Arte Magazine n°30 21 jui 2018
Arte Magazine n°30 21 jui 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de 21 jui 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : le monde dans l'objectif.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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lundi 23 juillet ARTE MAG N°30. LE PROGRAMME DU 21 AU 27 JUILLET 2018 20.50 Cinéma Soirée Jacques Tati Mon oncle Où M. Hulot, apparu en vacancier en 1953, est lancé par son créateur, telle une bombe à déflagration lente, dans l’univers délirant de la modernité « fonctionnelle ». LES FILMS DE MON ONCLE M. Hulot, gentil hurluberlu, habite un modeste deux-pièces dans un vieux quartier populaire. Il rend parfois visite à sa sœur, mariée à M. Arpel, un riche industriel qui fabrique des tuyaux en plastique. Les Arpel habitent une villa ultramoderne pourvue des dernières innovations de l’électroménager. Gérard, leur fils de 9 ans, adore cet oncle fantaisiste qui sait si bien partager ses jeux. C’est suffisant pour que M. Arpel cherche à les éloigner l’un de l’autre. Il trouve à son beau-frère un emploi dans son usine, mais Hulot, incapable d’un travail suivi, y sème le désordre... FEU D’ARTIFICE L’humour de Mon oncle repose entièrement sur l’inadaptation d’un homme « normal », mais timide et lunatique, dans un monde qui a perdu tout sens de la raison et de la mesure, malgré son obsession de la rentabilité et du fonctionnalisme. Satire du snobisme, des délires architecturaux (la villa Arpel est l’autre personnage inoubliable du film) et d’un univers pavillonnaire aliénant, Mon oncle est un feu d’artifice 16 de trouvailles de mise en scène, avec l’invention d’un burlesque moderne qui exploite le moindre objet, le moindre détail à des fins comiques et poétiques, sans parler du perfectionnisme formel de Tati sur la couleur, qu’il utilise pour la première fois. Le cinéaste développe aussi ses recherches sur le son et le langage, après les ruminations paysannes du facteur François dans Jour de fête – bribes de phrases, babil mondain, expressions toutes faites qui côtoient onomatopées et propos incompréhensibles... Godard s’en souviendra, allant jusqu’à rendre un hommage explicite à Tati dans Soigne ta droite (Tati écrivit et interpréta un court métrage réalisé par René Clément  : Soigne ton gauche). Meilleur film étranger, Oscars 1959 Lire page 4 Film de Jacques Tati (France, 1958, 1h50mn) Scénario et dialogues  : Jacques Tati et Jean L’Hôte, avec la collaboration artistique de Jacques Lagrange Avec  : Jacques Tati (M. Hulot), Jean-Pierre Zola (Charles Arpel), Adrienne Servante (Mme Arpel), Alain Bécourt (Gérard Arpel) - (R. du 13/12/1993) - Version restaurée DOC EN STOCK 22.45 Soirée Jacques Tati Tati express Une traversée alerte de l’œuvre de Jacques Tati pour un saisissant jeu de miroirs entre passé et présent. Avec, entre autres réjouissantes archives, de nombreuses citations du maître. Acteur de génie et metteur en scène virtuose, Jacques Tati est le créateur d’un univers poétique et burlesque qui a marqué l’histoire du cinéma. Mais la dimension comique de son œuvre, entrée au panthéon des classiques, repose aussi sur sa vision subversive d’un culte du progrès qui n’a cessé de s’amplifier. Découverte de la consommation et des loisirs, course effrénée à la croissance, fascination pour la technique, urbanisation à marche forcée, obsession de la performance...  : réalisés entre 1949 et 1967, Jour de fête, Les vacances de M. Hulot, Mon oncle ou Playtime observent avec acuité une société qui s’emballe sous l’effet de la « modernité ». Les regarder aujourd’hui, c’est contempler pour en rire la naissance d’un dogme qui s’est imposé à tous, comme on feuillette joyeusement un album de famille qui nous dirait d’où nous venons. TRAIN D’ENFER Mêlant images de fiction et archives d’époque – actualités et inénarrables publicités notamment –, Emmanuel Leconte et Simon Wallon proposent une traversée à cent à l’heure de l’œuvre de Jacques Tati, comme si ce documentaire épousait lui aussi le train d’enfer des changements amenés par les Trente Glorieuses. Un voyage à la fois jubilatoire et teinté de mélancolie, qui permet de comprendre l’intensité des bouleversements sociaux et culturels de l’époque, mais aussi de revoir les scènes les plus visionnaires de la filmographie du cinéaste, dont on retiendra cette confidence, soufflée après l’échec commercial fracassant de Playtime, qui entraînera la saisie pendant dix ans de son catalogue  : « J’en ai un p’tit peu bavé. » Lire page 4 Documentaire d’Emmanuel Leconte et Simon Wallon (France, 2015, 57mn) - Coproduction  : ARTE France, Doc en Stock, Les Films de Mon Oncle, INA - (R. du 21/12/2015)
