Arte Magazine n°24 9 jun 2018
Arte Magazine n°24 9 jun 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de 9 jun 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : les dents de la mer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°24. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 JUIN 2018 La bande dessinée Un homme est mort est publiée chez Gallimard/Futuropolis. 8 «L’histoire d’une histoire qui ne veut pas mourir» Festival d’Annecy 2018 Mercredi 13 juin Avril et le monde truqué à 20.55 Un homme est mort à 22.35 La ferme des animaux à 23.45 Samedi 16 juin Court-circuit n°899 – Spécial Festival d’animation d’Annecy à 0.10 Votre bande dessinée Un homme est mort, qui traitait d’un film disparu, devient aujourd’hui une fiction réalisée par Olivier Cossu  : la boucle est bouclée ? Étienne Davodeau  : Je trouvais judicieux de ramener cette histoire vers une forme animée. Kris, de qui est venu le projet du livre et qui l’a écrit avec moi, partageait cette idée. Après avoir remis à la lumière en bande dessinée le film oublié de René Vautier sur les grèves ouvrières à Brest en 1950, l’idée de le voir revenir à l’écran, son support originel, par le dessin, c’est magnifique. Comme une évidence qui assume et valide les formes successives de ce récit. Étienne Davodeau (Lulu femme nue) adapte à l’écran une autre de ses bandes dessinées phares, Un homme est mort. Entre enquête et fiction, ce film d’animation concilie deux de ses thèmes de prédilection  : le monde ouvrier et la mémoire historique. Qu’est-ce que cette adaptation apporte au livre ? À mon sens, une adaptation est intéressante si elle s’appuie sur l’œuvre originale pour en proposer une autre vision. C’est ce qui m’avait séduit dans celle de mon livre Lulu femme nue par Solveig Anspach. Dans le cas d’Un homme est mort, il s’agit d’événements historiques, donc on ne pouvait pas faire n’importe quoi  : il en va de la mémoire de la ville de Brest et donc de notre responsabilité d’auteurs. Mais on pouvait changer la place de la caméra. Kris, avec les scénaristes Guillaume Mautalent et Sébastien Oursel, a par exemple choisi de mettre le personnage de P’tit Zef au premier plan. Ils ont pensé qu’en donnant un aperçu de sa vie de famille, de ses sentiments, le film permettrait d’incarner davantage le quotidien des ouvriers qui ont vécu ces événements, sans en perdre de vue l’arrière-plan social. Une ville détruite, un film englouti... Est-ce un travail de mémoire que vous poursuivez ? Le dessin permet, avec une aisance formidable, de donner à voir des histoires inconnues, passées sous silence, disparues. C’est pour cela que je pratique la bande dessinée de témoignage et d’enquête depuis vingt-cinq ans, et je ne me lasse pas d’explorer ce territoire immense. Quand Kris, à l’époque, m’a raconté l’histoire du film perdu de René Vautier, elle m’est apparue comme une matière première idéale pour un récit de bande dessinée. Qu’on en fasse aujourd’hui un film, c’est la preuve de sa vitalité. J’aurais beaucoup aimé que René soit là pour le voir. Un homme est mort, c’est l’histoire d’une histoire qui ne veut pas mourir. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène 2017 LES ARMATEURS/ARTE FRANCE
BBC Réaliste et sans concession, la minisérie coup de poing Three Girls donne une voix aux victimes d’une affaire d’exploitation sexuelle qui a scandalisé l’Angleterre en 2012. Jeudi 14 juin à 20.55 Série Three Girls (1-3) Lire page 22 L’adolescence bafouée À l’été 2008, dans un commissariat de Rochdale, une ancienne ville ouvrière proche de Manchester, une adolescente de 15 ans est interrogée par des policiers après avoir brisé la vitrine du comptoir d’une épicerie-kebab. Elle leur confie avoir été violée à plusieurs reprises par les deux employés du magasin. En dépit de sa déposition détaillée et des traces d’ADN de celui qu’elle désigne comme son agresseur, retrouvées sur ses sous- vêtements, l’affaire est classée sans suite au motif que l’adolescente, qui consomme de l’alcool, ne constitue pas «un témoin crédible devant une cour». Le calvaire de la jeune fille reprend de plus belle. C’est le point de départ de Three Girls, minisérie produite par la BBC, couronnée par l’une des dix meilleures audiences de la «Beeb» avec 8,2 millions de téléspectateurs, et par cinq Bafta TV Awards. Sans voyeurisme ni concession, elle retrace un scandale qui a secoué le Royaume-Uni en 2012  : l’abus et l’exploitation sexuels, en toute impunité, de jeunes filles mineures par un groupe d’hommes, entre 2004 et 2010, dans la banlieue de Rochdale. Durant toute cette période, seule Sara Rowbotham, employée d’un centre d’éducation sexuelle, n’aura cessé d’alerter les services sociaux et la police, en vain. PRÉJUGÉS Ce n’est que lorsqu’un nouveau procureur de la Couronne, Nazir Afzal, reprend l’affaire que les dossiers montés par Sara vont être étudiés. On identifie au total quarante-sept jeunes victimes, toutes blanches et issues de milieux fragiles ou défavorisés. Leurs violeurs et exploiteurs, eux, en grande majorité d’origine pakistanaise, s’avèrent pour certains pères de famille et la plupart disposent d’un emploi et d’une situation stables. Neuf hommes âgés de 25 à 59 ans sont condamnés en mai 2012, sur fond de vives tensions raciales exploitées par l’extrême droite. Scrupuleusement documentée, la série suit trois de ces jeunes filles, avant et pendant le procès  : Holly (celle qui porta plainte en 2008) et Amber, 15 ans, ainsi que Ruby, 13 ans au début des faits (leurs noms ont été modifiés). Après quatre années de recherches et d’entretiens, la scénariste Nicole Taylor se dit convaincue que, bien plus que la crainte de donner prise au racisme, ce sont des préjugés sociaux et moraux envers celles que les services sociaux ou judiciaires qualifiaient de «filles difficiles» qui ont conduit les institutions à abandonner à leur sort des adolescentes qu’elles avaient pour mission de protéger. Pour la réalisatrice Philippa Lowthorpe, outre révéler l’injustice du traitement réservé à ces enfants laissées pour compte, il était important de faire comprendre «les mécanismes» et les «conséquences dévastatrices de tels abus sexuels» sur les jeunes filles et sur leurs proches. Grâce à Three Girls, les victimes de Rochdale se font enfin entendre. Marie Gérard ARTE MAG N°24. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 JUIN 2018 9



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