Arte Magazine n°28 4 jui 2020
Arte Magazine n°28 4 jui 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de 4 jui 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Willy Ronis, le grand photographe du petit peuple.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°28. LE PROGRAMME DU 4 AU 10 JUILLET 2020 6 Dimanche 5 juillet à 18.05 Documentaire Willy Ronis, le photographe et ses combats Lire page 13 28/6 2/9 Retrouvez également sur arte.tv la collection Photo de Stan Neumannet le documentaire Robert Doisneau – Le révolté du merveilleux de Clémentine Deroudille, disponibles du 1er juillet au 30 septembre. Willy Ronis Génie de l’instant Coup de projecteur sur trois clichés iconiques de Willy Ronis, grande figure de la photographie humaniste, auquel le réalisateur Vladimir Vasak consacre un beau portrait. « Rose Zehner » 25 mars 1938. Alors que les acquis du Front populaire sont menacés, 150 000 ouvriers de l’automobile se mettent en grève. Jeune photoreporter indépendant, Willy Ronis couvre l’événement pour le magazine Regards. Entré aux usines parisiennes Citroën de Javel grâce à la CGT, le photographe surprend une syndicaliste en plein discours dans l’atelier de sellerie. Bras tendu, Rose Zehner harangue ses camarades ouvrières. Dans la foule, Ronis immortalise la scène. Trop sombre, l’image nécessite d’être tirée sur un papier « super contraste ». Faute de temps, le cliché n’est pas publié. Retrouvée à l’occasion de la parution de son livre Sur le fil du hasard en 1980, cette photographie est devenue un symbole des luttes sociales, que cet artiste engagé a chroniquées sans relâche. « Le nu provençal » Été 1949. Comme sortie d’une toile impressionniste, la silhouette d’une femme nue, caressée par la lumière chaude d’un après-midi ensoleillé, apparaît. En vacances à Gordes dans la maison qu’il restaure, Ronis prend en photo sa femme Marie-Anne, tout juste réveillée de sa sieste. Cette image pure, simple, pleine de poésie, révèle le talent du photographe pour capter l’émotion d’une scène de vie intime. Emblématique de son œuvre d’après-guerre, Le nu provençal témoigne d’une liberté retrouvée dans le sud de la France, où il s’était exilé en juin 1941. Contraint de quitter Paris pour ne pas porter l’étoile jaune, Willy Ronis avait rejoint, à Tourrettes-sur-Loup, une bande d’amis réunis autour de Jacques Prévert, en préparation des Enfants du paradis. « Le Café de France » L’Isle-sur-la-Sorgue, août 1979. Une femme émerge d’un café à la devanture ancienne. Sur la terrasse, les clients attablés discutent, rient, pendant qu’une passante les balaie furtivement du regard. Une scène de vie quotidienne prise sur le vif, un matin. Alors qu’une camionnette stationne en face du Café de France, l’artiste grimpe sur le marchepied du véhicule et attend qu’un personnage surgisse du cadre. Frontale, cette image illustre la force des compositions du photographe, qui aime placer l’humain au cœur de son travail. Ses clichés sont comme des récits qu’il construit sur un temps court. Un « exercice d’insécurité » qui lui aura procuré « une jouissance immense » tout au long de sa carrière. Hélène Porret MINISTÈRE DE LA CULTURE - MÉDIATHÈQUE DE L’ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE, DIST. RMN-GRAND PALAIS - WILLY RONIS
OLIVIER PATTÉ/CPB FILMS/CLOTHILDE REDON POUR PARIS MATCH Mardi 7 juillet à 20.50 Documentaire Les routes de l’esclavage (1-4) Lire page 19 30/6 4/9 L’esclavage Une histoire commune Fanny Glissant Comment définiriez-vous l’esclavage ? Fanny Glissant  : C’est la négation de l’autre et de son humanité, afin de l’instrumentaliser pour utiliser sa seule force de travail. Ce phénomène s’impose comme une histoire commune ; celle, dans la douleur, de la mondialisation de la violence et de la déportation de 25 millions de personnes. J’aimerais que chacun se sente à la fois descendant d’esclaves et de propriétaires d’esclaves. La série n’aborde pas le sujet au travers du prisme des droits de l’homme, mais de celui de la géographie et de l’économie. Pourquoi ce choix ? D’un côté, la posture victimaire avait produit nombre d’œuvres et un certain discours, de l’autre, celle de la culpabilisation ne nous paraissait pas pertinente pour investiguer les seuls faits  : où, pourquoi, comment cette demande de main-d’œuvre estelle apparue ? Il ne s’agissait pas de partir du ressenti de l’esclavage, mais d’analyser ce phénomène mondial au travers de ses territoires et circuits. Comment l’Afrique s’est-elle retrouvée au centre des routes de l’esclavage ? D’un esclavage qui inclut, entre autres, des Slaves ou des Caucasiens, la traite se resserre progressivement – avec l’émergence de l’Empire arabomusulman – sur l’Afrique subsaharienne puis équatoriale. À partir du XV e siècle, l’esclave devient exclusivement africain. La traite transatlantique entraîne alors une « production » industrielle d’esclaves, jusqu’à 100 000 captifs déportés par an, soit 8 millions en trois siècles. Pour la légitimer, il faut un arsenal idéologique, auquel l’Église contribue. La série montre combien le capitalisme y puise ses racines… À ses débuts, le capitalisme occidental, alimenté par les revenus coloniaux, a besoin des esclaves. Massifié par de nouvelles techniques, l’esclavage a constitué l’un des rouages majeurs du système puis de la révolution industrielle  : il existe un continuumentre esclavagisme, capitalisme et colonialisme. Ambitieuse et passionnante série documentaire, Les routes de l’esclavage retrace l’histoire des traites négrières du VII e au XIX e siècle, entre domination, violence et profit. Entretien avec la coréalisatrice Fanny Glissant. En quoi l’esclavagisme a-t-il engendré le racisme et non l’inverse ? Le « passage du milieu », entre les côtes africaines et les Caraïbes des plantations, entraîne dans son sillage les prémices de la race, une notion tardive qui légitime la domination. Arme de contrôle social, la race est même, à l’heure de l’abolition, inscrite dans la loi et, pire encore, devient un outil scientifique, pour asseoir la mission civilisatrice européenne en Afrique. Propos recueillis par Sylvie Dauvillier Retrouvez sur artemagazine.fr la version longue de l’interview de Fanny Glissant parue à l’occasion de la première diffusion de la série documentaire. ÉDITIONS La série est disponible en coffret DVD et en VOD sur ARTE Boutique. 7ARTE MAG N°28. LE PROGRAMME DU 4 AU 10 JUILLET 2020



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