua à chacun des chanteurs ‘Plus vous serez souples, meilleur ce sera’) et du public (notamment le merveilleux visage d’une enfant captivée par le spectacle), et même – quelle tro u- vaille pleine d’humour ! – de brèves vues des artistes en coulisses. Toute la mise en scène de Bergman, superbe même si elle est, de temps à autre, marquée par l’esthétique télévisuelle, a abouti à re n d re pro d i- gieusement frais et allègre ce spectacle. Tout, ici, est grâce et va droit au cœur : le mérite en revient à Bergman pre s qu e autant qu’à Mozart. Quel compliment ! » (J.-F. Houben in Guide critique des films) ARTE MAGAZINE n°32 - 5 août > 11 août 2000 - 29 Le film devait être tourné au théâtre de Drottningholm, près de Stockholm, dans le palais du roi Gustave III. Mais le vieux théâtre du XVIII e siècle fut jugé trop fragile pour cette grande production. Aussi la scène fut-elle reconstruite morceau par morceau dans un studio moderne... Les airs de l’été 3 films d’opéra sur ARTE Aïda de Clemente Fracassi lundi 31 juillet à 20.45 Madame Butterfly de Frédéric Mitterrand vendredi 4 août à 23.50 La flûte enchantée d’Ingmar Bergman vendredi 11 août à 23.50 Une œuvre enchantée, l’un des plus beaux opéras filmés.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :