Arte Magazine n°3 11 jan 2020
Arte Magazine n°3 11 jan 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de 11 jan 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Winter of forests.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°3. LE PROGRAMME DU 11 AU 17 JANVIER 2020 8 Samedi 11 janvier à 20.50 Documentaire Le royaume des pharaons noirs Lire page 11 Au pays des pharaons noirs En avant-première dès le 4 janvier Disponible jusqu’au 10 mars Depuis plusieurs années, les archéologues exhument les vestiges du royaume de Koush, vaste empire s’étendant le long de la vallée du Nil, et longtemps resté inexploré en raison de la guerre civile soudanaise. La découverte, en 2003, à Kerma, première capitale du royaume de Koush, de sept statues monumentales de pharaons de la XXV e dynastie, par l’archéologue suisse Charles Bonnet, a révélé au monde l’existence de ces « pharaons noirs ». On sait aujourd’hui que l’un d’eux, le souverain Taharqa, régna sur un territoire allant de Khartoum aux rives de la Méditerranée, une superficie probablement supérieure à toutes celles de l’histoire des pharaons égyptiens. Né à Kerma vers 2 500 ans avant J.-C., ce royaume tomba, un millénaire et demi plus tard, sous la coupe de l’Égypte. Mais celle-ci, plutôt que d’éradiquer la culture de son voisin, instaura une coopération politique. Elle sema ainsi la graine de sa défaite en facilitant l’avènement des « pharaons noirs », qui furent à leur apogée de 744 à 656 avant notre ère. PREMIÈRE SUPERPUISSANCE AFRICAINE Pourtant, pendant des siècles, l’Égypte fut regardée comme la seule grande civilisation africaine. Au début du XX e siècle, George Reisner, l’égyptologue américain qui, le premier, déterra les vestiges du royaume de Koush, et dont le documentaire diffusé par ARTE retrace les découvertes, jugeait impensable qu’une « race noire » puisse développer son propre empire. Se fiant à la vision historique des anciens Égyptiens qui décrivaient leurs voisins du Sud comme des barbares primitifs, Reisner livra une interprétation erronée, attribuant aux Égyptiens les grands monuments du Soudan. Redécouvert récemment par les archéologues, le royaume de Koush régna sur l’Égypte pendant près d’un siècle. Portrait d’une civilisation africaine méconnue, explorée dans un documentaire de David Starkey. En réalité, le royaume de Koush fut une ancienne superpuissance africaine. Les somptueux vestiges de ce royaume, qui mêlent pyramides, tombeaux ornés de fresques, temples, forteresses, statuaire et céramique, attestent que la puissance et la sophistication de la civilisation nubienne n’avaient rien à envier à celle de son voisin égyptien. Mais comprendre cette histoire tient aujourd’hui de la course contre la montre. À peine redécouverts, ces magnifiques vestiges sont menacés d’être engloutis par l’édification de douze barrages hydroélectriques le long du Nil, dont celui du Merowe au Soudan, que la Chine est actuellement en train de construire. La destitution du président soudanais, Omar el-Béchir, en avril dernier, ne devrait malheureusement pas remettre en question ces projets internationaux. Laure Naimski ALLEYCATS TV
NILAYA PRODUCTIONS L’islam de France éclairé Mardi 14 janvier à 20.50 Documentaire Nous, Français musulmans (1 & 2) Lire page 18 Disponible jusqu’au 24 novembre 2020 a Pour ce vaste panorama sur l’islam en France, vous avez commandé un sondage à l’institut Ipsos. Pourquoi ce parti pris ? Romain Icard  : Sonder les Français, qu’ils soient musulmans ou pas, nous a paru la meilleure méthode pour approcher leur(s) réalité(s). Que pensent-ils ? Que disent-ils ? Nous voulions recueillir une parole posée et des réponses précises sur le rapport au religieux, à la laïcité, à la femme, au travail ou à la discrimination — loin de l’hystérisation à laquelle on assiste souvent. Pour corréler cette analyse chiffrée, nous avons interrogé des témoins qui, par leur expérience, leur engagement associatif ou leur expertise universitaire, portent depuis des années une réflexion sur ce sujet. Nous avons fait le choix d’écarter ceux qui, d’ordinaire, monopolisent et parasitent le débat. Le film dessine le portrait d’une communauté plutôt apaisée… Absolument. Comme le dit l’imam MohamedBajrafil, si elle ne l’était pas, le pays serait à feu et à sang, et sans occulter le traumatisme causé par les attentats, nous n’en sommes pas là. En confondant religion, radicalité et questions socio-économiques — dont la ghettoïsation des banlieues —, on convoque un schisme présumé entre islam et République et on montre du doigt une communauté qui serait à couteaux tirés avec la société française. Or, la majorité des six millions de Français musulmans exprime un attachement fort aux valeurs de la République et à la laïcité. Ils aspirent surtout à l’anonymat et à n’être plus l’objet d’un débat national permanent, ce qui les blesse énormément. L’enquête éclaire en outre la diversité des pratiques religieuses  : il existe des islams de France. Vous retracez les étapes de la crispation, depuis la marche des beurs en 1983. À la marche pour l’égalité des droits et contre le racisme, qui soulevait la question de l’intégration à travers des cahiers de doléances empruntés à la Révolution française, la réponse est venue de la société civile avec le slogan « Touche pas à mon pote ». La dimension religieuse a été introduite un peu plus tard dans cette revendication d’équité sociale, et nous sommes entrés dans un biais dont on ne parvient plus à sortir  : que fait-on aujourd’hui de cette population confrontée à la précarité et à la discrimination ? En 2015, après l’attentat Dans un documentaire passionnant, le réalisateur Romain Icard fait entendre, loin des fantasmes et des amalgames, la voix inaudible d’une majorité de Français musulmans, en paix avec la République. Entretien. de Charlie hebdo et l’émotion qui nous a saisis, partagée par la quasi-totalité de la communauté, « Je suis Charlie » s’est imposé en injonction. Il ne s’agit pas d’affirmer que ce credo a confisqué la discussion, mais il est important que des gens travaillant sur ces questions, et pas seulement des musulmans, puissent dire  : on n’a pas le droit de ne pas éprouver d’empathie pour les victimes mais on a le droit de ne pas être Charlie. Mes interlocuteurs ont mal vécu l’amalgame entre islam et islamisme qui a résulté de cette situation. Comment dépasser ces points de friction ? Les théologiens musulmans, notamment français, doivent offrir une alternative à l’influence de pays étrangers et à une lecture archaïque des textes. Nous sommes peut-être en train de devenir un pays d’histoire islamo-judéo-chrétienne et la France doit s’accepter plurielle. L’islam en France doit aussi travailler sur la question de la femme, c’est incontestable, même si, comme le rappelle l’historien et philosophe Marcel Gauchet, aucune religion n’est émancipatrice en la matière. Propos recueillis par Sylvie Dauvillier ARTE MAG N°3. LE PROGRAMME DU 11 AU 17 JANVIER 2020 9



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