Arte Magazine n°26 24 jun 2000
Arte Magazine n°26 24 jun 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de 24 jun 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : « Y en a marre », une nouvelle série animée

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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v en d redi 30 juin La cité antique de Pétra, en Jordanie. 22.15 Désert Du Sinaï aux Yucca Mountains, de la Jordanie au Chili, ce documentaire nous invite à un grand voyage dans les désert s du globe. Mais nombre d’entre eux voient aujourd’hui leur fragile é qui l i b re écologique menacé. Documentaire d’Ebbo Demant (Allemagne, 1999-1h39mn) SWR (Déprogrammation du 25 février 2000) Du Proche-Orient (le Sinaï en Égypte, Pétra en Jordanie) aux États-Unis (les Yu c c a Mountains), à travers les témoignages des peuples du désert mais aussi des art i s t e s, des philosophes et des poètes qui y ont t rouvé des sources d’inspiration, ce voyage est une invitation à la réflexion et au recueillement. Tels ces mystiques, ermi t e s et chamans qui ont fait de ces immensités a p p a remment désolées un lieu de séjour privilégié. C’est aussi là que les tro i s grandes religions monothéistes : le judaïsme, le christianisme et l’islam, trou v en t leurs fondements. Mais en divers points du globe, le désert menace de ne plus être un havre de solitude et de paix. Son fragile équilibre écologique est remis en question par la civilisation. Ainsi dans les Yucca Mountains où les Indiens Shoshone n’ont plus d’eau potable depuis qu’une décharge de déchets nucléaires a été installée à proximité. C’est d’ailleurs non loin de là, dans le désert de Chihuahua au Nouveau- Mexique, que fut testée le 16 juillet 1945 la première bombe atomique. À Las Vegas en revanche, le désert est mis en scène, dégradé au rang d’attraction et de divertissement. Plus au sud, au Chili, les mines de cuivre à ciel ouvert du désert d’Atacama déchirent le sol sur des longueurs considérables. Les mises en garde du chaman chilien Cecilio Gonzalez, qui invoque les dieux de la montagne ou évoque l’harmonie séculaire entre l’homme et la nature, peuvent sembler hélas bien dérisoires.
00.00 Cinéma Les dimanches de permission (E Pericoloso Sporgersi) Film de Nae Caranfil (France/Roumanie, 1993-1h44mn) - VOSTF Scénario : Nae Caranfil Avec : Natalie Bonifay (Cristina), George Alexandru (Dino), Marius Stanescu (Horiatu) Photographie : Christian Comeaga Montage : Victorita Nae Musique : Nae Caranfil, Anton Suteu Coproduction : Compagnie des Images, Filmex LASEPTARTE Prix Michel Perez au Festival de Montpellier 1993 Grand Prix du Festival de Bratislava 1993 Prix spécial du jury au Festival de la Baule 1994 Dans la Roumanie de Ceausescu, trois êtres en mal d’amour jouent et perdent au jeu de la séduction… Une comédie pleine de nostalgie pour l’époque où la misère n’empêchait pas de nourrir les rêves les plus fous. En Roumanie, au début des années 80. Horiatu, un militaire, rêve d’amour physique. Cristina, la lycéenne, n’est pas contre mais elle attend les fiançailles. Un principe qui vole bien vite en éclats quand elle re n c on t re Dino, un acteur de troisième zone. Elle résistera à ses assauts aussi glorieusement que… brièvement. Trois destins retracés en t rois parties où la même histoire est successivement racontée du point de vue des tro i s personnages, avec la frustration sexuelle comme dénominateur commun. Cristina (Natalie Bonifay) résiste aux demandes pressantes du soldat Horiatu (Marius Stanescu). Badinons avec l’amour P remier long métrage de Nae Caranfil, l e s Dimanches de permi s s i on fut très bien accueilli par la critique. La force de ce trio digne de Marivaux est de réussir à s’arr a- cher à l’univers oppressant de la Roumanie sous Ceausescu. Mieux, le réalisateur joue de cette contrainte pour imposer un univers très particulier, désavoué en son temps par les « officiels » des studios roumains (« tro p critique ») puis refusé après la chute du dictateur (« trop soft »). Les dimanches de permi s s i on réussit le paradoxe de livrer un tableau à la fois nostalgique et sans complaisance de la dictature roumaine. Comme l’explique le réalisateur, la pesanteur du système mis en place par Ceausescu alimentait par réaction une soif d’idéal et un désir de révolte – aussi chimérique qu’il puisse p a r a î t re – chez la jeunesse roumaine : « Nous avons fait beaucoup de rêves contre la loi, nous les avons perdus lorsqu’ils sont devenus légaux. » Et si la permissivité d’aujourd’hui avait tué le charme de la « permission » d’hier ? Le procédé ici employé n’a rien de nouveau : raconter une même hist o i re à travers la perception qu’ont pu en avoir ses diff é rents protagonistes. On a même parlé de « Rashomon roumain » pour ce film. Mais Nae Caranfil ne cherche pas à démontrer le caractère relatif de la vérité. Dans une perspective peut-être plus ludique que celle de Kurosawa, il re l a t et rois fois les mêmes événements à la tro i- sième personne, en révélant de plus en plus de choses au public, jusqu’à ce qu’il ait une vue globale du jeu… L’art, c’est la manière ! Une vision décalée et surprenante de la Roumanie sous Ceausescu.



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