Arte Magazine n°31 27 juillet 2019
Arte Magazine n°31 27 juillet 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°31 de 27 juillet 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Squadra criminale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°31. LE PROGRAMME DU 27 JUILLET AU 2 AOÛT 2019 6 Dans un éclairant documentaire, la réalisatrice Laetitia Ohnona suit le parcours judiciaire éprouvant de femmes ayant subi un viol, et dénonce les a priori qui continuent de peser sur elles. Entretien. « On trie les victimes de viol » Laetitia Ohnona L’été des grands documentaires de société Retrouvez tous les films de cette collection  : à l’antenne chaque mardi durant tout l’été ; en avant-première et pour plusieurs mois sur arte.tv ; ainsi que sur le site d’ARTE Magazine. Pourquoi la réponse pénale apportée aux victimes de viol s’avère-t-elle inadaptée ? Laetitia Ohnona  : Les chiffres sont éloquents. On estime à 200 000 le nombre de viols ou tentatives par an en France. Or, seulement 16 000 plaintes sont déposées chaque année, dont 10% parviennent jusqu’aux assises. Cette pyramide vertigineuse s’explique par plusieurs raisons. Tout d’abord, le budget indigent alloué à la justice française. Si toutes les plaintes aboutissaient, le système, déjà saturé, exploserait littéralement. On trie donc les victimes pour ne choisir que les dossiers les plus solides, c’est-à-dire ceux comportant des traces d’ADN, de sperme, de violence physique, soit une minorité des affaires de viol. Dans la plupart des cas, il n’existe pas de preuves matérielles. On se retrouve face à une configuration parole contre parole, très complexe sur le plan judiciaire, d’autant que notre système se fonde – et c’est d’ailleurs heureux – sur la présomption d’innocence. C’est à la victime de prouver la culpabilité de son agresseur. Ce parcours judiciaire éprouvant, qui dure en moyenne quatre ans, décourage de nombreuses femmes. Le mouvement #MeToo a-t-il amélioré la prise en compte de cette parole ? J’ai commencé ce film il y a sept ans, et il est clair que le climat a changé. Les policiers et les gendarmes se forment de plus en plus à l’accueil des victimes et on les écoute davantage. Mais passé l’euphorie du mouvement, on assiste aussi à un phénomène de saturation et à un désert éducationnel sur la question du consentement. Cette révolution sociétale ne se fera pas en deux ans. Il faudra compter une, voire deux générations. Selon vous, cette violence est-elle systémique ? Ce documentaire ne constitue pas une attaque contre le système judiciaire, qui fait avec les moyens qu’il n’a pas, mais une dénonciation du regard porté sur les femmes victimes de viol. Je ne me suis intéressée qu’à elles – et non aux hommes ni aux mineurs – parce qu’elles seules sont d’emblée soupçonnées d’une coresponsabilité. Le jour où l’on cessera de leur demander pourquoi elles portaient cette jupe ce soir-là, combien de verres elles ont bu... on pourra parler d’évolution. Pour l’instant, notre société patriarcale continue à faire peser sur ces femmes un a priori terrifiant. Propos recueillis par Laetitia Moller Mardi 30 juillet à 22.30 Documentaire Elle l’a bien cherché Lire page 15 Déjà disponible et en ligne jusqu’au 5 juin 2021 MEMENTO FILMS PRODUCTION
CESKA TELEVIZE Catharsis tchèque Dans Le village des secrets, un jeune documentariste tente de démêler le vrai du faux après le lynchage d’un Rom. Entretien avec Harold Apter, scénariste américain chevronné et showrunner de cette remarquable série tchèque. Harold Apter Jeudi 1er août à 20.55 Série Le village des secrets (1-4) Lire page 18 En replay jusqu’au 30 août Comment êtes-vous intervenu sur cette série ? Harold Apter  : Lorsque la télévision tchèque a lancé un concours d’écriture pour former des scénaristes, j’ai été invité à animer une masterclass à Prague avec une douzaine de participants, où se mélangeaient étudiants en cinéma et professionnels. Le pilote lauréat devait ensuite être réalisé. Le village des secrets a gagné, mais nous avons convié tous les scénaristes dont les projets avaient été jugés intéressants à collaborer avec nous pour développer le scénario. En tant que showrunner, j’ai plus particulièrement travaillé sur la structure du récit et sur les personnages, mais j’ai aussi chapeauté l’ensemble de la série jusqu’à la réalisation. Cerise sur le gâteau, ARTE a souhaité la coproduire. Une première pour la télévision tchèque ! Était-ce important pour vous de travailler sur le thème du racisme ? Oui. Le scénario, qui s’enracine autour du meurtre du jeune Denis dans un village de Bohême, s’inspire d’un lynchage dans le sud des États-Unis. Nous souhaitions être prudents sur ce que nous montrions. Aussi avons-nous fait appel à un consultant rom, afin de briser les préjugés concernant cette population marginalisée. Pour être le plus réaliste possible, nous avons confié le rôle du frère de Denis à Marsell Bendig, un jeune Rom non professionnel, confondant de naturel. Tous les comédiens sont remarquables… Certains acteurs comme Pavel Kriz ou Zuzana Stivinova sont très connus en République tchèque. Cette série a aussi révélé le talent de Stepanka Fingerhutova, merveilleuse dans le rôle d’Helena. Matej Andel a passé des auditions et s’est montré le meilleur pour interpréter Lukas, le personnage principal, ce jeune documentariste qui rend tout le village nerveux et va l’amener à dévoiler ses secrets. L’élaboration d’une série diffère-t-elle en République tchèque et aux États-Unis ? Non. Partout, il faut se poser les mêmes questions pour parvenir à une série de qualité  : racontonsnous une bonne histoire ? Les personnages sont-ils crédibles ? Il existe une gamme d’émotions universelle même si elles s’expriment différemment. Nous cherchons tous l’amour, nous nous interrogeons tous sur la mort, etc. Cette universalité rend les personnages captivants. Peu importe la nationalité. Propos recueillis par Laure Naimski 7ARTE MAG N°31. LE PROGRAMME DU 27 JUILLET AU 2 AOÛT 2019



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