Arte Magazine n°32 4 aoû 2018
Arte Magazine n°32 4 aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de 4 aoû 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : Elvis, un double hommage...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°32. LE PROGRAMME DU 4 AU 10 AOÛT 2018 6 La bande-son du King Vendredi 10 août à 22.40 Documentaire Les sept vies d’Elvis Suivi du concert Elvis Aloha from Hawaii Lire page 21 « That’s All Right (Mama) » Juillet 1954, au studio Sun de Memphis, le jeune Elvis et ses deux musiciens s’amusent à reprendre un blues. Le producteur Sam Phillips aime ce qu’il entend et ce qui était une blague devient « That’s All Right (Mama) », premier single d’Elvis et invention du rockabilly, le début rural et sauvage du rock’n’roll. Le gamin misérable du Mississippi, qui avait passé son adolescence à écouter des musiciens noirs, est propulsé vedette dans son Sud natal. L’artiste amorce – avec sa gouaille sensuelle – une révolution musicale, mais aussi une transgression culturelle et sociale  : l’Amérique blanche écoute et désire enfin l’Amérique noire. Icône de la pop culture, Elvis Presley a connu une trajectoire exceptionnelle. À travers quatre chansons emblématiques de son répertoire, retour sur la vie mouvementée d’une légende, racontée dans un poignant documentaire. « Heartbreak Hotel » Elvis enregistre en janvier 1956 cette chanson écrite par un musicien country de Floride, d’après la lettre d’adieu d’un suicidé. Il vient de quitter le label Sun pour la major RCA et s’apprête à devenir le roi du monde avec le titre le plus sombre de sa carrière  : un blues pantelant et sangloté, qu’auraient pu chanter Hank Williams ou Billie Holiday. Les cent trente secondes de « Heartbreak Hotel » s’écoulent comme un compte à rebours, la complainte d’un homme de 21 ans qui se sait condamné à la gloire, au prix de sa liberté. Dans les années qui suivent, Elvis va beaucoup jouer la comédie à Hollywood et détester ça. Mais il n’a jamais aussi bien chanté la tragédie qu’ici. « In the Ghetto » En 1969, après plus d’une décennie à faire l’acteurchanteur, Elvis retrouve les studios de Memphis pour la première fois en quinze ans. Dans la nuit du 20 au 21 janvier, il travaille avec ses musiciens sur « In the Ghetto », titre qui ne l’emballait pas à cause des paroles engagées, évoquant la spirale de la pauvreté à Chicago. Chanteur populaire et consensuel, Elvis s’est toujours gardé de commenter les bouleversements sociaux de son pays. Au bout de vingt-trois prises, le résultat est pourtant à couper le souffle. Sa voix de velours noir est empreinte d’une gravité inédite. « Burning Love » À la fin de sa carrière, Elvis, désormais star de Las Vegas boudiné dans des costumes d’empereur kitsch, enregistre en mars 1972 en Californie une session d’où jaillira « Burning Love ». Un rock simple et sudiste dans l’esprit des années 1950, où tous les musiciens s’amusent (mention spéciale au guitariste). Loin des chansons orchestrées de ses concerts à Vegas, la voix du King semble rajeunie de quinze ans. D’abord sorti en catimini sur une compilation bon marché, ce titre sera son dernier tube. Stéphane Deschamps METRO GOLDWYN MAYER/CORBIS/GETTY IMAGES/SUNSET BOULEVARD
PHILIPPE HALSMAN/MAGNUM PHOTOS Au centre du saisissant documentaire La bombe de Rushmore DeNooyer, qui dévoile les secrets de fabrication de l’arme nucléaire, le physicien Robert Oppenheimer, artisan de sa réussite et conscient du danger qu’il enfante, révèle une personnalité complexe. Robert Oppenheimer, l’apprenti sorcier Mardi 7 août à 20.50 Documentaire La bombe Lire page 14 « Désormais je suis la mort, destructrice des mondes », répondit Robert Oppenheimer, physicien américain et père de la bombe atomique, citant Vishnu dans la Bhagavad-Gîtâ, à un journaliste qui lui demandait, vingt ans après, ce qu’il avait ressenti lors de la première explosion atomique de l’histoire, le 16 juillet 1945 au Nouveau-Mexique. Cette prophétie se concrétiserait quelques jours plus tard, alors que le président des États-Unis Harry Truman décidait de larguer ces nouvelles bombes sur Hiroshima, le 6 août, et Nagasaki le 9, causant des centaines de milliers de victimes et menant à la capitulation immédiate du Japon. Savant humaniste, Robert Oppenheimer, qui s’était prononcé pour le bombardement, se trouvait alors face à l’effroyable réalité qu’il avait contribué à engendrer. Né à New York en 1904, issu d’une famille aisée de juifs allemands, étudiant à Harvard puis en Europe, professeur de physique théorique à Berkeley, Robert Oppenheimer fut en effet choisi en 1942 comme directeur scientifique du projet Manhattan dont l’objectif était de concevoir la première bombe atomique, pour prendre de vitesse les nazis. NON À LA BOMBE H Pressenti après-guerre pour le prix Nobel de physique – qui lui échappera trois fois –, Robert Oppenheimer milite dès le début de la guerre froide pour des utilisations pacifiques et un contrôle international de l’énergie nucléaire. Il refuse également de s’investir dans le développement de la bombe à hydrogène, dite bombe H, d’une puissance cinquante fois supérieure à l’arme atomique. Succédant à Albert Einstein au poste que ce dernier occupait à Princeton, il est pris dans la tourmente de la chasse aux sorcières du sénateur McCarthy en 1954. Après avoir été longuement auditionné pour ses supposées affinités communistes et celles de ses proches, et bien que reconnu « loyal », la Commission à l’énergie atomique des États-Unis lui retire son habilitation à accéder à des documents classifiés. Se consacrant désormais à son activité d’enseignant, Robert Oppenheimer partagera ses réflexions sur le problème moral du savant dans le monde moderne, notamment dans La science et le bon sens, paru en 1955. Tout en le tenant à l’écart des secrets atomiques, le gouvernement américain lui offrira la réhabilitation en lui décernant le prestigieux prix Enrico-Fermi pour sa contribution aux progrès de la physique nucléaire, peu de temps avant qu’il ne s’éteigne d’un cancer en 1967, à 62 ans. Laure Naimski 7ARTE MAG N°32. LE PROGRAMME DU 4 AU 10 AOÛT 2018



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