Arte Magazine n°29 14 jui 2018
Arte Magazine n°29 14 jui 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de 14 jui 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : couo de théâtre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°29. LE PROGRAMME DU 14 AU 20 JUILLET 2018 6 li tea:c Elle se définit elle-même comme une « hyper obsessionnelle ». À 42 ans, Chloé Dabert fait partie de la jeune garde des metteurs en scène qui montent. Issue du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, elle a débuté en tant que comédienne, jouant notamment sous la direction de Joël Jouanneau, avant de se lancer dans la mise en scène avec Passionnément, le cou engendre le couteau d’après le poète Ghérasim Luca, puis de s’attaquer à Jean-Luc Lagarce, en montant Music-hall à la Cartoucherie de Vincennes, en 2007. Pièce après pièce, Chloé Dabert se distingue par l’approche d’entomologiste des textes qu’elle met en scène. Disséquant au scalpel la rythmique de l’écriture, les temps et la ponctuation, elle demandet.) Chloé Dabert connaît la scansion à ses acteurs une maîtrise du texte à la virgule près. Pour la metteuse en scène, c’est en effet de ce travail de musicalité que surgit la tension dramatique, poussée parfois jusqu’à l’extrême, à coups de dialogues syncopés et de phrases entrechoquées. CONSÉCRATION Dix ans plus tard, en 2017, Chloé Dabert monte au Théâtre du Rond-Point, à Paris, L’abattage rituel de Gorge Mastromas, un conte noir et corrosif de Denis Kelly sur un loser découvrant l’art du mensonge et de la manipulation. L’année suivante confirme sa notoriété croissante. La Comédie-Française la choisit pour mettre en scène au Vieux-Colombier J’étais dans ma maison et j’attendais que C’est la nouvelle valeur montante du théâtre hexagonal. Programmée cet été au Festival d’Avignon, la metteuse en scène Chloé Dabert bouleverse le langage qui, selon elle, « nous effraie et nous fascine tous ». la pluie vienne, de Jean-Luc Lagarce. Cet été, la metteuse en scène présentera, consécration ultime, sa prochaine création au Festival d’Avignon. Avec Iphigénie, qu’ARTE retransmet depuis le cloître des Carmes, elle poursuit son travail sur la scansion en se confrontant à la rigueur de l’alexandrin racinien, rêvant de réinventer « ce langage qui nous effraie et nous fascine tous ». Laetitia Møller Samedi 14 juillet à 22.20 Spectacle Iphigénie Lire page 11 ARTE au Festival d’Avignon 2018 Partenaire de longue date de la manifestation, ARTE y propose chaque jour à 15.00, du 10 au 15 juillet, un cycle de projections de fictions issues de la « Collection de films de théâtre » de la Comédie-Française, coproduite par ARTE, dans laquelle des cinéastes s’emparent de pièces majeures du répertoire  : Les trois sœurs de Valeria Bruni Tedeschi, La forêt d’Arnaud Desplechin, Dom Juan & Sganarelle de Vincent Macaigne, Oblomov de Guillaume Gallienne et Que d’amour ! de Valérie Donzelli. À voir aussi, Les naufragés du Fol Espoir d’Ariane Mnouchkine, avec le Théâtre du Soleil. Présentées par Marie Labory au côté des artistes, ces séances sont accessibles sur entrée libre à l’auditorium de la Collection Lambert. Au programme également  : l’avant-première du documentaire Fugitif où cours-tu ? de Nicolas Klotz et Élisabeth Perceval, à la Chapelle du verbe incarné. NATHALIE BLANC
DAVID BALICKI/SAIF IMAGES Dimanche 15 juillet à 0.00 Documentaire Joël Pommerat Le théâtre comme absolu Lire page 14 « Ce qui m’a toujours fasciné dans l’écriture de Joël et que je n’ai jamais réussi à situer, c’est le point de glissement de la banalité au monde de l’inconscient », confie Éric Soyer, son scénographe et concepteur lumière, à Blandine Armand. La réalisatrice dresse, avec Joël Pommerat – Le théâtre comme absolu, un fascinant portrait documentaire de l’artiste au travail. Figure majeure du théâtre contemporain et l’un des grands vainqueurs, en mai, des Molières avec Cendrillon et Le petit chaperon rouge, Joël Pommerat fait son miel de sujets touchant à l’oppression de la famille, à la brutalité du monde du travail, à la perversion du pouvoir ou aux relations amoureuses dysfonctionnelles. Il s’en empare avec, selon Avec Joël Pommerat – Le théâtre comme absolu, la réalisatrice Blandine Armand dévoile les secrets de fabrication d’un génial auteur et metteur en scène qui bouleverse les codes du théâtre. Pommerat l’illusionniste ses termes, « un état de présence théâtrale », une forme « d’hyperréalité », qui « au lieu de donner du réalisme va donner du fantastique ». « Le réel, explique cet auteur autodidacte féru de littérature et de poésie, c’est aussi bien l’imaginaire, l’invisible que ce qui est visible. Le théâtre peut offrir une expérience de reconstitution de ce que pourrait être le réel. C’est comme dans un laboratoire chimique, on cherche à recomposer quelque chose qui serait impossible à saisir autrement, on le refabrique, on le reconstitue. » ELLIPSES ET BOÎTES NOIRES C’est dans cette quête d’un réel réinventé que réside la clé du travail du créateur d’Au monde, Les marchands, Je tremble, Ma chambre froide, La réunification des deux Corées et plus récemment Ça ira (1) Fin de Louis ou l’opéra Pinocchio. Depuis près de trente ans, au sein de la compagnie Louis Brouillard, véritable aventure humaine collective fondée en 1990, il forge une esthétique singulière faite d’ellipses, de transition au noir, de boîtes noires, de vidéos, etc. En renouvelant en profondeur les codes du théâtre, son écriture scénique se double d’une recherche sur la déconstruction du jeu du comédien, comme en témoigne Ruth Olaizola, une des fidèles de la troupe  : « Même quand on joue, c’est comme si on était dans ce travail de recherche. C’est ce qui m’intéresse. On se rend compte qu’on peut toujours aller un peu plus loin. » Joël Pommerat le confirme, lui qui se définit comme un « écrivain de spectacles » remet dix fois son ouvrage sur le métier  : « L’écriture de mes pièces est toujours liée à un processus de répétition, d’exploration par improvisation, et vient à partir d’un certain moment où je ressens vraiment que c’est ‘ça’qu’il faut dire de ‘telle’manière. » Laure Naimski 7ARTE MAG N°29. LE PROGRAMME DU 14 AU 20 JUILLET 2018



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