Arte Magazine n°26 23 juin 2018
Arte Magazine n°26 23 juin 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de 23 juin 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Ava Gardner, l'incandescente.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°26. LE PROGRAMME DU 23 AU 29 JUIN 2018 6 Laissé à l’abandon pendant près de soixante ans, le hameau de Marie-Antoinette, auquel ARTE consacre un éclairant documentaire, renaît de ses cendres au terme d’un étonnant travail de restauration. Visite guidée. Le joyau retrouvé Jusqu’alors gardé secret, le village de Marie- Antoinette, construit en 1783 au sein du luxuriant domaine du Trianon, dans le parc du château de Versailles, révèle sa splendeur depuis sa réouverture au public le 12 mai. Ce matin-là, quatre décoratrices de l’atelier Gilles Dupuis, qui met son savoir-faire au service du palais depuis 1929, s’affairent avant l’arrivée des premiers visiteurs. Juchées sur un échafaudage, elles apportent leurs dernières retouches, s’appliquant à rénover les peintures murales en trompe-l’œil à l’intérieur du Réchauffoir, un bâtiment rustique où étaient préparés les dîners, à deux pas de la maison principale où la reine résidait. UNE PLÉIADE D’ARTISANS « Versailles est un éternel chantier », commente Laurent Salomé, conservateur en chef du château de Versailles. Tapissiers, couturiers, ébénistes, métalliers, électriciens, paysagistes…  : une pléiade d’artisans – venus des ateliers de restauration du château de Versailles mais aussi de neuf entreprises extérieures – ont été mobilisés dès 2015 pour retaper la demeure de Marie-Antoinette, qui menaçait de s’effondrer. Sous la conduite de Jacques Moulin, architecte en chef des Monuments historiques, ils ont dû s’adapter aux contraintes structurelles du site. Des briques en toc aux fausses boiseries de la charpente, ce décor de théâtre, qui n’avait pas vocation à durer, repose sur des fondations légères. « La restauration était urgente car la maison prenait l’eau », explique le conservateur. Environnés d’arbres et bordés par un lac, les édifices formant le hameau, bâtis à l’origine sur des marécages, souffrent également de l’humidité. Grâce à des fouilles archéologiques menées en 2013, qui ont révélé le rehaussement des terrains depuis le Premier Empire, le niveau du sol a pu être rétabli. Toutes les précautions sont dorénavant prises pour conserver ce bijou – sauvé in extremis grâce au mécénat de la maison Dior – dans son écrin. Alors qu’un système de chauffage et de ventilation électrique a été installé pour chasser l’humidité, les visiteurs sont priés de fouler le parquet fraîchement rénové de la maison principale en chaussons ! Deuxième étape de cette opération de restauration  : la décoration intérieure, qui a aussi donné du fil à retordre aux artisans. Disparu lors des ventes révolutionnaires de 1794, le mobilier de Marie-Antoinette ne pouvait être reconstitué. Le choix s’est alors porté sur les collections du Premier Empire. « Les C-MILET/CHATEAU DE VERSAILLES
de la reine ZED trois quarts des meubles sont ceux de l’impératrice Marie-Louise », précise Laurent Salomé. Locataire de la demeure jusqu’en 1813 et attachée au souvenir de sa tante, l’impératrice avait souhaité préserver l’esprit rustique d’origine tout en y mêlant les modes de son époque. Ce savant mélange donne un style Empire adouci. Les sublimes tentures de soieries, illustrées de motifs antiques et de paysages, réalisées par le décorateur Antoine Vauchelet en 1811, redonnent ainsi tout son éclat au salon jaune, tandis que les murs d’une petite chambre, située audessus de la pièce du billard avec vue sur le lac, se parent d’un cannelé de soie vert d’eau. NATURE SOUVERAINE Si le raffinement intérieur de la maison de la reine est surprenant, le soin apporté à la conservation de ses jardins contribue, lui, à faire battre à nouveau le cœur du hameau. « Je rêve que Marie-Antoinette me complimente sur son jardin », raconte Alain Baraton, le jardinier en chef du domaine du Trianon. Contrairement à ce qui s’est passé pour le décor intérieur, les paysagistes ont pu retrouver les plantes d’origine. Ils ont ainsi pu replanter des iris sauvages sur le toit de chaume de la maison, un grand peuplier d’Italie, l’arbre préféré de Marie-Antoinette, ou des choux pommés de Milan dans les potagers des maisonnettes à colombages qui encerclent la demeure de la reine. Ce coin de verdure, dans lequel Marie-Antoinette a élevé ses enfants, rappelle la nature idéalisée des romans de Rousseau, de La nouvelle Héloïse aux Rêveries du promeneur solitaire. Un délicieux bond de plus de deux siècles en arrière. Hélène Porret Samedi 23 juin à 20.50 Documentaire Le Versailles secret de Marie-Antoinette Lire page 11 7ARTE MAG N°26. LE PROGRAMME DU 23 AU 29 JUIN 2018



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