Arte Magazine n°29 15 jui 2000
Arte Magazine n°29 15 jui 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de 15 jui 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'Afrique danse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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v en d redi 21 juillet Un voyage plein d’humour et une vision inhabituelle de l’Afrique. Qu’est-ce que ce « développement » qui pollue les anciennes fêtes de village à grand renfort de bières et de sponsoring ? 22.15 Vacances au pays En revenant dans son village du Cameroun, le réalisateur Jean-Marie Teno constate les progrès de la « modernité ». Avec une ironie aussi féroce qu’affligée, il propose une réflexion dérangeante sur le culte du développement dans une société africaine qui perd ses anciennes valeurs. De retour au pays, le réalisateur croise des militaires véreux, des fonctionnaires ridicules et des villages à l’abandon. Vive la modernité ! Film documentaire de Jean-Marie Teno (Cameroun/France/Allemagne, 2000-1h15mn) Photographie : Jean-Marie Teno et Moussa Diakité Son : Lardia Thombiano Montage : Christiane Badgley Musiques : Ben’s Belinga et Marianne Entat Coproduction : Les Films du Raphia, ZDF/ARTE ZDF Grand Prix de la communication interculturelle au Festival Vues d’Afrique à Montréal 2000 Présenté aux Festivals de Berlin, San Francisco, Munich ; au Cinéma du Réel, à Visions du Réel Le réalisateur camerounais Jean-Marie Teno contemple le lycée de Yaoundé où il a fait ses études. Pourquoi, s’interro g e - t - i l, ce lieu prestigieux qui a formé toutes les 32 - ARTE MAGAZINE n°29 - 15 juillet > 21 juillet 2000 élites du pays est-il maintenant en ruine ? C’est le point de départ d’une réflexion sur la modernité en Afrique, qui l’amène à refaire le voyage accompli pour les vacances scolaires. En retournant dans son village de Bandjoun, le réalisateur enregistre les « progrès » d’une société vouée au culte de la m o d ernité. Au nom du développement, les péages se multiplient sur la route, la bureaucratie progresse, les anciennes solidarités s’émoussent. Au village, le congrès annuel qui permettait à tous les habitants de débattre des problèmes de la collectivité est devenue une kermesse sponsorisée, vouée à la consommation et à l’alcool. Au gré de ses rencontres, le cinéaste tente de cerner les espoirs, les regrets et les frustrations des gens ordinaires face aux changements qui leur sont imposés...
Tropicalement moderne « Je suis arrivé dans le lycée Général-Leclerc au milieu des années 60, dans l’euphorie de l’indépendance. À l’époque nos pare n t s nous exhortaient en ces termes : ‘ É t u d i e mon fils, tu deviendras comme le Blanc’, et dans nos manuels scolaires, nos ancêtre s étaient gaulois. On nous éduquait ou plutôt, on nous initiait à la modernité, une divinité au culte exigeant qu’il fallait vénérer sous peine de disparaître. De notre éducation, je g arde ce sentiment de frustration qui se résume dans cette phrase : ‘Tout ce qui vient d’E u rope est moderne, tout ce qui est local est archaïque et doit disparaître.’Quarante ans après l’indépendance, parfois sans eau potable, les gens des villes sont convaincus d’être devenus modernes. Une modernité qui s’acharne à laver les consciences plutôt que de se préoccuper des canalisations d’eau. Et puis les affiches de Coca-Cola sont là pour nous rappeler que l’eau potable est une boisson locale qui entrave le désir de modernité. Alors les citadins se sentent investis de cette mission de modernisation à l’égard des campagnes en reprenant à leur compte le slogan : ‘ Tout ce qui vient de la ville est moderne et tout ce qui est local est archaïque et doit disparaître.’La vacuité du langage des hommes au pouvoir, re pr i s comme modèle de discours par les citadins, étouffe pro g ressivement la paro l e riche et profonde de leurs compatriotes restés au village et prépare le terrain pour la société de consommation. » (Jean-Marie Teno, le 1 e r jour de l’an 2000) Jean-Marie Teno Né le 14 mai 1954 à Famleng (Cameroun), il étudie la communication audiovisuelle à Valenciennes avant d’être monteur à France 3 et de réaliser de nombreux films, parmi lesquels : Chef ! (1999), C l a n d o (fiction, 1996, d i ffusé sur ARTE le 7 décembre 1996 et sort i en salles en 1997), la Tête dans les nuages (1994), Afrique, je te plumerai (1992), M i s t e r Foot (1991), Bikutsi Water Tr i p (1988), F i è v re jaune Ta x i m a n (1985), H o m m a g e (1985). La p l u p art de ces films ont été diffusés à la télévision et récompensés par de nombreux prix i n t ernationaux. 23.30 Cinéma. Dakan Film de MohamedCamara (France, 1997-1h30mn) Scénario : MohamedCamara Avec : Aboubakar Toure, Mamady, Cécile Bois, Koumba Diakite, Kadé Seck et la participation de MohamedCamara Photographie : Gilberto Azevedo Musique : Elhadj Sory, Kandia Kouyate, Ensemble symphonique traditionnel national Production : René Feret Coproduction : Les Films du 20ème, ARTE France Cinéma LASEPTARTE Quinzaine des réalisateurs, Cannes 1997 Une histoire d’amour entre deux jeunes garçons africains, par le Guinéen MohamedCamara. Manga et Sory, deux jeunes garçons africains, s’aiment à la folie. Ils ont vingt ans et veulent vivre ensemble. Mais pour leurs familles, leur homosexualité est un déshonne ur. Elles feront tout pour les séparer. Devant tant d’incompréhension, les deux garçons obéissent et tentent de pre n d re femme… Dakan signifie destinée… Les tabous et les interdits peuvent-ils contraindre deux être s qui s’aiment à la séparation ? Manga et Sory tentent désespérément de satisfaire leurs p a rents, pour qui l’homosexualité n’est qu’une maladie qui plonge la famille dans l’oppro b re. Éloignés l’un de l’autre, les deux garçons se lient chacun à une femme. Manga re n- c on t re Oumo, mais leur amour n’est que fraternel. Sory, lui, fonde une famille qu’il quitte ensuite pour ret rouver Manga. L’h i s t o i re repose ainsi sur le choix entre l’amour filial et la confron t a t i on au re g ard de l’autre. MohamedCamara dénonce les contradictions d’une société qui dicte le comportement des hommes au détriment de leurs désirs. En réunissant les deux garçons, il fait de l’amour un principe universel qui outrepasse les diff é rences : « À travers ce film, j’ai essayé de dire que l’amour reste éternel en dépit des diff i c u l t é s que la société impose aux amoureux. Homo ou pas ! C’est pour moi une façon de re n d re hommage à ceux qui s’aiment et expriment leur amour comme ils le sentent. » ARTE MAGAZINE n°29 - 15 juillet > 21 juillet 2000 - 33 Manga, qui pense toujours à Sor y, refuse les avances de Cécile.



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