Arte Magazine n°32 1er aoû 2020
Arte Magazine n°32 1er aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de 1er aoû 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Salzbourg en fête.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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lundi 3 août ARTE MAG N°32. LE PROGRAMME DU 1 ER AU 7 AOÛT 2020 16 20.55 Cinéma L’héritière Un père s’oppose au mariage de sa fille, persuadé que son prétendant n’en veut qu’à sa fortune. Avec Olivia de Havilland et Montgomery Clift, un drame psychologique élégant et cruel de William Wyler. New York au mitan du XIX e siècle. Le richissime docteur Sloper, veuf depuis de longues années, désespère de marier sa fille Catherine, qui ne brille ni par sa grâce ni par sa conversation. Lors d’un bal, cette dernière est courtisée par Morris Townsend, un jeune homme aussi beau que désargenté. Quelque temps plus tard, Morris demande la main de Catherine. Mais le docteur Sloper, persuadé d’avoir affaire à un coureur de dot, la lui refuse et entraîne sa fille en Europe. À leur retour, les amoureux se retrouvent, toujours déterminés à se marier. Menaçant sa fille de la déshériter, le père de Catherine lui avoue le fond de sa pensée  : au regard de ses attraits limités, Morris ne peut que convoiter sa fortune... NBC UNIVERSAL PRISON DORÉE La manifestation du mépris réprimé de son père, habité par le souvenir idéalisé de sa défunte épouse, et la perte de ses illusions amoureuses conduiront la timide Catherine sur la voie de l’émancipation. « Je peux être très cruelle. J’ai été à l’école des plus grands maîtres », dira-t-elle à sa tante (formidable Miriam Hopkins) à l’heure de la revanche. Malmenée par le shakespearien Ralph Richardson et l’irrésistible Montgomery Clift, dont le jeu dépouillé diffuse une troublante ambiguïté, Olivia de Havilland, justement oscarisée, évolue de la vulnérabilité à l’implacabilité avec une justesse époustouflante. Direction d’acteurs impeccable, décors et cadrages soignés, complexité psychologique...  : avec L’héritière, adapté d’une pièce de théâtre de Ruth et Augustus Goetz, elle-même tirée du roman d’Henry James Washington Square, William Wyler (Ben-Hur, Vacances romaines) signe un mélodrame aussi cruel que subtil, et l’une de ses plus belles réussites. Meilleurs actrice (Olivia de Havilland), décors, costumes et musique, Oscars 1950 (The Heiress) Film de William Wyler (États-Unis, 1949, 1h51mn, noir et blanc, VF/VOSTF) - Scénario  : Ruth Goetz et Augustus Goetz, d’après leur pièce The Heiress, adaptée du roman de Henry James Washington Square - Avec  : Olivia de Havilland (Catherine Sloper), Montgomery Clift (Morris Townsend), Ralph Richardson (le docteur Austin Sloper), Miriam Hopkins (Lavinia Penniman) - Production  : Paramount Pictures
1964 TOHO CO., LTD. 22.45 Cinéma Trésors du cinéma asiatique Une femme dans la tourmente Le frère cadet d’un soldat mort au front s’éprend de sa belle-sœur, jeune veuve vertueuse. D’une grande élégance, un mélo déchirant de Mikio Naruse dans le Japon d’après-guerre. Veuve de guerre depuis dix-huit ans, la douce Reiko, qui n’a jamais quitté la famille de son défunt mari, s’occupe avec abnégation de l’épicerie de quartier qui les fait vivre, elle, sa belle-mère et Koji, son beau-frère, sur lequel elle veille tendrement. Depuis son retour de l’université, le jeune homme, de onze ans son cadet, se cherche, entre nuits alcoolisées, parties de mahjong et bagarres. Alors que l’avènement des grandes surfaces menace l’avenir des petites boutiques d’alimentation, celui-ci propose de transformer l’échoppe familiale en supermarché, à la condition que Reiko le dirige. Mais ses sœurs aînées et leurs conjoints estiment sans état d’âme que le temps est venu pour la jeune femme de refaire sa vie, avec ou sans son