Arte Magazine n°30 20 jui 2019
Arte Magazine n°30 20 jui 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de 20 jui 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Jack le magnétique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°30. LE PROGRAMME DU 20 AU 26 JUILLET 2019 6 Dimanche 21 juillet Film Les sorcières d’Eastwick à 20.55 Documentaire Dr. Jack & Mr. Nicholson à 22.50 Lire pages 13-14 En ligne du 14 au 27 juillet Wild Jack Jeune acteur de série Z devenu prince du Nouvel Hollywood, Jack Nicholson a élevé l’image de l’antihéros au rang de mythe. En marge d’une soirée spéciale, passage en revue des principales figures qu’il a incarnées. L’enragé Dans le documentaire qu’elle lui consacre, Dr. Jack & Mr. Nicholson, Emmanuelle Nobécourt évoque la perturbante histoire familiale de l’acteur – celle qu’il croyait être sa sœur était en réalité sa mère – comme origine possible de l’intensité de ses colères au cinéma. Qu’il s’attaque à la table dressée d’un diner dans Cinq pièces faciles, à son véhicule enlisé dans Profession  : reporter, à Faye Dunaway (Chinatown) ou à Louise Fletcher (Vol au-dessus d’un nid de coucou), Nicholson confère une folie et une gestuelle dérangeantes aux accès de rage communs à la plupart de ses rôles. Froide et vengeresse (Crossing Guard), rentrée et sardonique (Pour le pire et pour le meilleur) ou proprement démente (Shining), la fureur jouée par la star émane de son caractère viscéralement rebelle, anticonformiste et hors de contrôle. L’homme qui rit Ironique ou inquiétant, l’impeccable et large sourire de Nicholson se déploie béat sous l’emprise de drogues (Easy Rider), séducteur pour captiver ses proies féminines (Shirley MacLaine dans Tendres passions, Diane Keaton et Amanda Peet dans Tout peut arriver), dans des farces déjantées (Mars Attacks !) comme dans des comédies noires (le tueur bêta de L’honneur des Prizzi). Car Jack Nicholson est fondamentalement drôle, maniant à la perfection humour, désinvolture et dérision, à l’écran comme à la ville. Rien d’étonnant à ce que, élu « clown de la classe » en 1954, il finisse par incarner celui au sourire tracé à la lame de rasoir  : le Joker dans Batman de Tim Burton. Sauf que ce clown-là est aussi incroyablement méchant ! Le diable Même s’il peut se montrer fragile, en asocial vaincu par le système (Vol au-dessus d’un nid de coucou), en privé à la Chandler défait par un patriarche malfaisant (Chinatown), ou en pleine crise existentielle tardive (Monsieur Schmidt), la présence de Nicholson reste déstabilisante. À 82 ans, l’acteur est avant tout renommé pour ses incarnations maléfiques. Sa spectaculaire interprétation d’un écrivain sombrant dans une folie meurtrière chez Kubrick (Shining) a terrifié plus d’un spectateur. Poussant par la suite le jeu de sourcils diabolique jusqu’à l’outrance, Nicholson a personnifié un loup-garou (Wolf) et même le diable en personne (Les sorcières d’Eastwick). Sans oublier le parrain de la mafia irlandaise des Infiltrés de Scorsese, figure du mal réaliste et glaçante, qui apporte une magistrale dernière touche à une filmographie éblouissante. Marie Gérard GIRIBALDI/GAMMA-RAPHO/GETTY IMAGES
PATRIC JEAN L’envers du décor Patric Jean Mardi 23 juillet à 22.40 Documentaire Le monde parfait Lire page 19 En ligne du 28 juin 2019 au 4 juin 2021 Pourquoi avoir posé votre caméra dans un centre commercial ? Patric Jean  : J’avais envie depuis très longtemps de filmer un lieu qui soit la quintessence de la société contemporaine sur les plans social, économique et politique. Le centre commercial résume à lui seul la consommation, avec son offre de magasins et de loisirs de masse  : cinémas, bowlings, salles de paintball, etc. C’est aussi un lieu de socialisation qui attire toutes les générations, des amoureux aux familles. En quoi ce lieu éclaire-t-il l’évolution de notre société ? Pendant très longtemps, l’espace public – je pense à la place du village – a été le lieu privilégié de la socialisation. Avec le centre commercial, on assiste à son glissement vers l’espace privé. Dans une société, les conflits (dans le couple, entre voisins ou collègues) relèvent de la normalité. Ce qui fait le « vivre-ensemble », c’est la capacité que l’on a de les résoudre. Dans l’espace privatisé du centre commercial, les conflits deviennent impossibles  : les clochards ou les ados turbulents sont conduits vers la sortie. La sécurité – fonction régalienne par excellence – est régie par un propriétaire dans le seul but de faciliter les achats. Le centre commercial se distingue par ailleurs des autres espaces collectifs au niveau culturel. Le sacré, qu’il relève du spirituel ou de la symbolique laïque – celle que l’on trouve par exemple dans une mairie –, y est banni. C’est un lieu qui se pense neutre, apolitique, où l’humain est réduit à ses seules fonctions monétisées. Pendant plusieurs mois, le réalisateur Patric Jean (La domination masculine) s’est installé dans un centre commercial pour mettre en lumière sa part d’invisible et ce qu’elle révèle de la société. Entretien. Selon quels critères avez-vous choisi le centre commercial où vous avez tourné ? Celui-ci présentait l’avantage d’être particulièrement esthétique et accueillant, mais j’aurais pu en choisir un autre car ce que je donne à voir est aussi invisible qu’universel. Dans un centre commercial, il n’y a ni méchants ni gentils  : les commerçants sont sympathiques et les clients, contents d’être là. Derrière l’image vertueuse que se donne ce monde idéal, tout concourt pourtant à l’exploitation des ressources  : on prend sa voiture pour s’y rendre, on y achète des biens polluants fabriqués à bas coût dans des pays lointains, les systèmes (climatisation, escalators, lumière artificielle…) consomment une énergie folle et ceux qui y travaillent sont mal payés et soumis à une intense pression. L’argent dépensé participe à l’enrichissement des plus riches, actionnaires du foncier ou des enseignes. Le centre commercial constitue ce que notre société produit de plus absurde et de plus dommageable pour la planète et les hommes. Propos recueillis par Christine Guillemeau L’été des grands documentaires de société Retrouvez tous les films de cette collection  : à l’antenne chaque mardi durant tout l’été ; en avant-première, à partir du 28 juin, et pour plusieurs mois sur arte.tv ; ainsi que sur le site d’ARTE Magazine. 7ARTE MAG N°30. LE PROGRAMME DU 20 AU 26 JUILLET 2019



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