Arte Magazine n°24 10 jun 2000
Arte Magazine n°24 10 jun 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de 10 jun 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : nous, les Européens.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 32 - 33  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
32 33
v en d redi 16 juin « Il y avait une histoire, elle est passée, elle est finie, l’histoire n’avance plus, il y a un trou dans l’histoire. » (Paroles d’anciens détenus) La deuxième partie 22.10 Goulag (1) Un parcours dans le temps et dans l’espace qui donne voix et figure aux victimes anonymes du système concentrationnaire soviétique, aux oubliés de « l’archipel du goulag ». En remontant le fil tragique de l’Histoire, en ret o urnant sur les lieux mêmes de leur détention et de leur disparition, Iossif Pasternak et Hélène Châtelain cherc h en t à saisir la logique monstrueuse de cet événement incontournable du XX e siècle : la déportation de millions d’individus jugés politiquement dangereux. de Goulag sera diffusée le vendredi 23 juin à 22.30 Documentaire en deux épisodes de Iossif Pasternak et Hélène Châtelain (France, 2000-1h50mn) Coproduction : La Sept ARTE, 13 Production LASEPT ARTE 32 - ARTE MAGAZINE n°24 - 10 juin > 16 juin 2000 « Le camp n’est pas un autre monde, le camp est le moule du monde. » « Comment compre n d re un pays qui, selon un de ses proverbes, a quitté une rive et n’a point atteint l’autre ? », écrivait à la fin du XIX e siècle l’essayiste français Anatole Lero y - Beaulieu qui avait mis la Russie – sa démes u re, son mystère, son énigme – au centre de ses réflexions. Guidés par celles-ci, Iossif P a s t ernak et Hélène Châtelain sont partis en quête de ce « pays entre deux rives », sur les traces de ce qui ne fut ni une prison, ni un lieu géographiquement définissable, mais la f orme administrative d’une pensée : le goulag (Glavnoïe OUpravlenié LAGere ï). Fondée officiellement en 1930, la dire c t i on centrale des camps de travail, symbole de l’o p pression en URSS, ne fut démantelée qu’en 1960. En l’espace d’un demi-siècle, plusieurs millions de victimes ont péri dans ce que Soljenitsyne, premier historiographe du système concentrationnaire soviétique, a appelé « l’archipel du goulag ». Au fil d’un voyage rythmé par l’immensité de la terre russe, avec ses lumières et ses climats extrêmes, les auteurs ont cherc h é à pénétrer en profondeur dans une Russie secrète, celle de femmes et d’hommes qui n’ont laissé derr i è re eux ni mémoires ni témoignages : le petit peuple des villages et des ateliers qui a constitué pendant plusieurs décennies la population majoritaire des camps et des régions que la dire c t i on centrale administrait. Anciens déport é s, s urvivants ayant vu leur famille mourir de faim, enfants de détenus ou de dirigeants, villageois témoins, descendants de la « dékoulakisation » (coro l l ai re de la collectivisation impitoyable des campagnes) ou historiens, tous ont été invités à exprimer l’inexprimable de l’arbitraire et de la terreur. Resituant le phénomène de la déport a t i on des « ennemis du pouvoir » dans sa continuité historique et dans son contexte géographique, politique, économique, re l i g i e u x, éclairant la spécificité du modèle soviétique d’internement, les auteurs de ce documentaire ne procèdent pas seulement à une exhumation d’archives : c’est en filmant la vie présente des habitants de ces contrées rigoureuses, dont beaucoup sont les héritiers des travailleurs forcés d’hier, en filmant également le sort des prisonniers actuels qui se superpose comme une ombre aux anciennes conditions de détention, qu’ils rendent palpable la tragédie de tout un peuple et de tout un pays. Iossif Pasternak et Hélène Châtelain ont choisi de limiter leur enquête aux grands camps du nord du pays, les plus extrêmes, les plus mythiques : ceux des îles Solovki, au milieu de la mer Blanche, au nord-ouest ; et, à 5 000 km de là, ceux de la Kolyma, au nord-est polaire. Deux temps marqu en t leur « voyage » dans ce présent de la mémoire : celui de la violence radicale des années