assentiment. Un soir, Koji avoue à Reiko qu’il l’aime. AMOUR EMPÊCHÉ Les grands films se déclarent souvent dès les premières images. Une femme dans la tourmente est de ceux-là. Chronique en noir et blanc d’une époque charnière dans un Japon meurtri par la guerre et déjà lancé dans une autre inhumanité − celle de la modernité capitaliste −, le film du raffiné Mikio Naruse met en scène une belle âme attachée à des valeurs du passé, en proie à un dilemme. La vertueuse Reiko, incarnée avec une délicate retenue par Hideko Takamine, se défend de s’être sacrifiée toutes ces années, le bien-être de ses proches suffisant simplement, croit-elle, à assurer le sien. Tandis que l’écorché vif Koji l’observe, bouleversé par sa grâce et ses discrètes manières, la jeune veuve, elle, s’est enfermée dans la nostalgie de son cher disparu − épousé dans l’urgence du conflit −, dont elle contemple chaque soir le portrait malgré la brièveté de leur union. La passion vibrante du jeune homme, qu’elle ne considérait jusque-là que comme un enfant terrible touchant, lui fait peur. Subtilement réalisé, avec cet art de faire tout dire aux petits riens du quotidien, un mélo déchirant. Lire page 8 (Midareru) Film de Mikio Naruse (Japon, 1964, 1h34mn, noir et blanc, VOSTF) - Scénario  : Zenzo Matsuyama, d’après une histoire de Mikio Naruse Avec  : Hideko Takamine (Reiko Morita), Yuzo Kayama (Koji Morita), Mitisuko Kusabue (Hisako Morizono), Yumi Shirakawa (Takato Morita), Aiko Mimasu (Shizu Morita), Mie Hama (Ruriko) - Production  : Toho 31/10 I 0.25 Cinéma Trésors du cinéma asiatique Saya Zamuraï Pour sauver sa peau, un vieux guerrier déchu doit dérider un jeune seigneur. Une fable désenchantée qui tourne en dérision les films de samouraïs et l’industrie du divertissement. Depuis la disparition de sa femme, le vieux samouraï Kanjuro Nomi est en fuite  : il a déserté son clan et sa tête est mise à prix. Des chasseurs de primes comme Pakyun et Gori-Gori sont lancés à ses trousses. Pire, Tae, sa fille au caractère bien trempé, lui demande de se suicider pour laver son honneur. Lorsque Kanjuro Nomi est fait prisonnier par les hommes du seigneur local, celui-ci le condamne aux « travaux de trente jours »  : il a un mois pour faire sourire son jeune fils, dépressif et mutique depuis la mort de sa mère. En cas d’échec, le samouraï devra se résoudre à un seppuku (suicide rituel) en public. BURLESQUE Avec cette fable désenchantée carburant à l’humour déceptif, Hitoshi Matsumoto désosse la mécanique du rire  : qu’est-ce qui le provoque ? De quels ressorts doivent user les comiques ? Les one-man-shows du samouraï − sorte de Buster Keaton amorphe et masochiste − se succèdent dans l’atonie générale, ne recueillant que le silence consterné du seigneur et de son fils. Pourtant, ce burlesque dysfonctionnel et l’avilissement absurde du prisonnier nous amusent, nous, spectateurs... Réduisant à zéro le prestige des films de samouraïs, Saya Zamuraï éreinte les codes de la culture populaire nippone. À travers ce guerrier déchu, figure iconique réduite à celle d’un clown pathétique, ce film administre surtout une claque drolatique à l’industrie du divertissement et à son nivellement des valeurs. Lire page 8 (Saya-zamurai) Film de Hitoshi Matsumoto (Japon, 2011, 1h39mn, VF/VOSTF) -Scénario  : Hitoshi Matsumoto, Mituyoshi Takasu, Itsuji Itao, Tomoji Hasagawa, Koji Ema, Mitsuru Kuramoto - Avec  : Takaaki Nomi (Kanjuro Nomi), Sea Kumada (Tae), Itsuji Itao (un gardien), Tokio Emoto (Heikichi), Ryo (O’Ryu), Rolly (Pakyun), Zennosuke Fukkin (Gori-Gori), Jun Kunimura (le seigneur) Production  : Yoshimoto Kogyo Company, Kryoraku Sangyo 31/10 2011 SAYA ZAMURAI PRODUCTION COMMITTEE I lundi 3 août ARTE MAG N°32. LE PROGRAMME DU 1 ER AU 7 AOÛT 2020 17



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