Arte Magazine n°21 20 mai 2000
Arte Magazine n°21 20 mai 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de 20 mai 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,4 Mo

  • Dans ce numéro : digitale fiction, petites caméras.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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v en d redi 26 mai La chambre des magiciennes La chambre des magiciennes s’inspire d’un roman de Siri Hustvedt, à la ville Mme Paul Auster. La meilleure façon de filmer « La ‘petite caméra’, loin d’être une contrainte, est une libération. » Figure consacrée du cinéma français, Claude Miller se renouvelle et explore les possibilités de la vidéo numérique. Entretien. Est-ce le sujet de la Chambre des magiciennes qui vous a séduit ou l’utilisation d’une nouvelle technique de mise en scène ? Claude Miller : Je connaissais le sujet depuis longtemps et l’idée de l’adapter en long métrage me travaillait, mais j’y renonçai par un phénomène d’autocensure bien connu. Je savais que j’allais m’épuiser à essayer de trouver un financement, car il était assez d i fficile d’expliquer aux décideurs la vraie n a t u re de cette histoire. Le projet restait donc en instance dans un tiro ir, comme d’autre s dont on sait qu’on ne les réalisera peut-être jamais. C’est l’initiative de Jacques Fansten qui a débloqué l’aff ai re. 30 - ARTE MAGAZINE n°21 - 20 mai > 26 mai 2000 En vous proposant la collection fondée sur les prises de vues en numérique ? Ce n’est pas tellement le numérique qui est i m p ortant, mais le principe de tourner avec de petites caméras. L’idée était de confier à des réalisateurs l’utilisation de ce matériel qui est à la portée des amateurs. Qu’est-ce qui vous intéressait dans cette h i s t o i re, la cohabitation forcée de tro i s personnages de femmes ? P robablement. J’aime beaucoup raconter des histoires de femmes. Elles sont réunies ici dans un univers où elles ne peuvent pas s’éviter. Bien sûr j’ai pensé à Ingmar B ergman, et surtout à un des films de lui que je n’ai jamais vu mais dont j’ai beaucoup entendu parler, Au seuil de la vie, qui se situe dans une maternité. Il y avait donc dans cette h i s t o i re trois femmes très diff é rentes par l’âge, la condition sociale et la culture : une intellectuelle, une femme plus pro s a ï qu e et un être étrange et impressionnant qui effraie les autres… et même moi. Il y a beaucoup de gros plans dans le film. Est-ce une contrainte due à l’utilisation de la « petite caméra » ? La « petite caméra », loin d’être une contrainte, est une libération. J’ai l’habitude de traiter des sujets qui appellent une proximité avec les personnages. C’est faisable dans la gro s s e machinerie du 35 mm, certes, mais j’ai trou v é, avec cette caméra qui fonctionne comme un m i c ro indiscret, une possibilité d’être encore plus proche des visages et de les capter en mouvement. La caméra est extrêmement mobile. Elle n’était sur pied que pour filmer les en t retiens entre Claire et le docteur Fish. Dans tous les autres plans, elle est tenue à la main.
Claude Miller Il sort major de l’IDHEC en juin 1965. Assistant de Marcel Carné, Robert Bresson, Jacques Demy, Jean-Luc Godard et François Truffaut, il s’impose dès son premier film, la Meilleure Façon de marcher, avec Patrick Dewaere et Michel Blanc. En 1981, Garde à vue, avec Lino Ventura et Michel Serrault, confirme son talent (trois Césars en 1982). Après le large succès de Mortelle randonnée en 1983 avec Isabelle Adjani, il révèle Charlotte Gainsbourg dans l’Effrontée en 1985 (César 1986, Prix Louis-Delluc 1985) et la retrouve dans la Petite Voleuse en 1988. Suivront l’Accompagnatrice (1992), le Sourire (1994), puis la Classe de neige (Prix du jury à Cannes 1998). Plus largement, qu’est-ce que vous a enseigné l’utilisation de la petite caméra ? J’ai appris que, à partir d’une cert ai ne connaissance technique, quand on devient vieux comme moi, c’est formidable de tout c a s s er, ou plutôt d’essayer d’oublier les routines du tournage en 35 mm qui ne pose plus de problèmes techniques. J’ai senti l’impression d’être neuf, analphabète, ce qui m’a beaucoup plu. Je vais d’ailleurs utiliser dans mes prochains films en 35 mm la technique det o urnage à deux caméras que j’ai utilisée dans la Chambre des magiciennes. ■ La collection « Petites caméras » Le réalisateur et pro du c t e u r Jacques Fansten avait pro p o s é « plusieurs fantasmes de collections » à Pierre Chevalier, responsable de l’unité de programmes fictions à La Sept ARTE. Ensemble, ils décident de demander à des réalisateurs d’e n t re pre n d re des films de fiction de 90 minutes exclusivement tournés avec de petites caméras numériques. Des conditions de tourn a g e La chambre des magiciennes de Claude Miller Prix de la critique internationale (FIPRESCI) au Festival de Berlin 2000 Vendredi 26 mai à 20.45 Nationale 7 de Jean-Pierre Sinapi Prix du Public et Mention spéciale du Prix Manfred Salzgeber au Festival de Berlin 2000 Vendredi 2 juin à 20.45 Les yeux fermés d’Olivier Py Vendredi 2 juin à 23.45 Sur quel pied danser ? de Jacques Fansten Vendredi 9 juin à 20.45 Prévus en 2001 : Ma chair et mon sang (titre provisoire) de Brigitte Roüan Clément d’Emmanuelle Bercot Le long chemin du paradis de Dani Levy ARTE MAGAZINE n°21 - 20 mai > 26 mai 2000 - 31 d i ff é rentes pour un style se démarquant nettement de l’approche traditionnelle en 16 ou en 35 mm. Une s orte de pari audiovisuel qui c h erche à explorer et à exploiter de nouvelles pistes. Cinq réalisateurs et deux réalisatrices, confirmés ou non, se prêtent au jeu de ce pro j et ambitieux et novateur, à l’heure où les progrès techniques re n ou v e l l en t le visage du cinéma. La révolution digitale La vidéo digitale s’utilise avec de petites caméras numériques, très l é g è res et relativement bon m arché. Ainsi, le budget de « Petites caméras » est d’environ 4 millions de francs par film. La qualité des images obtenues s’a v è re surprenante et confirme l’avenir brillant promis à cette technique. Des expériences avaient déjà été menées dans ce domaine par Lars von Trier et ses émules de « Dogma » en 1995. Pour la pre m i è re fois cependant, des films sont entièrement conçus et produits à l’aide de la vidéo digitale. L’incidence de la révolution numérique n’est pas seulement technique mais également stylistique. Le rapport qu’e n t retient le réalisateur avec les acteurs s’en trouve totalement renouvelé. La distance entre l’auteur et son sujet est abolie, fiction et réalité deviennent des notions beaucoup plus floues. Le spectateur pénètre en même temps que le réalisateur au cœur de l’univers qu’il a choisi de filmer. La vidéo numérique ouvre une f en ê t re sur le monde et bouleverse les notions traditionnelles de style et de genre : elle permet d’e n t remêler à loisir re p ort a g e, d o c u me n t ai re et fiction.



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