Arte Magazine n°26 24 jun 2000
Arte Magazine n°26 24 jun 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de 24 jun 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : « Y en a marre », une nouvelle série animée

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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samedi 24 juin 00.20 Einstürzende Neubauten Stars incontestées de la musique industrielle, les Berlinois d’Einstürzende Neubauten ont réussi le mariage des guitares et des marteaux-piqueurs. ARTE fête les vingt ans de ce groupe mythique avec un documentaire et un concert inédits. Documentaire de Birgit Herdlitschke et Christian Beetz (Allemagne, 2000-55mn) ZDF Le 1 e r avril 1980, Einstürzende Neubauten donne son premier concert au M o on, un club de Berlin-Ouest. Cheveux en pétard, son maigre corps vêtu de cuir et de chaînes, Blixa Bargeld, 21 ans, mène la danse. Il hurle tel un chat qu’on étrangle, crie des slogans destructeurs tandis qu’A n d rew Unruh, 23 ans, et deux jeunes filles qui quitteront rapidement le grou p e, tapent avec des barres de fer sur des piliers en béton armé, jouent du mart e a u - piqueur et de la ponceuse. Dadaïste, la jeune formation musicale a déclaré la guerre à toutes les conventions. De maisons en ruine en squats, ils terrorisent ou enflamment les spectateurs par leurs perf o r- mances anarchiques et leurs délires bru i- tistes. Bargeld et Unruh sont bientôt rejoints par deux membres du groupe punk Abwärts, F.M. Einheit, un génie de l’électronique qui malmène les radiocassettes pour en tirer du bruit, et le bassiste Marc Chung. E i n s t ü rzende Neubauten devient le grou p e i n c on t o urnable de la scène punk berlinoise. Leur premier album Kollaps (1 9 8 1) , « Des bâtiments qui s’écroulent, c’est un bruit positif, peut-être ce qu’il y a de plus positif au monde. Les vieux objets, les vieilles significations, les vieux bâtiments, et même la musique, tout cela est détruit. Les traces du passé sont effacées. De là seulement peut émerger quelque chose de vraiment nouveau. » (Blixa Bargeld, chanteur) Les 20 ans d’un groupe culte. Un regard neuf, intime, sur l’une des musiques les plus radicales des années 80. en registré en dix jours sans pro du c t e ur, révèle une musique encore jamais entendue : bruits d’objets quotidiens, de ferrailles, percussions tambourinées sur les cages thoraciques, jets de pierre, guitare s é n ervées et basse pesante accompagnent les paroles nihilistes d’un Blixa tantôt hurlant, tantôt à l’agonie. Le groupe obtient ses premiers succès avec les Zeichnungen des Patienten (1983), Strategies Against Arc h i t e c t u re s (1980-1983), 1/2 Mensch (1985) et une série de concerts spectacul ai res auxquels ils ont convié un nouveau me m b re, Alexander Hacke. C’est le début d’une carr i è re magnifique au cours de laquelle Blixa Bargeld va démontrer qu’il est non seulement un excellent fauteur de trouble musical mais également un compositeur au talent mélodique avéré. Les morceaux mélancoliques, bercés par des p a roles poétiques, des chœurs ou des c ordes tels que « Blume » (sur Tabula Rasa, 1993) ou plus récemment « Total Eclipse of the Sun » (sur Silence is Sexy, 2000) sont de plus en plus nombreux. Aujourd’hui, Blixa Bargeld affiche un visage apaisé, un corps a l o urdi et des costumes sombres, et mène d é s ormais son groupe vers des sphère s plus calmes, sans F.M. Einheit…
Anarchie dans le système À travers les propos des cinq membres du g roupe et de quelques compagnons de route tels que Nick Cave – avec qui Blixa B argeld joue depuis 1983 –, se dessinent vingt ans d’un parcours voué à la re v en d i- cation d’un art en concordance avec son temps. Les images vidéo de leurs premiers c on c erts, comme les prises de vues plus privées, témoignent d’une génération éprise de contestation sociale. Parlant plus volontiers d’art rituel plutôt que d’art formel, emboîtant le pas au mouvement punk, les E i n s t ü rzende Neubauten ont réellement révolutionné l’univers musical. Sons urbains et mécaniques, rythmes tribaux et mélodies traditionnelles font un mélange bien éloigné des joyeuses ritournelles pop. Leurs concerts, véritables apocalypses scéniques, étaient un hymne au chaos et à la destruction : les membres du groupe gesticulent et rampent au milieu d’un amas de tôle et d’outils en tout g en re, des gerbes d’étincelles jaillissent sur le public et des instruments s’enflamment. Leurs clips vidéo t r a n s p i rent la colère. Aujourd’hui, la révolte a cédé la place au mythe : Blixa Barg e l d fréquente les bons restaurants, ne rapporte plus les bouteilles consignées, mais personne ne peut lui contester son statut d’anarchiste musical… Bidons de métal, ponceuses électriques ou quartiers de viande : les instruments d’Einstürzende Neubauten. 01.15 Einstürzende Neubauten en concert Mise en images : Christian Eckert (Allemagne, 2000-1h30mn) Pour fêter ses 20 ans, le groupe renoue sur scène avec sa sauvagerie originelle. Le 1 e r avril 2000, 20 ans jour pour jour après leur premier concert, les Einstürzende Neubauten fêtent leur a n n i v e r s ai re sur la scène du Columbiahall de Berlin. Retransmis en direct sur Internet dans « une version brute », le concert est ce soir montré pour la prem i è re fois à la télévision. Loin de re v en i r usé par les années de révolte, le grou p e renoue avec sa tradition de rythmes sauvages et de paroles assassines tout en nous gratifiant des morceaux plus calmes issus du dernier album. « Quand j’ai vu Blixa Bargeld pour la première fois, il a ouvert la bouche et il y a eu ce bruit qui est sorti de sa gorge, quelque chose que je n’avais jamais entendu venant d’un être humain. Ça ressemblait au cri d’un chat qu’on étrangle ou d’un enfant mourant. » (Nick Cave)



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