Arte Magazine n°22 23 mai 2020
Arte Magazine n°22 23 mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de 23 mai 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 26

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Adam Driver, l'enchanteur dans Paterson de Jim Jarmusch.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°22. LE PROGRAMME DU 23 AU 29 MAI 2020 6 Le risque de l’humain augmenté Depuis l’essor des thérapies géniques à la fin du XX e siècle, la science peut désormais recoder génétiquement un individu. Ce symbole d’espoir pour les malades pose aussi des défis éthiques fondamentaux pointés dans un passionnant documentaire. La vie en une séquence Longtemps terra incognita de la science, le génome humain représente à la fois un vivier prometteur de connaissances et un champ d’expérimentation risqué. Son impressionnante cartographie formée d’environ 3,4 milliards de molécules (des «marqueurs» ADN transportant les gènes) est désormais lisible dans sa totalité depuis 2004. Impulsé dans les années 1950 par les travaux de l’Américain James Watson et du Britannique Francis Crick, ce séquençage a suscité le développement des thérapies géniques – l’injection d’un gène «médicament» dans l’organisme pour suppléer un gène malade –, et avec elles, de sérieux espoirs de traiter des pathologies allant des affections cardiaques aux maladies neurodégénératives. Aujourd’hui, bien des mystères restent à percer, notamment le surgissement des tumeurs. Or la décennie 2010 a accouché d’une autre option  : intervenir à la source du code génétique. Autrement dit, le modifier. Des thérapies aux ciseaux Dès 1971, Paul Berg, le père américain de l’expérience sur l’«ADN recombinant» – l’incorporation d’un fragment d’ADN dans un autre –, alerte sur les risques de manipulation induits par le progrès scientifique. En 1997, en pleine émergence des thérapies géniques, la convention d’Oviedo, signée par vingt-neuf pays, pose des limites claires, dont l’interdiction de pratiquer des modifications génétiques transmissibles à la descendance. Ces restrictions s’appliquent aussi à la nouvelle chirurgie du génome incarnée par le système CRISPR-Cas9, connu sous le nom de «ciseaux génétiques». Il permet de remplacer, de désactiver voire de supprimer n’importe quel gène en coupant une séquence d’ADN. Son usage s’est révélé prometteur dans l’étude de dystrophies musculaires menée sur des souris. La fabrique des bébés OGM Deux ans seulement après la première commercialisation du CRISPR-Cas9, le biologiste chinois Huang Junjiu revendique, en avril 2015, une modification d’ADN d’embryons humains, non viables, atteints de bêta-thalassémie (une maladie génétique de l’hémoglobine) et obtenus auprès de cliniques spécialisées dans la fécondation in vitro. En 2018, son collègue He Jiankui va plus loin en annonçant, cette fois-ci, la naissance de jumelles «recodées» pour résister au VIH. Très controversée, cette innovation, réalisée sans l’aval de la communauté scientifique internationale, interroge sur le dévoiement possible de la sélection génétique. Des humains augmentés peupleront-ils les générations futures ? Benoît Hervieu-Léger Disponible en DVD chez ARTE Éditions le 25 août. Samedi 23 mai à 20.50 Documentaire Il était une fois les gènes (1 & 2) Lire page 9 20/8 GETTY IMAGES
BIEN OU BIEN PRODUCTIONS La comédie Ramdam traite avec humour de la question de l’islam en France au travers d’un village du Sud-Ouest pour porter un regard critique et amusé sur notre société. Entretien avec Zangro, son réalisateur. Une histoire de famille Zangro Quelle est la genèse du film ? Zangro  : Ramdam est issu d’un travail que je mène depuis mes débuts, comme réalisateur, mais aussi en tant que producteur et intervenant sur le terrain, autour de la question de l’islam en France. Après une websérie et le pilote d’une série de vingt-six minutes récompensé au Festival de La Rochelle en 2017, ARTE nous a proposé de réaliser un film. Avant cette superbe proposition, je me suis heurté aux refus des diffuseurs que les thématiques d’identité, de mixité et d’intégration effraient, et cette crispation est plus grande encore dès qu’il s’agit d’associer islam et humour. Comment convaincre dans ces conditions ? En sachant de quoi on parle. Si Ramdam est une comédie, rien n’y est fantasmé. J’ai grandi dans ces quartiers et côtoyé des imams, dont l’un, Fouad Saanadi, est d’ailleurs devenu scénariste sur ce projet. Les mosquées y regorgent d’histoires. J’avais donc dans mon environnement la matière nécessaire au scénario. Le film traite avant tout des rapports humains, thème universel. L’idée était de se placer au-dessus de la mêlée (le rugby est important dans Ramdam !) , pour démystifier l’image erronée d’une communauté musulmane homogène. Les problèmes qu’elle rencontre pourraient survenir dans n’importe quel village, et chacun peut s’y reconnaître. Comment le personnage d’Amine est-il né ? Dans les précédentes étapes du projet, le personnage principal était déjà imam. Imaginer un professeur d’université qui devient imam malgré lui permettait d’une part d’amener le spectateur à découvrir avec lui les dessous d’une mosquée, et d’autre part de croiser deux visions de la religion  : une approche théorique, idéale, et l’autre plus concrète, quotidienne. Le rôle des imams que je fréquente consiste surtout à créer du lien ; ils font plus de psychologie que de religion... Ramdam met en scène un homme qui apprend à écouter. Amine pense qu’il a tout à dire, mais il a tout à entendre. Le film s’achève là-dessus  : un fils qui écoute son père pour la première fois. C’est aussi un récit familial... Le conflit qui oppose Amine à son père raconte un morceau de l’histoire de l’immigration en France. Ce dialogue de sourds entre générations traduit aussi la dimension schizophrénique des rapports que la République entretient avec l’islam. Ramdam s’interroge sur la possibilité de construire une grande famille sur un ton humoristique, mais aussi sur le fil de l’émotion. Car pour moi, il n’y a pas de comédie sans drame… Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène Vendredi 29 mai à 20.55 Téléfilm Ramdam Lire page 22 22/5 27/6 7ARTE MAG N°22. LE PROGRAMME DU 23 AU 29 MAI 2020



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