Arte Magazine n°23 3 jun 2000
Arte Magazine n°23 3 jun 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de 3 jun 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : impressions de la grotte Chauvet.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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m ardi 6 juin En 1943, Leo Kanner dénombre sept symptômes de l’autisme : la solitude, des obsessions routinières, une mémoire extraordinaire, 21.45-00.35 L’autisme au pluriel Depuis son identification il y a cinquante ans, l’autisme reste une énigme médicale. ARTE porte un triple re g ard sur l’histoire de cette pathologie, à travers la perception du monde par les autistes et les témoignages des parents et des soignants. L’autisme est un t erme qui re c ou v re une complexité de symptômes, d’approches et de situations vécues. « Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard ni patience. » (René Char) l’écholalie [répétition à l’identique], la sensibilité aux stimuli, une gamme d’intérêts limitée, une intelligence normale. LASEPTARTE 21.45 Histoire, histoires d’autisme Documentaire d’Anne Georget (France, 2000-58mn) Coproduction : La Sept ARTE, Gloria Films 2000 Voyage dans l’histoire de l’autisme, une histoire mouvementée qui déchaîne les passions. Depuis un demi-siècle, cette maladie cristallise un débat d’idées majeur sur les relations entre cerveau et comportement. En 1943, le psychiatre américain Leo Kanner définit l’autisme après une étude réalisée sur 11 enfants. De son côté, le médecin autrichien Hans Asperger mène une enquête s i m i l ai re. Après cette période de découvert e vient une période d’explication. De grandes f i g u res se penchent sur cette maladie déro u- tante, parmi lesquelles Bruno Bettelheim et Éric Shopler. Véritables guides spirituels du monde de l’autisme pendant une ou deux décennies, ils sont présents ici à travers des images d’archives tournées lors de leur travail avec des enfants autistes. Cinq générations parlent Au-delà du simple historique, ce sont cinq générations d’autistes et de parents d’enfants autistes qui tournent les pages d’un l i v re dont les mots pèsent le poids de la s ou ffrance. Leurs parcours, depuis le diagnostic fatal jusqu’à la prise en charg e, témoignent de l’idée dominante du moment. Ainsi sont abordées très concrètement les difficultés des enfants dans leur r a p p ort au monde et les stratégies mises en œuvre pour briser leur isolement. Mais l’amour est le moteur essentiel pour que l’enfant se « déplie » hors de lui. Pare n t s, médecins, psychiatres, tous semblent enraciner là leurs efforts. 22.35 Vu d’ici Aux portes de l’autisme Documentaire d’Anne Georget (France/États-Unis, 2000-54mn) Coproduction : La Sept ARTE, Gloria Films, NYTV, Valentine Production 2000 « J’ai appris à donner une interview, à enseigner, à faire toutes sortes de choses. Mais je ne vais pas au bar du coin parce que je ne sais pas comment me comporter. » (Temple Grandin) Le discours le plus pertinent sur l’autisme est peut-être à rechercher dans les récits des autistes eux-mêmes. Temple G r a n d i n en s ou ffre toujours, mais elle est aujourd’hui professeur d’université. Visite guidée d’un monde à part. À deux ans, Temple Grandin présentait tous les symptômes de l’autisme. Elle a mainte-
nant plus de 50 ans et est professeur à l’université du Colorado. Cette enfant tort u- rée par le bruit le plus banal et qui ne parvenait pas à dépasser un langage ru d i me n- t ai re a réussi à réduire la fracture entre son monde et le nôtre. Si les nuances de la vie a ffective lui posent encore des pro b l è me s, elle s’épanouit néanmoins pleinement dans son travail. Elle utilise la capacité des autistes à « penser en images et en tro i s d i me n s i on s » pour compenser sa difficulté à é l a b o rer des concepts. Ainsi, elle est passée maître dans la conception des installations destinées à abriter le bétail. Les méthodes qui lui ont été proposées pour t rouver ses marques dans notre monde, elle les applique avec succès au comport e me n t animal et s’investit dans un travail qui lui proc u re satisfaction, reconnaissance, re s p e ct. De l’autre côté du miroir Ce film n’est pas une biographie de Te m p l e Grandin. C’est un point de vue privilégié d’autiste et de scientifique, un autoport r ai t qui nous permet de voir autrement cet univers intérieur peu accessible sans plaquer un re g ard normatif sur cette maladie. Au m i roir déformé de l’autisme, tous nos schémas préconçus et nos références volent en éclat : et si la porte coulissante du supermarché procurait plus de plaisir qu’un sour i re ? Peu à peu, une affinité semble se dessiner entre la capacité de Temple à c o m pre n d re, à anticiper le comport e me n t animal, et son aptitude à éclairer les réactions étranges et parfois effrayantes des autistes. Elle nous fait pénétrer dans cette boîte noire, nous guide à travers ces informations visuelles, auditives, tactiles, qu’elle a peu à peu appris à apprivoiser. 23.35 Regarde-moi Documentaire de Sten Baadsgaard (Danemark, 1997-58mn) Production : DR TV, Solo Film Meilleur grand reportage, FIGRA 1998 Pendant trois ans, Sten Baadsgaard a suivi le séjour de Helle à la Maison jaune. Av e c quatre autres autistes, cette jeune femme de 25 ans y a bénéficié d’un traitement expérimental. Un récit fort, bouleversant. A u j o urd’hui, Helle doit être emmenée à la Maison jaune, où l’attendent Ulla, Beate et leur équipe. Contre l’autisme, le personnel de cet établissement met en œuvre une nouvelle technique, fondée sur l’analyse c o m p ortementale appliquée. Il s’agit avant tout d’améliorer la qualité de vie des patients et de trouver une alternative aux médicaments. Trois ans durant, Helle fait l’objet de toutes les attentions. Le moindre de ses faits et gestes est enregistré et analysé. À force d’exercices, le personnel de la Maison parvient peu à peu à sortir Helle de son univers. Avant qu’elle entre pre n ne une action, il décortique pour elle les mouvements à eff e c t u er, puis lui donne un ord re. Devant la caméra, la mère de Helle évoque les moments douloureux et l’espoir d’une amélioration. Un petit pas pour l’humanité… Helle est allongée, calme, le regard lointain. Tout à coup, elle s’agite, tape violemment sa tête contre l’oreiller en criant. Son visage tuméfiée porte les marques des violences qu’elle s’inflige. Il faut quelques instants avant de re m arquer que ses mains sont attachées à une ceinture. Sur sa tête, un casque qui ne la quitte presque jamais. C’est par là qu’on la tient constamment, en promenade, pendant les exercices… Pour établir le contact avec Helle, une phrase rituelle : « Regarde-moi. » Dans les re g ard s qui s’échangent alors, réside la possibilité de briser le mur que l’autiste bâtit autour de lui pour enfin s’accrocher à une présence e x t é r i e u re rassurante. Pendant trois ans, avec une patience rare, le personnel soignant de la Maison jaune n’a de cesse d’att i rer un peu plus Helle vers notre monde. Les progrès, bien sûr, sont infimes, mais le s our i re de Helle est à lui seul une victoire. Trois ans pour un pas, un petit pas dans le j ardin que Helle fait sans aide. Dérisoire. Bouleversant. « Nous pensons qu’elle considère ses bras comme des monstres. Ce sont eux qui la frappent, qui lui tirent les cheveux. Ce sont eux qui jettent la nourriture par terre, qui provoquent les accidents. Quand ils sont attachés, ils se tiennent tranquilles. » (La mère de Helle) Le mot « autisme » vient du grec autos qui signifie soi-même. Cette maladie se caractérise, en effet, par le repli sur soi.



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