Arte Magazine n°23 30 mai 2020
Arte Magazine n°23 30 mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de 30 mai 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 30

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : grande enquête sur l'avenir de la planète.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°23. LE PROGRAMME DU 30 MAI AU 5 JUIN 2020 8 Au travers des voyages du peintre Henri Matisse, Raphaël Millet retrace, dans un passionnant documentaire, l’évolution artistique du pionnier de l’art moderne. Entretien. L’odyssée Matisse Dimanche 31 mai à 18.05 Documentaire Matisse voyageur En quête de lumière Lire page 15 24/5 29/7 En partenariat avec Prévue du 13 mai au 31 août au Centre Pompidou, en partenariat avec ARTE, l’exposition «Matisse, comme un roman» a été reportée à une date ultérieure. Raphaël Millet Quels rôles ont joué les voyages dans l’œuvre de Matisse ? Raphaël Millet  : Matisse est souvent considéré comme un artiste d’atelier. Or l’ailleurs a toujours été l’un des moteurs de sa création. Son premier séjour en Bretagne, à la fin du XIX e siècle, déclenche cette envie chez lui. Alors âgé de 25 ans, il est fasciné par les lumières et les couleurs qu’il découvre. Chaque voyage constituera ensuite le point de départ d’une nouvelle étape dans sa pratique picturale. Après la Corse, il se dirige vers le fauvisme, puis vers une peinture de plus en plus moderne à la suite d’un passage au Maroc. En quête d’inspiration, l’artiste part en 1930 à l’autre bout du monde, en Polynésie, laissant une toile inachevée sur son chevalet. Que rapporte-t-il de son dernier périple aux antipodes ? L’influence polynésienne émerge lentement dans son œuvre. Pendant son escapade de trois mois à Tahiti, Matisse ne touche pas à ses pinceaux. Les premiers thèmes apparaissent seulement au milieu des années 1930 avant de prendre un tour majeur à partir de 1946, notamment avec ses célèbres gouaches découpées. Il rapporte de ce lointain périple des souvenirs de ses rencontres avec des Polynésiens, mais aussi avec le réalisateur allemand Friedrich Wilhelm Murnau, qui achève là le tournage de son film Tabou, et avec qui ce peintre cinéphile s’est lié d’amitié. Vous réunissez dans votre documentaire une importante iconographie, avec des photographies personnelles du peintre à New York... Ces archives sont celles qui m’ont le plus surpris  : le voir en haut d’un gratte-ciel est inattendu. En route vers la Polynésie, Matisse découvre la modernité urbaine et achète son premier appareil photo lors d’une escale new-yorkaise. Cela en dit beaucoup sur sa curiosité pour son époque. Il va aussi s’intéresser au jazz, qu’il va également découvrir aux États-Unis. Si les archives occupent une place importante dans le film, je tenais également à ce que sa pensée, que l’on connaît peu, tienne une place centrale. Les nombreuses citations, puisées dans sa correspondance et ses essais, éclairent en effet sa réflexion sur l’évolution de son travail artistique. Le poète Apollinaire associait Matisse à la couleur orange. Et vous, à quoi l’identifiez-vous ? D’une part, à une arabesque, une forme ondulatoire qui court sur beaucoup de ses toiles. D’autre part, à une insatiable quête de lumière, quasi spirituelle à la fin de sa vie. On la ressent quand on est face à l’un de ses tableaux dans un musée, notamment La gerbe, une sorte de mosaïque sur fond blanc, ou L’escargot, une palette abstraite de papiers découpés aux couleurs éclatantes. Propos recueillis par Hélène Porret ARCHIVES HENRI MATISSE/D.R
EI-CHINA/MATCHLIGHT Samedi 30 mai à 20.50 Série documentaire Comment le métal blanc a façonné le monde (1-3) Lire page 13 23/5 18/6 À l’occasion de la diffusion de la série documentaire de Michael Burke et Graeme Hart, retour sur deux marchandises qui firent la fortune de la Chine et une troisième qui la ruina  : l’argent, le thé et l’opium. L’opium, le thé et le métal blanc Argent ciselé Coiffes imposantes et bijoux habillant tout le corps  : les parures des Miao (photo), une minorité ethnique, illustrent la passion des Chinois pour le métal blanc. C’est au XVI e siècle que l’Empire du Milieu impose à ses sujets de payer l’impôt en argent et en importe massivement. Les Chinois deviennent orfèvres, joailliers  : on retrouve aujourd’hui chez des collectionneurs américains d’extraordinaires théières en argent massif attribuées à tort aux artisans anglais et fabriquées en réalité à Canton. Leurs motifs gravés racontent la vie quotidienne de la cour impériale, qui exportait ses produits de luxe jusqu’en Russie. Le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg possède d’ailleurs des pièces ciselées en filigranes d’or et d’argent, œuvres d’art qu’aucun joaillier ne saurait reproduire aujourd’hui. Les Chinois ne se résigneront à abandonner l’étalon argent qu’en 1935, sous la pression des États-Unis. Thé et produits de luxe Grâce au monopole de la production du thé, la Chine conforte au XVIII e siècle sa première place dans le commerce mondial. Mais dès le XVI e siècle, le monde s’arrache ses produits de luxe. À Canton, des milliers d’artisans sous-payés mais qualifiés fabriquent des services en porcelaine spécifiquement pour l’étranger. Des couverts en argent copiés sur les modèles européens sont vendus – déjà ! – à moitié prix. Canton est alors le seul port accessible aux étrangers. Confinés dans un «ghetto doré», ceux-ci ne peuvent négocier qu’avec un petit groupe de marchands détenant le monopole de ce négoce. L’un d’eux, Hokua, accumulera une immense fortune grâce au commerce du thé. Opium invasif Furieux que les Chinois refusent d’ouvrir leur pays aux marchandises étrangères, les Anglais puis les Américains décident de les inonder d’opium. En 1830, la Chine compte des millions d’opiomanes. Le gouvernement impérial de Daoguang réagit en prohibant le commerce et la consommation d’opium, en procédant aux saisies des stocks des négociants et à leur destruction. En sus, il impose aux importateurs étrangers, assignés à résidence, de renoncer officiellement à ce trafic. Les Britanniques répondent en exigeant une compensation pour préjudice, et en déclarant la première guerre de l’opium (1839- 1842), qui sonnera – provisoirement – le glas de la domination chinoise sur le commerce mondial. Maria Angelo ARTE MAG N°23. LE PROGRAMME DU 30 MAI AU 5 JUIN 2020 9



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