Arte Magazine n°23 3 jun 2000
Arte Magazine n°23 3 jun 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de 3 jun 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : impressions de la grotte Chauvet.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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v en d redi 9 juin Sur quel pied danser ? Le cinéma au bout des doigts Producteur de la collection « Petites caméras », Jacques Fansten a plongé avec gourmandise dans l’univers de la vidéo numérique. Découvertes. La collection « Petites caméras » (7x90mn) : La chambre des magiciennes de Claude Miller Prix FIPRESCI au Festival de Berlin 2000 Vendredi 26 mai à 20.45 Nationale 7 de Jean-Pierre Sinapi Prix du public et mention spéciale du Prix Manfred-Salzg e b e r au Festival de Berlin 2000 Vendredi 2 juin à 20.45 Les yeux fermés d’Olivier Py Vendredi 2 juin à 23.45 Sur quel pied danser ? de Jacques Fansten Vendredi 9 juin à 20.45 Prévus en 2001 : Ma chair et mon sang (titre provisoire) de Brigitte Roüan (tournage en avril-mai 2000) Clément d’Emmanuelle Bercot (tournage en juillet 2000) Le long chemin du paradis de Dani Levy (tournage en septembre 2000) Est-ce l’idée de tourner en caméra numérique, donc légère et discrète, qui vous a incité à raconter le monde de la rue ? Non, le synopsis existait avant : je l’avais soumis à Pierre Chevalier qui m’en a reparlé quand nous avons décidé de faire cette collection, « Petites caméras ». Compte tenu de l’outil utilisé, j’ai tourné l’histoire différemment. Dans la mesure où l’on considérait tous cette collection comme une aventure, j’ai choisi d’explorer ce que les trois premiers cinéastes de la série avaient évité : les plans larges. C’est aussi une caméra impardonnable avec les comédiens quand ils ne sont pas d’une formidable justesse. Sans doute parce qu’elle est plus souvent utilisée dans le documentaire que dans la fiction, c’est une image qui a un besoin de réalité beaucoup plus fort. Vous n’avez pas, comme Olivier Py ou Claude Miller, cherché à profiter de cette caméra pour explorer une esthétique nouvelle ? J’ai raconté, comme je l’aurais fait avec n’importe quel outil, l’histoire de quelqu’un dont l’univers se fissure. Mais cette caméra me donnait quand même la possibilité d’être tout le temps au milieu de la vie, au milieu d’un foisonnement et d’un « inattendu » qu’une figuration traditionnelle n’aurait jamais pu reconstituer. Avec une petite caméra DV, il n’y a pas de temps technique : 95% de notre temps servait au travail avec les comédiens. Elle est aussi d’une telle discrétion qu’il y a à leur égard une part du rituel de tournage qui disparaît ; ce rituel qui est d’ordinaire comme un rideau qui se lève et où ils sont subitement dans la représentation. Quelles ont été alors vos nouvelles libertés sur le plateau ? Toute notre culture de cinéastes repose sur une caméra qui est solidaire d’un œil, à hauteur de tête. Ce qui est frappant avec celleci, c’est que l’opérateur la tient à bout de bras et que l’on est soudain, par sa souplesse, sa mobilité, dans une vraie liberté de mouvement. Je me suis aussi permis de tourner avec deux caméras, en donnant à l’une d’entre elles une plus grande liberté. Autre paradoxe : moi qui ne veux jamais de retour vidéo sur le plateau pour ne pas me mettre à l’écart, là, à cause du petit écran de la caméra, j’étais beaucoup plus proche du cadre que d’habitude. ■ Jacques Fansten Auteur, réalisateur et producteur, il réalise en 1976 son premier long métrage le Petit Marcel avec Jacques Spiesser, Isabelle Huppert et Yves Robert. Viendront ensuite la Fracture du myocarde (1990) – un téléfilm sorti en salles –, Roulez jeunesse (1992) et C’est pour la bonne cause (1997). Il réalise également une dizaine de films pour la télévision, entre autres : Nous te mari-e-rons (1981), les Lendemains qui chantent (Osella d’argent au Festival de Venise 1985), le Mouchoir de Joseph (1988), la Crèche (1999). En 1986, il obtient le Prix de la télévision de la SACD pour l’ensemble de ses téléfilms. Enfin, il a produit entre autres Vincent et Théo de Robert Altman, Comme un bateau la mer en moins de Dominique Ladoge, Silent Tongue de Sam Shepard, D’amour et d’eau salée d’Edwin Baily, les Moissons de l’océan de François Luciani, et bien sûr l’ensemble de la collection « Petites caméras ».
22.20 Kosovo, des journalistes dans la guerre En l’absence d’informations fiables, la guerre du Kosovo fut aussi une guerre des propagandes. Pourtant, plusieurs journalistes occidentaux étaient restés sur place, à Pristina. Comment ont-ils travaillé ? Qu’ont-ils vu ? Que s’est-il vraiment passé là-bas ? Un an plus tard, Béatrice Pignède et Daniel Schneidermanncro i s en t leurs témoignages, aussi inédits qu’étonnants. Documentaire proposé par Daniel SchneidermannÉcrit et réalisé par Béatrice Pignède et Claude Vajda (France, 2000-1h30mn) Coproduction : La Sept ARTE, RIFF International Production LASEPTARTE Un an après, contre-enquête sur le rôle des journalistes dans la guerre au Kosovo. Printemps 1999. Que se passe-t-il vraiment à l’intérieur du Kosovo ? Un grand massacre systématique se produit-il à l’abri des re g ard s ? Deux mois durant, tout au long de la guerre, les médias occidentaux n’ont pu répondre qu’indirectement à cette question. De l’intérieur, plus aucune nouvelle ne p arvenait. Si les réfugiés, aux fron t i è res de l’Albanie ou de la Macédoine, livraient des témoignages concordants des bru t a l i t é s serbes, le cœur de la province restait inaccessible aux regards. « Il n’y a plus de journalistes indépendants au Kosovo », répétaient les médias. Pourtant, tout au long de la guerre, une poignée de journalistes occidentaux est bel et bien restée à Pristina. De Paul Watson (Los Angeles Ti me s), re p orter chevron n é, au jeune Aleksandar Mitic (AFP), de Serif Turgut, la Turque, à son amie Maria K archilaki, la Grecque, de Renate Flottau (Der Spiegel), qui se dissimula chez le « président élu » Ibrahim Rugova, au photographe grec Yannis Behrakis, ces « fantômes du Kosovo » témoignent aujourd’h ui. Béatrice Pignède et Claude Vajda les ont ret rouvés et longuement interro g és. Exactions serbes, bavures de l’OTAN, re v i rement de Rugova, purification ethnique : dans quelles conditions ont-ils couvert ces événem en t s ? Quelle fut, au jour le jour, leur marg e de liberté par rapport aux Serbes ? Ne f u rent-ils pas, de fait, manipulés par eux, tandis qu’à Bruxelles les port e - p a role de l’OTA N se livraient à d’étranges désinforma t i on s ? Quel re g ard portent-ils aujourd’hui sur leur travail en général, et le traitement médiatique de la guerre du Kosovo en part i c u l i e r ? Leurs témoignages sur la difficulté du métier de re p orter de guerre sont éclairés par leur production de l’époque (re p o r- tages, articles, dépêches), ainsi que par des extraits des informations télévisées occidentales et serbes. Lire notre entretien page suivante. « Je ne suis pas d’accord avec ces histoires dans notre camp – OK, les Serbes ont forcé des gens [à partir,ndlr], tout le monde le sait, mais il y en a aussi des milliers qui sont partis parce que l’OTAN a fait une erreur. Quand ils tuent des civils, quand ils frappent le centre. Et les gens ont su que les bombes de l’OTAN tuaient des civils. Par exemple, dans le quartier de Prizren à Pristina, l’une des plus grosses journées d’exode a eu lieu après le bombardement de la ville. » (Serif Turgut, télévision turque)



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