20 et 30 (1 re partie : « Le temps de l’eau ») et celui de la mise en exploitation, de la colonisation du goulag pendant les années 30 et 50 (2 e p artie : « Le temps de la pierre »). 1. Le temps de l’eau Le premier camp destiné à re g rouper les ennemis venant de la guerre civile fut installé dès le printemps 1920 dans le monastère de Solovki, haut lieu de l’orthodoxie. Les îles Solovki forment un archipel isolé dont A l e x a n d re Soljenitsyne tirera plus tard sa c é l è b re formulation. En ces pre m i è re s années, le « goulag » n’existe pas, il n’y a pas en c o re de direction centrale des camps. Le Slon, camp spécial des Solovki, est un véritable laboratoire traversé par toutes les questions sociales, économiques, idéologiques, qui agitent la Russie des années 20. Que signifie un lieu de détention au sein d’une société communiste ? Qui sont les « socialement proches » ? Qui sont les « socialement dangereux » ? Dans ce camp qui deviendra pro g ressivement un lieu de re d ressement social, de travail « corre c t i f » pour les « éléments perv ertis », se ret rou v en t côte à côte des « droits communs », des paysans révoltés, des intellectuels, des matelots anarchistes, des officiers blancs, des h i é r arques orthodoxes, ainsi que des opposants de gauche – les seuls à garder un statut de « politique », isolés dans les ermitages. À partir du premier plan quinquennal, en 1929, les rivières deviennent les voies d’une nouvelle colonisation. Le chantier pharaonique du canal de la mer Baltique à la mer Blanche en est le phare. Avec ce chantier, le pouvoir soviétique réalise le rêve de l’emp e reur Pierre le Grand : le passage d’un projet pénitentiaire à un projet économique, à la fois social et répressif, utilisant à très grande échelle la main-d’œuvre des camps. Cette transformation va avoir son observ a- teur privilégié, Varlam Chalamov, étudiant c on t e s t a t ai re arrêté en 1929 pour avoir diffusé le testament de Lénine. La grande r é f orme des camps l’enrôle dans ses rangs, d’où il voit se développer un « système pédagogique redoutablement pervers et eff i c a- ce » : au nom de la rééducation par le travail et du plan à accomplir, la nourr i t u re attribuée aux détenus va dépendre de la quantité de travail effectué… Les réalisateurs Hélène Châtelain et Iossif Pasternak sont déjà coauteurs de la Cité des savants (1 9 9 4, d i ffusé sur ARTE) et de Mikhaïl Boulgakov (1997, coll. « Un siècle d’écrivains »). 23.50 Cinéma. Chronique d’un fou (Blaznova kronika) Film de Karel Zeman (Tchécoslovaquie, 1964-1h22mn) – Noir et blanc, VOSTF Scénario : Karel Zeman, Pavel Jurácek Avec : Petr Kostka (Petr), Emilia Vásáryová (Lenka), Miroslav Holub (Matej), Valentina Thielová (Veronica), Eduard Kohout (Count Pinkles), Karel Effa (Varga), Jiri Holy (officier espagnol) Photographie : Václav Hanus Musique : Jan Novák Production : Film Studio Barrandov LA SEPTARTE La guerre de Trente Ans dans les pays tchèques racontée par un vieux fou du roi. Un éblouissant film alliant humour et émotion, qui introduit la technique de l’animation dans des images traditionnelles… 1625 : la guerre de Trente Ans fait rage. Le tonnerre des canons gro n- de à travers l’Europe et la fumée s’élève des ruines des villages dévastés par la guerre. Le pays est divisé en deux camps : l’un sous le commandement de Mansfeld, fidèle lieutenant du roi du Danemark, et l’a u t re sous l’autorité de l’armée de l’e m p e reur Ferdinand II de H a b s b o urg. Les villages sont fouillés par les militaires qui enrôlent tous les hommes valides. Petr, un jeune paysan, est surpris par des re c ruteurs : on lui vole son poney, on lui enfile un un i f orme, on le hisse et l’attache sur le cheval du soldat Matej. Mais Petr réussit à s’enfuir… La folie des images Bijou satirique et cinématographique, C h ronique d’un fou mélange une histoire d’amour à des commentaires acides sur les motivations des chefs militaires et le manque de conviction des simples soldats. Issu d’un travail minutieux, le film combine animation et images traditionnelles dans une complexité éblouissante. En utilisant la technique du dessin animé, les vieilles grav u res, les scènes conventionnelles, les décors, les plans extérieurs, le photomontage, les effets spéciaux, juste pour le plaisir d’être ingénieux, Chronique d’un fou est un vrai délice de cinéphile. ARTE MAGAZINE n°24 - 10 juin > 16 juin 2000 - 33 Un mariage réussi de dessins animés, d’effets spéciaux et d’images traditionnelles.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :