Arte Magazine n°30 18 jui 2020
Arte Magazine n°30 18 jui 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de 18 jui 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Richard III.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°30. LE PROGRAMME DU 18 AU 24 JUILLET 2020 6 Thomas Ostermeier Le théâtre du monde Codirecteur du mythique théâtre berlinois de la Schaubühne depuis 1999, Thomas Ostermeier, dont les productions radicales explorent la noirceur de l’âme humaine tout autant que les enjeux du monde actuel, s’apprêtait à lancer son Festival international des nouvelles dramaturgies (FIND), et venait de débuter les répétitions de l’adaptation du tome 1 de Vernon Subutex de Virginie Despentes, quand la pandémie de Covid-19 l’a contraint à baisser le rideau. Annulé pour la même raison, le Festival d’Avignon a fait de l’impétueux Allemand de 51 ans l’un de ses invités réguliers. Après un Hamlet remarqué en 2008, celui qui est considéré comme l’un des metteurs en scène les plus talentueux de sa génération y a notamment présenté, sept ans plus tard, une version fracassante de Richard III, portée par son acteur fétiche, Lars Eidinger, stupéfiant dans le rôle-titre. FENÊTRE OUVERTE « Richard III nous fait vivre par procuration tout ce que nous abritons en nous d’abject – pulsions de mort, de violence, dépravation... –, mais que la civilisation permet heureusement de brider. Il est le loup qui sommeille en moi, qui peut se révéler en chacun de nous. Le théâtre est le lieu où ces pulsions, ces désirs, peuvent s’exprimer », analysait alors Ostermeier, militant d’un art politique inlassablement attaché à faire résonner la modernité des classiques, comme aussi Thomas Mannou Henrik Ibsen. Qu’il monte La mouette de Tchekhov à l’Odéon en 2016 ou La nuit des rois de Shakespeare à la Comédie-Française en 2019 (spectacle couronné d’un Molière), cet ancien anarchiste revisite les grands textes avec la fureur incandescente qu’il insufflait à son autre passion, le free jazz, pratiquée dans les clubs berlinois avant qu’il ne se consacre, avec un succès quasi immédiat, à la mise en scène. Également épris d’auteurs contemporains comme Sarah Kane ou Marius von Mayenburg, Thomas Ostermeier s’est récemment emparé de textes d’écrivains français – une langue qu’il parle très bien – venus d’horizons différents, à l’image de Yasmina Reza (Bella Figura), Didier Eribon (Retour à Reims, où il évoque le mouvement social des « gilets jaunes ») ou encore Édouard Louis (Histoire de la violence). Des voix que Thomas Ostermeier a donné à entendre au printemps dans le cadre de lectures retransmises sur le site Internet de la Schaubühne, afin de garder ouverte une fenêtre théâtrale sur le monde. Laure Naimski Alors que le Festival d’Avignon 2020 a été annulé en raison de la crise sanitaire, ARTE rediffuse le Richard III de Shakespeare revisité par Thomas Ostermeier lors de l’édition 2015. Portrait d’un metteur en scène à l’engagement insatiable. Spécial Avignon L’audiovisuel public (France Télévisions, France Culture et ARTE) se mobilise pour soutenir le spectacle vivant et « rêver » le Festival d’Avignon, à l’antenne, sur les ondes et sur le Web. Samedi 18 juillet Richard III à 22.15 Lire page 12 11/7 25/7 Dimanche 19 juillet Joël Pommerat – Le théâtre comme absolu à 1.00 12/7 16/9 Lewis versus Alice à 2.00 17/7/2021 En exclusivité sur ARTE Concert Quatre spectacles issus des éditions passées  : Médée (2000), avec Isabelle Huppert, L’école des femmes (2001), mis en scène par Didier Bezace, L’acte inconnu (2007), de Valère Novarina et Inferno (2008), mis en scène par Romeo Castellucci. Également en ligne, la websérie Replay revisite des scènes emblématiques du théâtre français. BERTRAND RINDOFF PETROFF - GETTY IMAGES
WGBH EDUCATIONAL FOUNDATION Les vrais docteurs Folamour Mardi 21 juillet à 20.50 Documentaire 1980, accident nucléaire en Arkansas Lire page 18 14/7 18/9 Il aura suffi d’une simple maladresse, une douille glissant de la main d’un technicien, pour que le plus puissant missile balistique des États-Unis, un Titan II, explose. Miraculeusement, la tête nucléaire de l’arme, d’une puissance six cents fois supérieure à la bombe qui a anéanti Hiroshima, s’écrase au bord d’une route sans se déclencher. Bilan  : un mort, et peu de leçons tirées. « L’accident de Damascus », le 18 septembre 1980, s’avère la conséquence inévitable d’une doctrine de dissuasion nucléaire que la guerre froide a vue portée à son paroxysme. « On devait être prêts à rayer de la carte toute une civilisation », résume l’un des soldats présents le soir du drame. AMATEURISME Mues par la peur des Soviétiques et la compétition entre superpuissances, les autorités américaines ont pris des risques insensés pour développer leur arsenal. Une centaine d’ogives nucléaires suffiraient à rayer l’URSS de la carte ? En 1980, les États-Unis en possèdent près de… 25 000. En Arkansas comme ailleurs, de très jeunes militaires, mal formés, travaillent jusqu’à seize heures d’affilée à leur maintenance. Certains missiles, comme les Titan II, sont vieillissants, donc plus dangereux. Dans le plus grand secret, des incidents graves éclatent régulièrement. Mais l’administration Carter, qui vit ses dernières semaines, préfère conserver ses Titan II pour d’hypothétiques négociations de désarmement avec l’Union soviétique de Brejnev – un traité signé un an plus tôt, SALT II, ne sera jamais ratifié par le Sénat américain. L’absurdité de la dissuasion nucléaire se mêle à une légèreté effarante. L’accident de Damascus n’inquiète guère les Américains, bercés par un discours officiel mêlant patriotisme, foi aveugle dans la technologie nucléaire et mythe de la « sécurité », qui préfigure celui des dirigeants soviétiques lors de la catastrophe de Tchernobyl. Si, dès l’année suivante, le nouveau président Ronald Reagan s’engage à détruire la totalité des missiles Titan II, il faudra attendre 1987 pour que ce soit chose faite. MENACE PERMANENTE Presque trente ans après l’écroulement de l’URSS, des armes nucléaires demeurent déployées dans le monde entier, prêtes à faire feu à chaque instant. Malgré une baisse conséquente depuis le pic des années 1980, il en reste quelque 14 000, dont 90% appartiennent aux États-Unis et à la Russie. Le journaliste d’investigation Eric Schlosser, dont l’enquête a inspiré le documentaire 1980, accident nucléaire en Arkansas, rappelle qu’à Damascus les États-Unis ont eu « beaucoup de chance. Le problème, avec la chance, c’est qu’elle finit par tourner ». Raphaël Badache En 1980, après l’explosion d’un missile nucléaire survenue dans l’Arkansas, des millions de morts sont évités de justesse. Un accident presque inéluctable, tant les États-Unis ont pris tous les risques dans leur folle course aux armements contre l’URSS. 7ARTE MAG N°30. LE PROGRAMME DU 18 AU 24 JUILLET 2020



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