Arte Magazine n°32 3 aoû 2019
Arte Magazine n°32 3 aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de 3 aoû 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Robert Redford...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°32. LE PROGRAMME DU 3 AU 9 AOÛT 2019 6 Ce séducteur discret doublé d’un idéaliste a marqué la mythologie hollywoodienne. Entretien avec le critique de cinéma Serge Kaganski, qui intervient dans un portrait de l’acteur cinéaste. Redford au naturel Dimanche 4 août à 20.55 Film Jeremiah Johnson à 22.45 Documentaire Robert Redford L’ange blond Lire pages 10 et 11 En replay jusqu’au 2 septembre Quelle est la place de Robert Redford dans l’histoire d’Hollywood et dans quelle filiation s’inscrit-il à ses débuts ? Serge Kaganski  : Il se situe dans la lignée des grands séducteurs et des jeunes premiers, à la manière d’Errol Flynnet de Gary Cooper. Mais c’est aussi un acteur moderne qui ne cabotine pas et dont le jeu discret et économe va alors à l’encontre de la méthode de l’Actors Studio. Héritier du classicisme, il prend aussi acte de sa fin, ainsi que l’illustrent des films comme Jeremiah Johnson et Le cavalier électrique de Sydney Pollack, ou des blockbusters ironiques et néo-classiques comme L’arnaque ou Butch Cassidy et le Kid de George Roy Hill. Les longs métrages qu’il a réalisés empruntent aux grandes mythologies américaines selon une relecture parfois critique – la nature, les chevaux, les cow-boys, la famille, le pouvoir. Bien avant que cela ne devienne des sujets majeurs, il s’est révélé sensible aux questions environnementales et à la culture indienne. Quelle importance a joué son passage aux Beaux-Arts dans son parcours ? Peindre a été sa vocation première. Contre l’avis de ses parents et avec son propre argent, il est venu en France étudier les arts plastiques. Son passage aux Beaux-Arts de Paris a cependant été bref car l’enseignement académique ne lui a pas convenu. Il a expérimenté un temps la vie de bohème jusqu’au moment où il a réalisé qu’il aurait beaucoup de mal à tenir ainsi sur la durée. Un concours de circonstances et de rencontres l’a amené vers le métier d’acteur, qui semble, paradoxalement, avoir été plutôt un moyen qu’une fin. Il a poursuivi dans cette voie, avant tout pour pouvoir investir dans l’école de cinéma qu’il a ouverte en Utah, puis dans le festival de Sundance qu’il a fondé et dans ses projets écologiques. Il est d’ailleurs revenu tardivement à la peinture. Il explique que cela l’apaise énormément. Quel héritage va-t-il laisser ? L’Amérique a toujours engendré des artistes qui la ramènent à ses idéaux démocratiques fondateurs, et je pense que Redford a été de ceux-là. Cette image comporte un revers  : on peut le trouver trop consensuel et idéaliste – il a d’ailleurs toujours joué les gentils. Aujourd’hui, un acteur comme Brad Pitt est clairement son héritier, par sa ressemblance physique, la sympathie qu’il dégage, mais aussi par son humour, quoiqu’il aille plus loin que Redford de ce côté-là. Le film Et au milieu coule une rivière a vraiment servi de passage de témoin entre eux deux. Propos recueillis par Augustin Faure CHRISTOPHE D YVOIRE/SYGMA VIA GETTY IMAGES
SPOTFILMS ; MK PRODUCTIONS/D.R. ; 1976 THE FILM FOUNDATION/THE FILM DEVELOPMENT COUNCIL OF THE PHILIPPINES. Pendant deux semaines, la chaîne diffuse une sélection du meilleur du cinéma asiatique. Olivier Père, le directeur du cinéma d’ARTE France, en présente trois films emblématiques. Asie nouvelle « The Assassin » « Dernier film en date de Hou Hsiao-hsien, The Assassin s’inscrit dans la tradition codée du wu xia pian, le film de sabre à costumes, dont il propose une relecture personnelle et poétique. On y voit certes de magnifiques combats chorégraphiques et aériens, mais leur part est moindre qu’à l’accoutumée dans le genre. Ce qui prime ici, c’est la place de la nature et le rapport graphique qu’entretient le cinéaste avec le monde qu’il filme. Il s’inspire de la peinture chinoise et de la calligraphie, et cela transparaît dans son esthétique. En racontant l’histoire somme toute classique d’une jeune fille entraînée pour devenir une tueuse infaillible, le cinéaste taïwanais réussit à sonder la profondeur de l’âme humaine, au-delà de la splendeur visuelle du film. Le prix de la mise en scène qui lui a été décerné à Cannes en 2015 est amplement mérité. » « Insiang » « Premier cinéaste philippin reconnu dans les grands festivals internationaux, dont Cannes, Lino Brocka fut important dans les années 1970, puis un peu oublié. Mais certains de ses films ont été restaurés, notamment grâce à la Film Foundation de Martin Scorsese. Acteur, réalisateur (Manille, diffusé l’an dernier sur ARTE), mais aussi activiste opposé à la terrible dictature de Marcos, il était une célébrité dans son pays. Si on devait le comparer à un cinéaste européen, on citerait Fassbinder ou Pasolini  : des consciences intellectuelles, des porte-parole. Film sur la violence sociale à l’échelle d’une famille, Insiang explore le sous-prolétariat de Manille. C’est un beau mélodrame passionnel, avec une issue tragique. » The Assassin Au-delà des montagnes Insiang « Au-delà des montagnes » « Avant ce film, coproduit par ARTE France Cinéma et découvert à Cannes, Jia Zhangke avait notamment livré des chroniques sur une Chine s’éveillant à la mondialisation – je pense par exemple à Platform. Au-delà des montagnes s’avère plus ample parce que, pour la première fois, le cinéaste montre le passé, le présent, mais également le futur de son pays avec un épisode d’anticipation se déroulant en 2025. Il raconte comment la Chine s’est modernisée pour devenir un empire économique, au risque d’en oublier ses racines et de sacrifier une part de sa culture. Il offre une belle réflexion sur le temps qui passe, avec comme point de départ le passage à l’an 2000. Zhao Tao, sa femme et sa muse, en tient magistralement le rôle principal. » Propos recueillis par Pascal Mouneyres Cycle cinéma asiatique Lundi 5 août Le maître d’armes à 20.50 The Assassin à 22.30 Lire page 13 Mercredi 7 août Coming Home à 20.55 Insiang à 23.35 Lire pages 16 et 17 Lundi 12 août Mr. Long à 22.30 Mercredi 14 août Au-delà des montagnes à 20.55 Quatre pépites sont par ailleurs disponibles sur arte.tv jusqu’au 30 septembre  : Big Man Japan et Symbol de et avec Hitoshi Matsumoto, ainsi que A Scene at the Sea et Hana-bi (1997) du maître Takeshi Kitano 7ARTE MAG N°32. LE PROGRAMME DU 3 AU 9 AOÛT 2019



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