Arte Magazine n°24 9 jun 2018
Arte Magazine n°24 9 jun 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de 9 jun 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : les dents de la mer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°24. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 JUIN 2018 6 Danse avec les requins Laurent Ballesta Samedi 9 juin à 20.50 Documentaire 700 requins dans la nuit Lire page 11 Comment avez-vous découvert l’atoll de Fakarava ? Laurent Ballesta  : J’ai eu beaucoup de chance. J’ai toujours été très attaché à la Polynésie, où j’ai vécu presque deux ans. J’y suis retourné en 2014 pour y tourner Le mystère mérou pour ARTE, sur le plus grand rassemblement de mérous au monde. Une fois sur place, j’ai découvert qu’à côté des 18 000 mérous se trouvaient 700 requins gris qui attendaient la nuit pour les dévorer. Je n’avais jamais rien vu de pareil. Mais je n’ai pas pu aborder le sujet, car les protocoles scientifiques concernaient uniquement les mérous. Et il faut bien avouer que nous étions, sinon terrorisés, du moins très prudents ! Nous gardions nos distances. Personne n’avait même osé plonger la nuit dans la passe comme nous l’avons fait. Vous êtes parvenu, avec votre équipe, à les filmer au plus près trois ans plus tard... Le spectacle était tel que nous y sommes retournés chaque année. En 2016, nous avons acquis plus de confiance en comprenant que nous n’étions pas des cibles, mais des obstacles pour les requins. Prendre conscience de cela nous a permis des découvertes inédites, qui ont mené à une nouvelle expédition. Que retirez-vous de ces quatre années d’intense observation ? Mon objectif premier était de faire des photos, dont j’ai tiré Le biologiste marin et plongeur Laurent Ballesta, fasciné par le spectacle d’une meute de centaines de requins dans l’atoll polynésien de Fakarava, en décrypte le fonctionnement dans un film à couper le souffle. Entretien. un livre, 700 requins dans la nuit – mon dixième, et celui dont je suis le plus fier, tant arracher ces clichés s’est avéré long et laborieux. J’ai la sensation d’un accomplissement. D’ailleurs, j’y retourne encore cette année, pour le plaisir, et pour finir le travail, en récupérant les données des récepteurs installés dans la passe, étalées sur un an. Propos recueillis par Augustin Faure Sur 360D, plongez au côté des squales, explorez les splendeurs de la passe de Fakarava et vivez l’expédition grâce à 700 requins en VR, deux vidéos en VR réalisées par Manuel Lefèvre. LAURENT BALLESTA
JUSTYNA MIELNIKIEWICZ/MAPS/ MATHIEU PATTIER/SIPA L’écrivain et réalisateur YannMoix a enquêté dans la ville portuaire et signe Re-Calais, sixième volet de la série multimédia d’ARTE Reportage, Réfugiés. Une immersion auprès des exilés qui l’a particulièrement ébranlé. Entretien. La souricière Calais YannMoix Samedi 9 juin à 18.35 Magazine ARTE Reportage Re-Calais Lire page 11 Du 5 au 10 juin, Lyon BD Festival présente l’exposition Réfugiés, produite en collaboration avec ARTE Reportage. www.lyonbd.com Quel était votre projet en allant filmer à Calais ? YannMoix  : Je voulais redonner un peu d’humanité aux exilés qui n’ont pas d’existence légale, filmer leur courage. Pour cela, j’ai souhaité manier l’humour, discuter avec eux, me montrer amical. Ils représentent l’avenir de l’Europe, d’autant plus qu’ils sont souvent diplômés et ont le désir d’exercer un métier digne. Il serait de notre devoir de les faire participer à la vie intellectuelle française. Qu’avez-vous vu là-bas ? Calais est une souricière. Tout est fait pour empêcher les exilés de se rendre en Angleterre et, en même temps, ils ne peuvent pas rentrer dans leurs pays d’origine. Personne ne sait quoi faire d’eux. Cette zone est donc devenue le lieu de toutes les absurdités et de tous les excès. C’est l’endroit en France où la police est la plus violente. Elle gaze. Elle frappe. L’impunité semble maximale. La ville donne l’impression d’être le lieu du rêve parce qu’on voit l’autre côté de la Manche, et celui du cauchemar parce que l’Angleterre semble aussi éloignée que la Lune. Comment, au fil des rencontres, vous êtes-vous gardé de votre propre empathie, inhérente au projet ? J’ai essayé de ne pas être naïf. Et je me suis parfois senti étranger, comme cette fois où, au milieu d’un groupe d’Afghans, j’ai eu peur qu’ils s’en prennent à moi. Mais on ne peut pas assister à l’inadmissible sans en être durablement ébranlé. Ce tournage m’a inspiré une angoisse paroxystique qui a entraîné un burn out. J’en suis ressorti détruit. Il est impossible de s’habituer à des scènes inhumaines, qui plus est lorsqu’elles se déroulent dans un pays comme la France. Les gouvernements répondent à l’exil mondial par des murs et des barbelés. Il faut penser les frontières différemment, voire les redéfinir. Voilà notamment ce que nous disent les exilés. Propos recueillis par Philippe Brachet Regards croisés Après Régis Wargnier au Népal, Pierre Schoeller en Irak, Agnès Merlet au Liban, Claire Denis au Tchad et Yolande Moreau à Calais et Grande-Synthe, ARTE Reportage a donné carte blanche à l’écrivain YannMoix. Avec l’objectif de croiser les regards, l’écrivaine Marie Darrieussecq, la bédéiste Lucie Castel et la photographe Justyna Mielnikiewicz (qui signe la photo ci-dessus) livrent aussi leurs points de vue. À voir sur arte.tv/refugies. 7ARTE MAG N°24. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 JUIN 2018



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