Arte Magazine n°22 27 mai 2000
Arte Magazine n°22 27 mai 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de 27 mai 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : Arte partenaire de l'Exposition Universelle à Hanovre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Nationale 7 Un road movie en fauteuil « Au cœur de l’action, sans le re m p art de l’équipe et de la technique pour me pro t é g er, je me suis senti mis à nu. » Pour sa deuxième réalisation, Jean-Pierre Sinapi joue avec talent le jeu de la caméra numérique. Entret i en. La collection « Petites caméras » (7x90mn) : La chambre des magiciennes de Claude Miller Prix FIPRESCI au Festival de Berlin 2000 Vendredi 26 mai à 20.45 Nationale 7 de Jean-Pierre Sinapi Prix du public et mention spéciale du Prix Manfred-Salzg e b e r au Festival de Berlin 2000 Vendredi 2 juin à 20.45 Les yeux fermés d’Olivier Py Vendredi 2 juin à 23.45 Sur quel pied danser ? de Jacques Fansten Vendredi 9 juin à 20.45 Prévus en 2001 : Ma chair et mon sang (titre provisoire) de Brigitte Roüan (tournage en avril-mai 2000) Clément d’Emmanuelle Bercot (tournage en juillet 2000) Le long chemin du paradis de Dani Levy (tournage en septembre 2000) Les personnages du film ont tous un rapport très fort au monde. Jean-Pierre Sinapi : J’ai mis en scène des personnages en mouvement, qu’ils aient ou non l’usage de leurs membres. Agir sur l’état des choses, c’est ce qui lie les deux personnages principaux, Julie, l’éducatrice spécialisée, et René, le myopathe atrabilaire. Deux personnages inspirés du réel. Le scénario a été écrit pour être tourné en décor naturel dans un foyer de vie pour handicapés que je connais bien. Vous semblez attribuer une grande importance aux conditions de tournage. Je crois qu’il faut adapter les moyens techniques à ce qu’on filme. Quand Jacques Fansten, le producteur, m’a proposé de réaliser un film de la collection « Petites caméras » pour ARTE, j’ai foncé. La caméra numérique légère et discrète était l’outil idéal : j’imagine mal une équipe classique de tournage débarquant avec armes et bagages au sein d’un foyer pour handicapés moteurs, quand le moindre câble électrique au sol est un danger pour les fauteuils roulants. En plus les résidents ont participé activement à ce film et trois d’entre eux ont interprété de véritables rôles de composition. Sans la légèreté de cette caméra, cela aurait été difficilement envisageable. C’est la première fois que vous tournez avec ces moyens techniques réduits ? Oui. Et pour moi ç’a été une mise en danger. Au cœur de l’action, sans le rempart de l’équipe et de la technique pour me protéger, je me suis senti mis à nu. En même temps c’était aussi l’apprentissage d’une liberté riche d’enseignements. Ma plus grande surprise est venue des comédiens professionnels qui, tout en se déplaçant sans contrainte sur le plateau, étaient dans l’insécurité de ne jamais sentir la présence de la caméra, même quand elle s’approchait à 20 cm d’eux. Paradoxalement ça n’a rien changé à leur concentration. Au contraire, perdant leurs repères habituels, ils se sont mis à jouer sans filet, et je crois que ça a beaucoup contribué à l’authenticité du film. Tous les membres de votre équipe semblent avoir été marqués par ce tournage. La plupart des comédiens et des techniciens découvraient la violence d’une proximité avec des individus à l’autonomie physique parfois très limitée. Pourtant, avec un naturel sidérant, de part et d’autre, on a vite oublié les fauteuils roulants. La qualité des relations qui se sont établies a été pour l’équipe une raison supplémentaire de réussir cette comédie. On a eu beaucoup de mal à se quitter à la fin. Ce tournage nous a apporté à tous un surcroît d’humanité. Je souhaite qu’il en aille de même pour les spectateurs du film. ■ Jean-Pierre Sinapi Jean-Pierre Sinapi écrit des scénarios pour la télévision, notamment la Vallée des espoirs, l’Enfant des loups d’après Régine Desforges, le Train de Vienne et l’Homme du banc d’après Simenon (1990), Jalna d’après Mazo de la Roche (1993) et la Rivière espérance d’après Christian Signol (1994). Il est également, avec Daniel Tonachella, coscénariste de Terre violente, une saga réalisée pour ARTE et diffusée en juin 1998. Il passe à la réalisation en 1996 avec Un arbre dans la tête, d’après un scénario original de Colo Tavernier. Ce film a obtenu le FIPA d’or de la meilleure interprétation masculine et le Prix SACD du nouveau talent télévision 1997.
22.15 Pays d’enfance, pays de cendres Elles étaient écolière s ensemble à Ulm, mais certaines étaient juives et d’autre s chrétiennes. Douze femmes racontent aujourd’h u i leur enfance sous le Tro i s i è me Reich. Des récits édifiants, par leurs d i ff é rences mêmes, sur le nazisme vécu au quotidien. Documentaire de Sibylle Tiedemanns et Ute Badura (Allemagne, 1997-1h30mn) SWR Prix du cinéma allemand 1998 Quand les nazis prennent le pouvoir en 1933, elles ne sont encore que des enfants. Elles ont grandi à Ulm et fréquenté la même école. Peu importait alors que l’une soit chrétienne et l’autre juive. Et si tels parents étaient sociaux-démocrates, leurs enfants ne devenaient pas pour autant des parias. Douze femmes, âgées aujourd’hui de 74 à 79 ans, racontent cette enfance à Ulm. La p l u p art d’entre elles sont restées dans la ville où elles ont grandi, sauf leurs anciennes camarades de classe juives qui habitent aujourd’hui en Israël ou aux États- Unis. Leurs souvenirs, quoique portant sur les mêmes lieux et la même période, divergent au plus haut point. La plupart des écol i è res chrétiennes deviennent des jeunes filles fréquentant avec assiduité le BDM (Bund Deutscher Mädel), la branche féminine des Jeunesses hitlériennes. Dans cette ville et dans leur patrie, les écolière s juives subissent bientôt le sort réservé à leur communauté. Lorsqu’elles sont forcées de quitter l’école, leurs camarades « a ryennes » ont à peine 14 ans et ne semblent pas se re n d re compte de l’exclusion. Sophie Scholl – qui s’illustrera par la suite dans le mouvement d’opposition de la Rose Blanche et sera exécutée à Munich – fréquente elle aussi le même établissement. L’école de jeunes filles d’Ulm en 1942. Elle est même un temps « cheftaine » au BDM et suscite l’admiration des autre s élèves qui auront bien du mal par la suite à c o m pre n d re son parcours. Ce point soulève toujours les passions. Après leur bac, les jeunes « aryennes » d’Ulm accomplissent leur devoir avec zèle au Reichsarbeitsdienst et au Kriegshilfsdienst. Elles ne commencent à douter que lorsque les pre m i è res bombes tombent sur la cité, dissipant l’euphorie des pre m i è res années de la guerre. Les divergences dans les récits qu’elles font des mêmes faits et la façon dont elles en parlent sont édifiantes. Ce documentaire réfléchi et sensible re n d palpable la vie quotidienne au cœur du fascisme et met en exergue son eff r a y a n t e banalité. Le film a reçu le Prix du cinéma allemand 1998. Cinquante ans après, les retrouvailles des amies séparées par l’histoire.



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