Arte Magazine n°26 20 jun 2020
Arte Magazine n°26 20 jun 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de 20 jun 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : la saison des festivals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°26. LE PROGRAMME DU 20 AU 26 JUIN 2020 8 Le Hellfest a dû annuler sa 15 e édition anniversaire, mais se réinvente sur ARTE sous la forme d’un festival bis, avec les trésors de ses archives, pour une rétrospective documentaire et trois jours de concerts en ligne. Mise en bouche. Hellfest 15 ans d’âge metal Hellfest, au départ, c’était plutôt l’enfer que la fête. Les débuts ont été compliqués, comme le confirme YoannLe Nevé, cofondateur du festival de metal avec Ben Barbaud. « Tout d’abord, un escroc est parti avec la caisse du Fury Fest, l’ancêtre du Hellfest. Puis, après avoir essuyé 200 000 euros de pertes lors de la première édition sous ce nouveau nom en 2006, on a été victimes d’intempéries. Le groupe électrogène a lâché et notre tête d’affiche, Korn, nous a plantés au beau milieu de l’édition suivante. » Qui aurait pu imaginer que ce festival né à Clisson, une ville de 7 000 habitants en Loire- Atlantique, deviendrait quinze éditions plus tard l’un des plus gros raouts de musiques électrifiées de France, sinon le plus important, avec 180 000 spectateurs dénombrés sur trois jours ? « C’est le seul qui propose une expérience globale, à la fois musicale, visuelle et sensorielle, analyse Fabrice Gerardi, réalisateur du documentaire diffusé sur ARTE, Hellfest – Quinze ans de bruit et de fureur. Le public fait partie intégrante du festival, avec son folklore et ses gueules incroyables. Ce défilé carnavalesque joue un rôle cathartique. Les gens viennent pour montrer ce qu’ils ont envie d’être profondément. Ils le disent d’ailleurs  : ‘Moi, je suis ingénieur informatique et, au Hellfest, je révèle mon vrai moi intérieur.’ » LE BON DIEU SANS CONFESSION Les ligues catholiques ne s’indignent plus de voir débarquer chaque été à Clisson ces hordes vêtues comme des créatures d’Halloween. Ben Barbaud et YoannLe Nevé ont réussi à assurer un rayonnement international à ce coin perdu de la région nantaise. Dix-huit salariés permanents et des milliers de bénévoles animent dès la mi-juin les six scènes, boutiques et le camping de cet événement se déployant sur 83 hectares. De Motörhead à Rammstein débarquant avec ses dix-huit semi-remorques, l’évolution du festival a correspondu au regain d’intérêt que suscite ce genre musical depuis les années 2000. « On fête cette année les 50 ans du premier album de Black Sabbath, poursuit Fabrice Gerardi. Le genre essaime partout dans le monde et particulièrement dans les pays émergents. » Cette année, Deftones, Judas Priest et Faith No More étaient annoncés en têtes d’affiche. L’actualité sanitaire en a décidé autrement, obligeant les organisateurs à annuler cette 15 e édition. Signe de l’attachement du public  : seuls deux cents festivaliers ont demandé le remboursement de leur ticket. « Nous comptons revenir en force en 2021, promet YoannLe Nevé. Car ce marathon de dingues est un vrai kiff ! » Ludovic Perrin Sur ARTE Concert, retrouvez du 19 au 21 juin, et en replay, une quarantaine de concerts emblématiques du Hellfest. Tracks célèbre aussi les 15 ans du festival à l’antenne, avec une émission spéciale le 26 juin, ainsi que sur le Web. Vendredi 26 juin à 23.55 Documentaire Hellfest 2020 Quinze ans de bruit et de fureur Lire page 25 19/6 25/6/2021 GWENDAL LE FLEM
MAXIMAL PRODUCTIONS Dans son premier documentaire, le journaliste Philippe Pujol capte sans fard le quotidien des habitants de la butte Bellevue, à Marseille, et la vitalité de ce quartier menacé par une rénovation sans âme. Entretien. Philippe Pujol Marseille La belle abîmée Comment est né ce documentaire ? Philippe Pujol  : J’ai grandi dans le 3 e arrondissement de Marseille, dans un quartier proche de celui de la butte Bellevue où habitaient mes copains de classe, des Gitans. Lorsque j’allais les voir, j’étais impressionné par la fureur qui se lisait dans les yeux des gamins du coin. Après la mort de l’un d’eux, j’y suis retourné pour travailler sur une fiction avant de m’apercevoir de la nécessité de tourner un documentaire. La butte Bellevue ressemble au Brooklyn des années 1970  : les jets d’eau, les discussions sur les trottoirs, la cohabitation entre les différentes communautés, un peu à l’image du film Do the Right Thing de Spike Lee. Ici, les petits jouent dans les caniveaux et les plus grands sont déjà cabossés par la dureté du quotidien. Outre des récits de vie, je voulais aussi raconter l’âme d’un quartier populaire vouée, selon moi, à disparaître. Pourquoi l’identité du quartier est-elle menacée ? Sous couvert d’une rénovation des logements insalubres – sur lesquels elle a longtemps fermé les yeux –, la mairie laisse carte blanche aux entreprises du BTP, importants soutiens financiers des campagnes électorales, pour démolir les maisons à trois fenêtres, l’habitat populaire local, et y édifier des immeubles à bon marché aseptisés. À l’image du projet de route dénoncé par les habitants de la butte Bellevue dans le film, ces travaux détruisent l’âme villageoise de Marseille sans résoudre la misère. Car en laissant dépérir des quartiers entiers, la municipalité a créé une culture du système D, devenue la règle et difficile à enrayer. Au-delà de la paupérisation, ce qui menace la ville, c’est l’avidité des promoteurs immobiliers et la perte progressive des vitalités populaires propres à l’identité marseillaise. Le film ne s’accompagne pas de voix off. C’était un parti pris ? Le quartier devait se raconter seul pour laisser chacun interpréter librement la situation. Je voulais aussi éviter d’accentuer voire d’esthétiser la misère. La beauté des habitants de la butte Bellevue réside en partie dans leurs rêves. Kader, ancien dealer, s’imagine acteur de cinéma. Daniel, le minot, brille dès qu’il se met à rapper sous l’œil attentif de son voisin, le chanteur Papet J du groupe Massilia Sound System. Il subsiste une forme d’entraide héritée du Parti communiste et encouragée par le travail respecté de la paroisse. À Marseille, tout le monde parle avec tout le monde. Cette force disparaîtra sans un changement radical d’intention politique. Propos recueillis par Clara Le Quellec Philippe Pujol a obtenu en 2014 le prix Albert-Londres pour la série d’articles « Quartiers shit », publiée dans La Marseillaise. Mercredi 24 juin à 22.50 Documentaire Péril sur la ville Lire page 21 3/6 31/10 ARTE MAG N°26. LE PROGRAMME DU 20 AU 26 JUIN 2020 9



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