Arte Magazine n°22 27 mai 2000
Arte Magazine n°22 27 mai 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de 27 mai 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : Arte partenaire de l'Exposition Universelle à Hanovre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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v en d redi 2 juin 23.45 Petites caméras Les yeux fermés Pour cette nouvelle collection, ARTE a proposé à sept réalisateurs de tourner un téléfilm avec une « petite caméra » légère. Très utilisée aujourd’hui dans les re p ort a g e s, la « DV » (vidéo numérique) permet-elle une nouvelle approche de la fiction ? Réponse avec le premier film d’Olivier Py. Vincent (Samuel Churin) et Olivier (Olivier Py) ouvrent les yeux sur la passion. petites caméras Téléfilm d’Olivier Py (France, 1999-1h20mn) Scénario : Olivier Py Avec : Samuel Churin (Vincent), Olivier Py (Olivier), Benjamin Bitter (Benjamin), Éléonore Briganti (Éléonore), Philippe Girard (Philippe), Michel Fau (Michel), Céline Cheenne (Céline), Bruno Sermonne (Bruno) Photographie : Luc Pagès Son : François Waledisch Montage : Lise Beaulieu Coproduction : La Sept ARTE, Télécip, Les Films Pelleas LASEPT ARTE Olivier aime Vincent, mais Vincent est prisonnier de son passé. Olivier est comédien, croyant, mais inquiet. C’est lui qui raconte cette histoire. Vi n c en t, lui, fait un métier étrange et méconnu : il décrypte les boîtes noires des catastrophes aériennes. Ce qui le plonge dans une contemplation macabre sans rémission. Vincent semble supporter toute la souffrance du monde. L’homme de théâtre voudrait lui rendre la vie... De mâle en Py Olivier Py a utilisé toutes les ressources de la vidéo numérique pour réaliser les Ye u x f ermés, son premier film. Si, comme il le pense, « un film réussi est un film qui trouve une alliance entre son mode de captation technique et son histoire », alors les Ye u x f ermés est indéniablement une réussite. Si Tarkovski, Bresson et Dreyer sont ses m a î t res à filmer, l’homme de théâtre note avec humour qu’il n’y a « rien de pire que les cinéphiles qui font du cinéma ». La DV lui permet de filmer dans une quasi-obscurité et de saisir avec plus de vérité encore les noctambules parisiens cherchant à assouvir leurs désirs. Cette histoire vraie lui tenait à cœur depuis des années. Olivier, l’acteur qui tombe amoureux de Vi n c en t, évoque irrésistiblement Olivier Py lui-même. Tous deux ont en commun d’avoir « eu tro i s passions dans la vie : Dieu, le théâtre, les garçons ». Sur la scène ou dans la rue, les silhouettes de Vincent et d’Olivier émergent des ténèbres. Le film montre le rapport des corps, l’obscur objet du désir, chez des ê t res dévorés par une passion qui leur paraît insensée. Tous les personnages sont en quête de spiritualité et expriment un besoin d’absolu, en contrepoint de l’assouvissement du désir physique. L’acteur en mal d’amour se définit avant tout comme « un type qui a trop lu Sören Kierkegaard » … Lire ci-contre l’entretien avec Olivier Py.
Les yeux fermés Boy meets boy Vous qui n’étiez encore jamais vraiment passé à la réalisation, comment êtesvous arrivé dans ce projet de collection ? Olivier Py : Jacques Fansten voulait justement quelqu’un qui ne soit pas de la famille des cinéastes, qui ait un re g ard extérieur : puisqu’il s’agissait de réinventer complètement une technique, finalement nous étions tous des débutants. J’ai quand même une longue histoire d’amour avec le cinéma, mais j’avais très peur de commencer par faire un film académique. Il n’y a rien de pire que les cinéphiles qui font du cinéma. Or je savais qu’avec cette petite caméra, je serais contraint d’inventer. Vous avez visiblement utilisé cette caméra avec beaucoup de plaisir et de recherche... Nous avons très vite décidé de basculer presque toutes les scènes en nuit puisque cette petite caméra filme extraord i n ai rement la nuit. Ça tombe bien parce que, pour le romantique que je suis, la nuit est un lieu de prédilection. Je savais aussi que je pouvais m’o ffrir quelque chose que j’adore au cinéma : les plans séquences. Cette caméra présente l’avantage de pouvoir re f ai re vingt fois la même prise et donc d’améliorer le jeu ainsi que la qualité du cadre grâce à une répétition chorégraphique. Je ne me suis donc pas privé d’écrire des scènes de conversations dans la rue, sachant que nous les tourn e r i on s facilement, ni d’investir tous ces lieux extérieurs où il y a du réel : la rue, le métro, une grande roue. Comme je suis surtout un homme de théâtre, tout le monde pensait que j’allais uniquement travailler sur la dire c t i on Petite caméra au poing, le metteur en scène et comédien Olivier Py délaisse le théâtre le temps d’un film, pour exploiter les possibilités de la vidéo numérique. Explications. d’acteurs. C’est bien l’inverse qui m’a passionné : le travail technique, les couleurs que nous allions obtenir, les contrastes que nous allions pro v o qu er. « Il n’y a rien On a pu dire de cette de pire que caméra qu’elle captait les cinéphiles le réel diff é r e m me nt. Or vous avez surtout qui font choisi une dimension du cinéma. » p o é t i que... (Olivier Py) Je ne cherche pas le réalisme, nulle part. Mais une allégorie, toujours. Le cinéma me plaît quand il devient allégorique. On capte le réel, mais c’est pour ancrer une histoire qui n’est qu’allégorique et qui est toujours la même au cinéma : « Boy meets girl » ou « Boy meets boy ». Comme je le dis au début du film, le cinéma est une liturgie de la re n c on t re. Comment la re n c on t re change les êtres. Comment en rencontrant l’autre et sa douleur, on re n c on t re toute la conscience de l’humanité. C’est peut-être ce que l’on peut trouver de plus immense comme sujet au cinéma, parc e que le cinéma, avec son rapport particulier au temps, a su montrer la re n c on t re comme aucun art n’a su le faire. ■ Olivier Py Auteur, metteur en scène et comédien, Olivier Py est un artiste polyvalent. Depuis Des oranges et des ongles (1988), il a écrit et monté une douzaine de créations dont Gaspacho, un chien mort (1990) – Prix du jury au Festival d’Alès 1991, la Servante (1994), Apolégétique (Avignon 1996), le Visage d’Orphée (Avignon 1997)… Au cinéma, il a joué dans Au petit Marguery de Laurent Bénégui (1995), Chacun cherche son chat de Cédric Klapisch (1995), la Divine Poursuite de Michel Deville (1996), Fin août, début septembre d’Olivier Assayas (1998). Il travaille sur une nouvelle création, l’Apocalypse joyeuse, qui sera présentée au Festival d’Avignon 2000.



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