23.45 Cinéma Ipcress – Danger immédiat L’agent secret Harry Palmer est chargé de retrouver un scientifique disparu. Sobre et sans glam, un anti-James Bond salué par la critique et devenu culte, notamment grâce à l’interprétation de Michael Caine. CARLTON INTERNATIONAL MEDIA LTD/KOCH FILMS Un éminent scientifique est kidnappé, laissant derrière lui le cadavre de l’agent qui était censé le protéger. Pour le remplacer, les services secrets britanniques font appel au sergent Harry Palmer. Insolent et insubordonné, Palmer n’en est pas moins un excellent élément. Dans son enquête, il trouve quelques mètres de pellicule sonore portant l’étiquette « Ipcress »...  : un raccourci pour « Induction of psychoneuroses by conditioned reflex under stress », soit le contrôle d’un homme par la torture mentale. NON-SWINGING LONDON Récompensé par trois Bafta Awards en 1966 et aujourd’hui considéré comme un film culte d’espionnage à l’anglaise, Ipcress – Danger immédiat se distingue tout d’abord par son réalisme brut, proche de celui d’un Le Carré. Sydney J. Fury dépeint un monde des services secrets aux antipodes des cascades survitaminées de la série des James Bond, avec la collaboration du producteur et du compositeur attitrés de celle-ci, Harry Saltzman et John Barry. Épaulé par une réalisation inventive et millimétrée, Michael Caine excelle (à tel point que le film connaîtra quatre suites !) dans ce Londres d’agents secrets qui ne swingue définitivement pas. Meilleurs film, image et direction artistique, Bafta Awards 1966 (The Ipcress File) Film de Sidney J. Furie (Royaume-Uni, 1965, 1h43mn, VF/VOSTF) - Scénario  : W. H. Canaway et James Doran, d’après le roman éponyme de Len Deighton - Avec  : Michael Caine (Harry Palmer), Nigel Green (le commandant Dalby), Guy Doleman (le colonel Ross), Sue Lloyd (Jean), Gordon Jackson (Carswell), Aubrey Richards (Radcliffe), Frank Gatliff (Bluejay) - Musique  : John Barry - Production  : The Rank Organisation, Lowndes Productions Limited, Steven S.A. 1.30 La lucarne Shalom Italia Soixante-dix ans après avoir échappé à la déportation en Italie, trois frères arpentent la campagne toscane pour retrouver la grotte où ils ont été cachés, et la trace de leurs souvenirs. Juifs aisés et sans histoires, les Castelnuovo- Gnagnatti vivaient avant-guerre dans un bel immeuble de Florence. Pour échapper aux rafles, ils ont dû trouver refuge loin de la ville, d’abord à Campoli puis à Villa a Sesta. À l’hiver 1943, prévenus de leur arrestation imminente, le père, la mère, les quatre fils et leurs deux grands-mères ont pris la fuite vers les bois environnants. Soixante-dix ans après avoir quitté leur abri de fortune – une grotte, dans leur souvenir –, les trois derniers frères encore en vie font le voyage depuis Israël. Arpentant la campagne toscane, ils espèrent retrouver la « cachette » à laquelle ils doivent leur survie. ROBINS DES BOIS À l’initiative de l’expédition, le cadet Ruben, dit « Boubi », 74 ans, ne se souvient de presque rien. Il avait 5 ans lorsqu’ils ont été dépouillés et pourchassés par les fascistes. Devenu en Israël une sommité de la préhistoire, Il professore Emmanuel, 84 ans, s’est de son côté obstiné à tout oublier. Pour Andrea, physicien athlétique de 82 ans, les mois passés cachés en forêt demeurent au contraire « une période merveilleuse »  : « On jouait à Robin des Bois. On était tous ensemble. » De chicaneries en marques d’affection, de sentiers escarpés en haltes villageoises, Ruben, Emmanuel et Andrea confrontent leur mémoire aux détails que les uns ou les autres font rejaillir en chemin. Sur les terres italiennes de leurs parents et amis disparus, le périple, vivant et joyeux, de ces trois vieux messieurs a la saveur de leur survie miraculeuse. Documentaire de Tamar Tal Anati(Israël/Allemagne, 2016, 1h09mn) - Production  : NDR, Tamar Tal Films, Celluloid Fabrik, kNow Productions TAMAR TAL ANATI lundi 23 juillet ARTE MAG N°30. LE PROGRAMME DU 21 AU 27 JUILLET 2018 17



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