Arte Magazine n°29 11 jui 2020
Arte Magazine n°29 11 jui 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de 11 jui 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : songes des nuits d'été.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°29. LE PROGRAMME DU 11 AU 17 JUILLET 2020 8 Mercredi 15 juillet à 23.25 Documentaire Renault 12 Lire page 21 8/7 12/9 Après le spectacle Finir en beauté, en 2015, sur le décès de votre mère, pourquoi avoir décidé de poursuivre ce récit ? MohamedEl Khatib  : Ce n’était pas prémédité. Quelques mois après sa mort, mon oncle m’a demandé de venir récupérer un héritage au Maroc, en précisant que je devais faire le trajet en Renault 12. Une requête cocasse qui m’a amusé. J’ai trouvé une Renault d’occasion et j’ai pris la route, reproduisant la transhumance estivale de mon enfance, avec son lot de réminiscences. Le périple m’a paru très cinématographique. J’ai commencé à filmer avec une petite caméra, puis mélangé les images de ce premier voyage à celles d’un second, davantage mis en scène. Cette odyssée en Renault 12 est au centre du documentaire... Je tenais à ce que cette voiture mythique soit un personnage à part entière. Grâce à elle, j’ai fait des dizaines de rencontres. Les gens m’arrêtaient tous les trois kilomètres pour me parler de ma Renault 12. Elle représente un marqueur de la communauté maghrébine, et c’est une madeleine de Proust pour tous les enfants d’immigrés. Mais je ne voulais pas l’ancrer uniquement dans l’histoire de l’immigration. Le film parle du deuil, un sujet universel qui reste encore tabou. J’aborde la question de l’héritage au sens large. La mort est souvent l’occasion d’un inventaire familial, autant matériel qu’immatériel. En allant au Maroc, explorez-vous également vos origines ? Jusqu’à la mort de ma mère, j’entretenais une relation assez complexe et ambivalente avec le Maroc. C’était à la fois le pays de mes parents, où j’ai adoré passer mes étés d’enfance, et une monarchie extrêmement rétrograde, du point de vue de la démocratie, du Code de la famille discriminatoire pour les femmes, de la politique à l’égard des minorités... Mais en y retournant pour l’enterrement de ma mère, j’y ai perçu autre chose, une douceur, la vitalité d’une jeunesse...  : l’occasion d’une réconciliation. Dans le cadre de « La vie en face », le rendez-vous société de l’été*, le dramaturge MohamedEl Khatib retrace son périple jusqu’au Maroc pour récupérer un mystérieux héritage. Un parcours identitaire déclenché par la mort de sa mère, mais aussi un road movie burlesque. Voyage au centre de la mère Entre images filmées à différents moments de votre vie et mise en scène, vous mêlez les langages cinématographiques et les fils temporels... Ce mélange m’intéresse, mais je ne me suis pas vraiment posé la question a priori. Peut-être que le fait d’être débutant dans le milieu du cinéma me confère une certaine liberté. Je fais feu de tout bois, sans m’interdire de piocher dans les langages dont j’ai besoin pour réaliser le film que j’ai en tête. Concernant la temporalité, je voulais faire avancer le film sur plusieurs plans  : celui de la réalité immédiate, factuelle, parfois brutale, et celui d’un récit plus introspectif, qui prend le temps du souvenir et de la contemplation. Propos recueillis par Laetitia Moller * Vingt documentaires à voir le mercredi en deuxième partie de soirée et déjà sur arte.tv MOHAMED EL KHATIB
VITTORIO ZUNINO CELOTTO - WIREIMAGE - GETTY IMAGES Christophe Honoré Le (trans)metteur en scène En ce mois de juillet 2019, sur la scène du Théâtre de l’Archevêché d’Aix-en-Provence, l’héroïne de Puccini, Floria Tosca, déconcerte les puristes de l’opéra, en apparaissant sous deux visages. Côté pile, la soprano septuagénaire américaine Catherine Malfitano, côté face, sa jeune cadette et compatriote, Angel Blue. Reléguant l’intrigue originelle du livret, cette confrontation duelle se joue aussi à travers la vidéo, quand l’aînée des divas resurgit à son heure de gloire. Car la mise en scène de Christophe Honoré creuse le thème de la transmission entre deux femmes séparées par l’âge, mais unies dans l’art. Dans son audace, le créateur reste ainsi fidèle aux questionnements qui irriguent toute son œuvre, à la fois prolifique et polyvalente. Finistérien de naissance, l’auteur et metteur en scène, aujourd’hui quinquagénaire, nourrit précocement une ambition de cinéma. Mais c’est d’abord au travers du roman, en particulier pour la jeunesse, qu’il s’impose. Son Tout contre Léo, publié en 1996 et qu’il adapte en téléfilm six ans plus tard, met le benjamin d’une fratrie aux prises avec le tabou qui entoure le sort d’un frère aîné, atteint du sida. L’ambivalence des liens familiaux s’affiche déjà au cœur de ses préoccupations, comme le confirment ses romans suivants, L’infamille ou La douceur et, à l’écran, Ma mère et Dans Paris. SURDOUÉ BOULIMIQUE C’est en 2002 que ce critique, notamment aux Cahiers du cinéma, a signé son premier long métrage remarqué, 17 fois Cécile Cassard. Parallèlement dramaturge, le jeune cinéaste a déjà fait ses armes sur les planches, en mettant en scène sa pièce Les débutantes à Avignon, côté off, avant que le festival ne lui ouvre toutes grandes ses portes en 2009 pour une version agitée d’Angelo, tyran de Padoue de Victor Hugo. La même année, ce surdoué boulimique renoue avec son thème de prédilection, les tourments familiaux, dans son film Non ma fille tu n’iras pas danser. Cinq ans plus tard, il s’empare avec la même voracité de l’art lyrique, en présentant Dialogues des carmélites de Francis Poulenc à l’Opéra national de Lyon. Une expérience qu’il renouvelle en 2016 en transposant dans l’Afrique coloniale Cosi fan tutte de Mozart, au Festival d’Aix-en-Provence. Le réalisateur encensé des Chansons d’amour L’œuvre de Christophe Honoré explore sans relâche les liens familiaux et l’expérience de la transmission. Sa mise en scène de Tosca de Puccini l’atteste une fois de plus. Portrait d’un créateur prolifique. (à regarder sur le site d’ARTE jusqu’au 30 septembre) et de Plaire, aimer et courir vite adapte aujourd’hui Le côté de Guermantes de Proust pour la Comédie- Française, projet suspendu par le Covid- 19 après cinq semaines de répétition. « Le temps que nous vivons est perdu, confiait-il au Monde lors du confinement. L’admettre, c’est laisser la possibilité qu’il y ait un temps retrouvé. » Celui qui permet à Christophe Honoré de se réinventer sans cesse, un art où il est passé maître. Benoît Hervieu-Léger Samedi 11 juillet à 22.40 Opéra « Tosca » de Giacomo Puccini Au Festival d’Aix-en-Provence Lire page 12 4/7 10/7/2021 ARTE MAG N°29. LE PROGRAMME DU 11 AU 17 JUILLET 2020 9



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